Elles vendaient des tomates, du ndagala ou des fruits pour faire vivre leurs familles. Aujourd’hui, les inondations et la délocalisation ont vidé leurs étals. À Gatumba, le petit commerce pratiqué par les femmes, pilier de la survie quotidienne, s’est effondré sous le poids du changement climatique.
Les femmes qui vivaient du petit commerce à Gatumba ont vu leurs rêves se transformer en cauchemar. Inondations à répétition, commerces détruits, déplacements forcés, etc. Elles ont tout perdu. Depuis 2016, les inondations n’ont cessé de s’amplifier dans la zone de Gatumba. Pour ceux qui ne connaissent pas cet endroit, il s’agit d’une zone frontalière entre le Burundi et la RDC. Gatumba est un espace de forte affluence, animé par l’intensité des activités commerciales.
Même en période des pluies, les femmes y construisaient des stands en bois pour vendre du ndagala, des tomates, des fruits, et certaines s’adonnaient même au commerce du carburant. Mais cette réalité appartient désormais au passé. Aujourd’hui, l’ambiance n’est plus la même. En 2024, le gouvernement avait décidé de délocaliser les victimes des inondations de Gatumba vers Matyazo.
« Tout s’est arrêté du jour au lendemain »
« Je vendais des tomates en RDC. Depuis notre délocalisation, tout s’est arrêté du jour au lendemain. Mon business est complètement à l’arrêt », raconte Aisha, autrefois résidente de Gatumba. Selon cette jeune femme, cette activité lui rapportait entre 10 000 et 15 000 FBu par jour. Grâce à ce revenu, elle parvenait à nourrir, vêtir, éduquer et couvrir les soins de santé pour sa famille.
Même son de cloche du côté de Claudine : «, j’ai vidé l’épargne que j’avais constituée depuis l’année dernière avant d’atterrir à Mubimbi. Ici, j’ai peu de clients au petit marché du camp », se lamente-t-elle.
Ces deux témoignages sont loin d’être isolés. Ces femmes courageuses s’inquiètent pour l’avenir de leurs familles. Beaucoup sont veuves, d’autres ont été abandonnées par leurs maris. Si elles se sont livrées au petit commerce, c’était avant tout pour trouver de quoi apaiser les petits estomacs laissés à la maison. Ne serait-il pas judicieux de réfléchir à un plan d’accompagnement pour ces femmes dont les activités ont été durement éprouvées par le changement climatique ?
Clé de survie
C’est une réalité cousue de fil blanc : le petit commerce pratiqué par ces femmes constituait une source vitale de revenus pour leurs ménages. Pour elles, il ne s’agissait de rien d’autre qu’un moyen de survie. Afin de relancer leurs activités, elles ont besoin d’un soutien concret, notamment à travers la mise en place d’un fonds de relance.
Au-delà de la perte des revenus, c’est toute une chaîne sociale qui se retrouve fragilisée. Redonner à ces femmes les moyens de relancer leurs activités, ce n’est pas seulement réparer une injustice économique, c’est investir dans la stabilité des ménages, la scolarisation des enfants et la cohésion sociale.
