La grand-messe économique tenue à Washington se clôture. Les pays africains et les Etats-Unis d’Amériques réitèrent leur ferme volonté de renforcer leur coopération commerciale. Cependant, l’accessibilité au marché américain s’annonce complexe. L’AGOA constitue une mine d’opportunités pour le Burundi, mais le pays doit appuyer la capacité des entreprises locales à vendre avec succès sur ce grand marché de plus de 300 millions de consommateurs.
Le Forum Économique entre les Etats-Unis d’Amérique et les pays africains s’est penché plus particulièrement sur le commerce international, la transition énergétique et l’agroalimentaire. Au-delà du volet commercial, ce genre d’événements constitue une occasion en or pour le Burundi de vendre son image et tenter de séduire les investisseurs de l’autre côté du globe. Il s’agit d’une fenêtre d’opportunités pour exploiter les potentialités du pays. D’ailleurs, les autorités en ont profité pour échanger avec les patrons des institutions de Bretton Woods, les businessmen, avec des millions de dollar à la clé.
Les opérateurs économiques bénéficieront d’un prêt de 450 millions USD de la part du fonds américain d’investissement du secteur privé. De quoi relancer l’industrie locale, surtout la transformation des produits agricoles et de l’élevage, se félicite le président Evariste Ndayishimiye à son arrivée à l’aéroport Melchior Ndadaye.
Et si on ciblait la sous-région ?
Le bulletin du commerce extérieur renseigne que la République Démocratique du Congo (RDC) vient en tête des principaux pays d’exportation. Au cours du troisième trimestre de 2022, le pays cumule 23 % des exportations totales. Le Burundi exporte vers la RDC la farine, la bière, les produits manufacturés, le poisson et les huiles végétales. Les Etats-Unis ne figurent même pas dans le top ten des pays partenaires du Burundi.
D’après l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le pays doit investir davantage dans la diversification des produits d’exportation, la libéralisation du commerce des services et le développement des infrastructures en vue de faciliter les échanges, apprend-on du rapport de l’OMC sur la mise en œuvre des politiques commerciales au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est.
Un potentiel exportable, mais…
Bien que leur volume soit inférieur à celui des pays voisins, le Kenya et l’Éthiopie, les fleurs coupées constituent un potentiel exportable. Pour trouver un marché aux États-Unis, ce secteur devrait créer plus de visibilité pour ses produits. Les vols aériens directs pourraient ne pas être disponibles à court terme. Ce secteur peut avoir besoin d’approcher des groupeurs régionaux pour être en mesure d’exporter vers les États-Unis.
A en croire, le document de stratégie d’exportation vers les Etats Unis, le Burundi peut se lancer dans l’exportation des poissons exotiques. Cette activité requiert une expertise technique dans l’élevage des poissons exotiques et des moyens pour exporter des poissons exotiques vivants par voie aérienne.
Le pays peut développer des marchés de niche pour les fruits, le miel, le thé et le café et quelques produits artistiques. D’ailleurs certains jeunes exportent de façon informelle les objets d’art en misant sur la diaspora burundaise. Sinon dans le secteur agroalimentaire, il est quasi impossible de satisfaire la demande de 331 millions de consommateurs ou d’entrer en concurrence avec les grandes chaînes de distribution de renom international comme Macdonald’s corporation.
Deux produits phares exclus
Le café et le thé constituent deux principaux produits d’exportation, mais ils ne sont pas éligibles à l’AGOA. Les deux produits stratégiques constituent une catégorie spécifique. Pour le cas du café, les ventes se font de manière directe, les acheteurs commandent les échantillons de café pour vérification avant d’acheter des lots complets.
Il s’agit d’un deal impliquant les acheteurs potentiels et les exportateurs locaux pourvu qu’ils soient en conformité avec la réglementation en matière d’exportation.
Un strict respect des normes
Du moment que le Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) est toujours en quête d’une accréditation à l’étranger et d’une certification pour ses laboratoires, les opérateurs économiques ne peuvent pas s’aventurer. Le marché américain est trop exigeant en matière de respect des normes sanitaires pour les produits alimentaires. Les importations des produits alimentaires sont soumises à un examen minutieux par la Food and Drug Administration (FDA) qui en détermine leur admissibilité. Les exportateurs obtiennent de la FDA des instructions précises sur l’étiquetage des produits (ingrédients, valeur nutritive, le contenu, etc.).
Pour exporter vers les États-Unis, les fabricants et/ou distributeurs burundais de produits alimentaires doivent s’enregistrer auprès de la FDA avant que leurs marchandises puissent être admises. Toutes les importations commerciales de produits alimentaires nécessitent le dépôt d’un avis préalable auprès de la FDA, lit-on dans le document de stratégie nationale sur la mise en œuvre de l’AGOA.
Investir dans les infrastructures de transport
Pour profiter des opportunités commerciales offertes par l’AGOA, le pays doit nouer des partenariats avec les institutions régionales en l’occurrence le Centre commercial de l’Afrique de l’Est (EATH). Ce dernier accompagne les entreprises lors des salons professionnels et les foras. Cette plateforme soutient l’exportation des vêtements, la floriculture, les aliments spécialisés, les chaussures, la décoration intérieure et les accessoires de mode.
Il n’y a pas de vols directs vers les États-Unis moins des avions-cargos ou des bateaux de transport pour faciliter le flux de marchandises. Les bus de Burundi Airlines mettraient des années et des années pour rejoindre l’autre côté de l’Atlantique. Bref, ils n’atteindront jamais le territoire de Christophe Colomb. Il faudra en moyenne 30 heures de vol pour parcourir les 12 000 km qui nous séparent de Washington. Il ne faut pas se faire d’illusions, le Burundi peut exporter vers les Etats-Unis, mais nous ne pouvons jamais équilibrer la balance commerciale entre nos deux pays.
A propos de l’AGOA
L’AGOA est une loi américaine votée et promulguée en mai 2000 par le Congrès américain. Elle permet aux pays de l’Afrique subsaharienne d’exporter sur le marché américain sans droit de douanes. Le Burundi est éligible à l’AGOA depuis Janvier 2006. Cela lui permet d’avoir toutes les chances d’exporter ses produits sur le marché américain.
Le Burundi a été exclu de l’accord commercial préférentiel avec les Etats-Unis en 2016. Barack Obama, président d’alors reprochait aux autorités de violer les fondements de l’Etat de droit et le non-respect du pluralisme politique. Les exportateurs africains n’arrivent toujours pas à s’imposer, car les exportations sont majoritairement dominées par les produits primaires à faible valeur ajoutée. D’autres limites sont imputables à la méconnaissance des procédures d’exportation modernes, la mauvaise qualité des emballages, le conditionnement des produits, etc. A l’instar d’autres pays africains, le Burundi devrait actualiser sa stratégie nationale des exportations incluant la stratégie AGOA.

Murakoze cane kuri ayo makuru y ubutunzi, nukuri mugume mudutohoreza nizi opportunité mubindi bihugu vyibuntu usanga bizimvye iwabo ariko iwacu bizimbutse, na conditions zokugira twemegwe kumasoko yabo.