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Basketball burundais : « guhaba » ou l’amateurisme pour seul horizon ?

La FEBABU a annoncé, ce 9 octobre, que le club Dynamo ne participera pas au Road To BAL, la prestigieuse compétition africaine de basketball. Mécontentement, désespoir, ras-le-bol : autant de réactions qui traduisent à quel point le basketball burundais sombre peu à peu. Ce blogueur ne voit qu’une seule issue : cesser de se casser les méninges et revenir à l’esprit des années 2000, au terrain Toyota, avec des tournois 100 % locaux.

« Guhaba ». C’est désormais le mot qui définit le basketball burundais, après la disqualification de Dynamo du Road To BAL. Depuis des années, journalistes, passionnés du ballon orange et joueurs réclament un terrain digne de ce nom. Ils demandent à la FEBABU et au ministère des Sports de tout faire pour hisser la discipline aux standards internationaux. Et sur le terrain, la mayonnaise commençait à prendre : Urunani, Dynamo, Les Hippos, Tigers ou encore Remesha faisaient rêver avec des stars venues des quatre coins du monde. Les rares matchs internationaux disputés avaient prouvé que ces équipes inspiraient la crainte sur le continent. Sans oublier les joueurs locaux, dont le niveau atteint aujourd’hui des sommets. Et demain ? Doit-on encore rêver ?

Pour l’amour du jeu…

Merci à Gygy Ghylain pour son slogan : « For the Love of the Game ». Pour l’amour du ballon orange, les tournois continueront sans doute. De Bujumbura à Rutana, les jeunes continueront à s’entraîner. Les week-ends, les terrains seront pris d’assaut par les spectateurs venus applaudir ces talents pour qui le basketball coule dans les veines. Mais cela risque de s’arrêter là : juste « guhaba », c’est-à-dire jouer pour s’amuser, sans aucune véritable vision d’avenir. Nous voilà renvoyés à l’ère des années 2000, au terrain de Gikungu (Toyota), où les enjeux étaient modestes mais la bataille acharnée.

À l’époque où les affiches Urunani vs Kern ou New Stars faisaient vibrer tout Bujumbura. L’époque des Willy Nijimbere, Blaise Mbonerane (Foé), Aimé Christian Mvuyekure (Kivunde) et tant d’autres, qui faisaient la fierté de la ville de Buja. Mais pour quelles fins ?

Parfois, à quelque chose malheur est bon

Admettons-le : un retour en arrière s’impose, et les conséquences sont inévitables. Mais si l’on essaie de voir le bon côté des choses, cette situation pourrait bien être bénéfique au basketball local. Beaucoup se plaignaient que les talents burundais étaient éclipsés par les stars étrangères qui peuplaient les clubs de Bujumbura, reléguant les locaux sur le banc, sans possibilité de prouver leur valeur. Les divisions de jeunes ont disparu, les championnats de l’intérieur du pays sont moribonds, et les tournois interscolaires, autrefois viviers de talents, ne sont plus qu’un souvenir. C’est le moment ou jamais de relancer toute la machine, de repartir presque de zéro et de repenser en profondeur le basketball burundais, cette fois centré sur les jeunes talents nationaux. Un grand bravo aux équipes et aux coachs qui ont déjà compris cette philosophie en créant des académies pour adolescents. L’avenir du basketball burundais est entre vos mains, gardez le cap !

 

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