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Aéroport International Melchior Ndadaye : des toilettes et un abri ne serait pas trop demander !

Se soulager et s’abriter du soleil, voilà deux choses qui ne sont pas faciles à accomplir à l’aéroport International Melchior Ndadaye.  Un vrai calvaire en cas de pluies pour ceux qui attendent ou accompagnent les leurs. On peut se retrouver en situation délicate à cause de cette petite négligence. Pourtant, il ne serait pas difficile de résoudre ce ‘’petit’’ problème. Témoignages. 

« Difficile à dire. Les abris nous manquent cruellement. En tout cas, ils devraient être installés parce qu’il arrive des cas où l’attente devient très longue. Dans ce cas, nous avons besoin de nous abriter du soleil. Aujourd’hui, on est contraint de s’amasser en dessous des arbres. Parce qu’avec les températures de Bujumbura, très difficile de tenir à l’intérieur de la voiture », témoigne Issa, un homme rencontré à l’aéroport international Melchior Ndadaye. 

Il est venu accueillir son cousin qui rentre de Chine. Après plus d’une heure d’attente, ce septuagénaire s’est senti fatigué, épuisé : « Oui, c’est fatiguant attendre tout ce temps sans qu’on ait où s’asseoir ».  

Chantale, quant à elle, est venue accueillir son époux qui rentre d’une mission de travail en Europe. Elle est avec ses trois garçons.  Fatiguée, elle a étalé son pagne sur un bloc de ciment pour s’asseoir. « Je viens de passer presqu’une heure ici. Sous ce soleil accablant, je ne peux pas rester dans le véhicule parce qu’il fait chaud. Et voilà, c’est ici que je me repose, sous cet arbre. Ici au moins, je me sens plus ou moins bien », confie-t-elle, tout en surveillant ses garçons qui jouent à cache-cache à travers des rangées des véhicules.  

Soudain, un de ses garçons interrompt nos échanges : « Maman, pipi, pipi !! Je veux faire pipi !», insiste-t-il.  La maman regarde tout autour d’elle, aucune latrine. Et le garçon ne peut plus se retenir. Chantale n’a plus d’autres choix que de placer son petit derrière une voiture et le laisser se soulager. 

Ceci n’est pas du tout bon pour un endroit comme aéroport.  « Un tel endroit devrait être bien organisé. Il faut que les gens aient un endroit où se soulager en cas de besoin, des abris bien aménagés et couverts afin de se protéger du soleil et de la pluie », insiste-t-elle.  

Elle rappelle d’ailleurs qu’avant la pandémie de Covid19, ce problème ne se posait pas : « Les gens pouvaient entrer à l’aise dans le hall d’attente. Là, on pouvait s’asseoir, accéder aux toilettes ou urinoirs,  acheter à boire, des bonbons pour les enfants, etc. Mais voilà, ici c’est vide. Il n’y a que ces arbres pour s’abriter ». 

Cette mère évoque un autre problème : les lieux d’aisance accessibles. « Normalement, on devrait installer aussi des toilettes publiques. Pour avoir accès à ces toilettes de l’intérieur, on doit négocier. Et te laisser passer dépend du tempérament du policier à la porte d’entrée. Il y en a qui sont très radicaux », déplore-t-elle, rappelant qu’il est surtout très difficile aux enfants et aux personnes âgées de résister quand ce besoin se fait sentir. 

L’aéroport international, une vitrine du pays

Interrogé, un autre habitué des voyages internationaux reconnaît qu’on ne peut pas laisser des va-et-vient à l’intérieur de l’aéroport.  « Mais, il faut penser à ces gens qui ne sont pas autorisés à y entrer. Les abris, les toilettes à l’extérieur sont nécessaires comme c’est le cas pour d’autres aéroports. Les gens ont des endroits pour s’abriter par exemple en cas de pluies ou pour se soulager », indique-t-il, appelant les responsables aéroportuaires d’y songer.

S’exprimant sous anonymat pour des raisons personnelles, ce monsieur souligne qu’un aéroport international est la vitrine du pays. « Un tel endroit montre l’image du pays. Quand un visiteur arrive, il peut se faire l’idée sur le pays et son image juste en voyant ce qui se passe à l’aéroport, comment les choses sont organisées », analyse-t-il. 

Selon lui, tout devrait être organisé. Par ailleurs, il estime que l’installation des abris, des toilettes publiques ne sont pas très couteuses : « Ce sont ces petites choses qui discréditent. Chaque personne qui se rend pour la première fois à l’aéroport pour attendre son proche se représente cet endroit comme un lieu extraordinaire. Et quand il ne trouve pas un endroit pour se soulager, c’est la désillusion ». 

Au cas où les responsables aéroportuaires ne sont pas disposés à le faire, cet homme trouve qu’on peut laisser ce travail à une société privée. « Je ne pense pas que les gens refuseront de payer 100 Fbu pour se soulager.  Le plus important est que ces lieux d’aisance soient installés », plaide-t-il, notant que l’espace ne manque pas. 

 

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