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Certains adages Rundi, inciteraient-ils à la violence envers les femmes ?

Si nous nous fions à la tradition orale via certains adages ou proverbes, les hommes ont toujours exercé une domination envers les femmes. Dans ce papier, nous nous entretenons avec un expert socio-anthropologue qui nous partage des pistes de solution pour tirer leçon du passé.

À travers certains adages burundais, nous pourrions penser que les ancêtres incitaient les générations futures à la stigmatisation et à la maltraitance de la femme.

« Non, ce n’est pas le cas ! » insiste Blaise Izerimana, socio-anthropologue. Selon lui, ces adages étaient une façon de peindre les réalités sociales dans une société régie par les hommes.

Toutefois, ces adages qui ont pour seul but de stigmatiser la femme, perdurent dans la mémoire collective. À titre d’exemple, le socio-anthropologue nous cite quelques proverbes illustratifs : « Nta nkokokazi ibika hari isake » (Une poule ne peut pas chanter en présence d’un coq), ce qui veut dire qu’en présence des hommes, une femme n’a pas droit à la parole.

Ou encore « Nta jambo ry’umugore ». Un proverbe qui sous-estime la femme dans sa prise de parole. Tout cela pour tirer constat de la discrimination envers les femmes qui préexistait à l’époque et hélas de nos jours.

À côté de ces proverbes, l’expert ajoute qu’il y en a d’autres à caractère violent : « Ikiganda c’umugore kiganduzwa ubuhiri » (Une femme qui essaie de se révolter doit être battue) Malheureusement, à l’heure actuelle, des hommes sont prêts à intégrer ces adages pour violenter légitimement leur conjointe. Pire, d’autres n’hésitent pas à commettre l’irréparable pour donner une leçon à celles qu’ils estiment être une race inférieure.

Les retombées dans notre société

Le socio-anthropologue dresse les conséquences de cette inégalité sociale. Entre autres, les générations futures porteront les erreurs de leurs aïeux si ce cycle de violence n’est pas rompu. « Les enfants normaliseront le fait d’associer le rôle de la femme aux tâches ménagères s’ils ont vécu dans un environnement pareil. Si le respect du père envers la mère n’est pas instauré dès leur bas âge, le petit garçon sera plus enclin à maltraiter les femmes et la petite fille à se dévaloriser et être dans l’ombre de son époux. », renchérit-il.

Il ajoute qu’une société dans laquelle une partie de la population est stigmatisée, cette dernière ne va donc pas contribuer dans le développement du pays. Aujourd’hui, la place de la femme continue d’être réprouvée dans sa vie de tous les jours. Avoir écho des viols et des féminicides ici et là, nous en dit long sur le statut de la femme dans notre société.

L’expert tient à souligner que ces adages sont comme un clin d’œil de la part de nos ancêtres pour mettre les projecteurs sur cette partie de la population qui est réprimée et non une incitation à la violence.

Il recommande aux parents d’enseigner à leurs enfants depuis la petite enfance les valeurs de l’Ubuntu qui vont les positionner dans un respect mutuel. Aussi, les principales concernées doivent prendre les devants pour élire et se faire élire afin qu’elles soient présentes dans les instances de prise de décision. De ce fait, elles vont influencer positivement la gent féminine et participer dans la recherche des solutions à tous ces défis. Il doit y avoir également une sensibilisation de la communauté sur les résolutions pacifiques des conflits afin d’éradiquer la violence.

 

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