Issus des activités de soins de santé, les déchets biomédicaux sont loin d’être de simples ordures. Mal gérés, ils constituent une véritable « bombes sanitaires », source de pollution et de maladies. Mais que sont les déchets biomédicaux et quid de leur traitement ? Un blogueur se penche sur la question.
Un établissement de santé est avant tout un lieu où l’on soigne, soulage et prévient les maladies. Pourtant, derrière cette mission noble, une autre réalité s’impose : la production quotidienne de déchets, parfois très dangereux.
Nous avons visité un lieu de traitement de ces déchets d’un des grands hôpitaux de la capitale économique du pays. Telle une ruche en activité, son personnel se répartit dans d’innombrables tâches, parmi lesquelles la gestion des déchets issus des soins. Cette mission essentielle est dans les mains de travailleurs discrets, quasi invisibles sur le « chaîne » des soins.
Leur mission, exigeant rigueur et respect strict des normes de sécurité, conditionne la protection de tous. Car mal gérés, ces déchets deviennent une menace sanitaire aux conséquences graves.
Que sont des déchets biomédicaux ?
Derrière chaque acte de soin, chaque injection, chaque opération, il reste des déchets : seringues usagées, pansements souillés, flacons vides, produits chimiques, déchets anatomiques, etc.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les déchets biomédicaux regroupent les déchets générés par les établissements de soins de santé, les laboratoires, les centres de recherche médicale ou les activités de diagnostic, de traitement, de suivi et de vaccination, qu’ils concernent l’humain ou l’animal.
Ils comprennent des déchets ordinaires (similaires aux ordures ménagères), mais aussi des déchets dangereux : : infectieux, chimiques, radioactifs, piquants ou tranchants.
Leur gestion repose sur plusieurs étapes clés : tri au lieu de production, conditionnement et manipulation, collecte et stockage, transport, puis traitement et élimination finale. Chaque étape exige des précautions strictes pour limiter les risques.
L’épée de Damoclès
Jetés n’importe où dans la nature, les déchets biomédicaux deviennent une menace pour la santé et l’environnement.
Ces déchets peuvent causer des blessures et favoriser la propagation de maladies comme les hépatites B et C, le tétanos ou autres infections. Les déchets chimiques et radioactifs, eux, entraînent des problèmes de santé à moyen et long terme.
Tous ces risques concernent aussi bien le personnel médical et de nettoyage que les patients, les accompagnateurs et la population.
Ces déchets menacent la faune, la flore et attirent des recycleurs informels, souvent des enfants, qui récupèrent bouteilles, flacons, seringues et aiguilles au péril de leur santé.
Des lacunes dans la gestion des déchets biomédicaux
Au Burundi, la gestion des déchets biomédicaux reste un défi majeur. Au-delà de la faiblesse du suivi règlementaire, plusieurs problèmes persistent : manque de sensibilisation et de formation du personnel de santé, tri souvent inadéquat des déchets, infrastructures de collecte et de traitement insuffisants.
Lors de notre visite au centre de traitement des déchets d’un des grands hôpitaux de Bujumbura, nous avons relevé quelques difficultés. Sur place, N.E, un agent en charge nous en touche un mot à propos de l’incinérateur vétuste :
« Cet incinérateur est parmi les grand incinérateur du pays, mais il est vraiment vieux. Regarde, ses parois sont usées, et sa cheminée s’est même effondrée récemment à cause du vent. Dans les rapports, nous réclamons toujours un nouvel appareil. »
Le tri des déchets reste également préoccupant. « Il arrive que l’on retrouve, parmi les déchets généraux comparables aux ordures ménagères, des seringues ou des pansements souillés. Cela prouve des manquements au niveau du tri des déchets dans différents services. »
En plus, le traitement des déchets liquides n’est pas efficient. « Un système de prétraitement permettait autrefois de neutraliser les effluents avant leur rejet dans le réseau urbain, mais il n’est plus opérationnel aujourd’hui », précise-t-il.
Pour le bien du personnel médical et de nettoyage, des patients, des accompagnateurs et de toute la population, les structures de soins devraient faire de la gestion des déchets biomédicaux une priorité.
Cet article a été réalisé grâce au programme “Féministes pour des alternatives climat et environnement (FACE)”, soutenu par l’Agence française de développement, CCFD-Terre Solidaire et ACORD Burundi.
