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La success-story de Messager Ngozi FC : tout sauf un hasard…

Tout lui réussit. Avec 3 coupes du championnat gagnées en seulement 16 ans d’existence, Messager Ngozi dame de plus en plus le pion aux cadors de la Primus League. Mais d’où vient la force de cette équipe qui renverse tout sur son passage ? D’où lui vient cette fougue qui lui a permis de s’incruster dans le pré carré de l’élite ?  

Tout commence en 2005, l’année où feu Président Pierre Nkurunziza décide de mettre sur pied des académies de football « Le Messager ». Le Messager Bujumbura voit le jour, suivi de celui de Ngozi et quelques-uns dans d’autres provinces du pays. Seize saisons sèches plus tard, le petit poussin en a fait du chemin. 

Cette année encore, le Messager Ngozi FC vient d’être sacré champion pour la deuxième fois consécutive. Il a accédé à l’élite du football burundais depuis la saison 2012-2013 et cette même saison, il finit à une honorable cinquième place. En 2016, le club remporte son premier titre, la Coupe du Président et sort également vice-champion. En 2018, il remporte son premier titre de champion, puis il réitère l’exploit en 2020 et 2021. 

On se rappelle encore de ces gamins en 2007 qu’on voyait jongler un ballon en défilant, le jour de l’indépendance au Stade Muremera de Ngozi. Depuis, ils ont acquis de l’assurance et sont devenus de jeunes joueurs bourrés de talents. Ils avaient passé le test pour entrer dans l’académie et grâce à leur talent et leur volonté implacable, ils sont maintenant au firmament du football burundais. Aujourd’hui, ceux qu’on voyait défiler au stade en jonglant avec prouesse en 2007 sont devenus, à trois reprises, les champions de la Primus League. Cette réussite serait due en grande partie à trois facteurs.

Un lien étroit entre les joueurs

L’un des facteurs primordiaux qui a contribué à la réussite du FC Barcelone durant la fin des années 2000 et le début des années 2010 est le lien étroit qui existait entre les joueurs. Formés à la Masia, le célèbre centre de formation qui a couvé, entre autres, Puyol, Piqué, Xavi, Iniesta, Messi, Busquets, Cesc Fabregas. Ces joueurs se connaissaient depuis le bas âge. Ils ont évolué ensemble dans toutes les catégories au FC Barcelone. Un lien presque fraternel s’est créé avec le temps. Il semblerait que c’est cette même recette qui a été appliquée à l’Académie Le Messager Ngozi. Les joueurs (pour la grande majorité) ont évolué ensemble depuis leur bas âge. Ils se connaissent entre eux, leurs qualités, leurs défauts, les atouts, les déplacements, les emplacements sur le terrain à tel point que cela est devenu comme une télépathie. Cela semble avoir créé des automatismes qui leur permettent de se rendre maître du terrain.  

Selon les connaisseurs du foot moderne, quand un entraîneur arrive et trouve des joueurs qui sont ensemble depuis plus de 10 ans, il lui est facile de créer une équipe prête à remporter des titres. L’entraîneur actuel du Messager Ngozi Jimmy Ndayizeye ne dit pas le contraire : « Les joueurs de Messager Ngozi se connaissent depuis de longues années. Il est plus facile de travailler avec eux car une certaine cohésion s’est déjà créée entre eux. Pour un entraîneur, c’est un grand avantage car il y a des étapes qui ont déjà été franchies. »

Les centres de formation, une pépinière pour le Messager

L’Académie Le Messager possède plusieurs centres de formation au Burundi. Il en existe à Bujumbura, à Rumonge, à Gitega, à Cibitoke et à Ngozi. Les meilleurs éléments sont souvent amenés à intégrer les équipes. Ainsi, Le Messager Ngozi reçoit les meilleurs joueurs de tous ces centres de formation. Vu que ces centres de formation se trouvent aux quatre coins du pays, ses recruteurs arrivent à dénicher les meilleures pépites sur tout le territoire national. Avec ce système, si l’Académie déniche un talent, il est aussitôt transféré à Ngozi ou à Bujumbura. C’est un grand atout que les autres équipes n’ont pas et cela, Jimmy Ndayizeye le confirme : « Notre façon d’échanger les joueurs se trouvant dans nos académies nous aident grandement car on a les meilleurs éléments de chaque académie à notre disposition. A Ngozi, si on a besoin d’un latéral gauche mais que l’on a pas le profil voulu alors qu’à Rumonge, ils ont déjà le joueur, on peut aller là-bas le chercher et l’amener chez nous ».

La discipline, ciment du groupe ? 

L’autre atout de Messager Ngozi est la discipline qui est inculquée aux joueurs. Onésime Rukundo, le  gardien de l’équipe confie : « Notre entraîneur veut que les joueurs soient le plus discipliné possible, sur terrain et en dehors. Ce facteur nous aide à nous concentrer sur ce que nous voulons, mais aussi à  beaucoup travailler ». 

D’autres facteurs comme le fait que les joueurs touchent un salaire chaque mois, que l’équipe possède un terrain de football moderne pour ses entrainements et ses matchs, qu’ils disposent d’un véhicule pour leurs déplacements… Tout cela contribue, d’une manière ou d’une autre, à la réussite de cette équipe.

Le succès actuel du Messager Ngozi prouve que la formation reste un des bons moyens, si ce n’est le meilleur, pour porter le football à une autre échelle. 

Aujourd’hui, si nous pouvons voir ces petits garçons qui défilaient, il y a peu, le ballon au pied au stade Muremura, porter la tunique de l’équipe nationale, c’est parce qu’ils ont reçu un bon encadrement. Celui qui les a côtoyés quand l’idée de jouer pour l’équipe nationale ne leur effleurait même pas l’esprit ne peut que s’émerveiller devant les exploits accomplis. On ne peut que remercier  feu Pierre Nkurunziza qui a eu la brillante idée de créer ces académies qui font désormais la fierté du pays. 

 

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