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Guichets automatiques de billets : des machines ou des épouvantails ?

Les différentes institutions bancaires rivalisent dans l’innovation pour faciliter à leurs clients l’accès à leurs avoirs partout où ils se trouvent et à n’importe quelle heure. La dernière trouvaille est sans conteste le guichet automatique de billets (GAB). Sauf que certains des dispositifs qu’elles mettent en place ne fonctionnent pas si bien que ça. Un blogueur nous raconte ce qui lui est arrivé. Récit. 

C’est connuvendredi rime avec le début du weekend. Pour ces fêtards invétérés que sont les Bujumburois, c’est une suite de soirées arrosées entre potes qui s’annonce. Je ne suis pas prophète, mais je sais que dans plusieurs groupes WhatsApp, le vendredi c’est du Furayiday qui a le vent en poupe. Le mien n’a pas fait exception ce jour-là. J’étais rentré tôt (n’étant pas d’humeur à faire la fête). Mais, les petites invitations à partager une bière et des images de belles brochettes qui les accompagnaient m’ont vite fait changé d’avis. Fouillant dans mon porte-monnaie, je réalise que je ne peux même pas avoir de quoi payer un taxi. Ma carte bancaire à la main, je décide quand même de le prendre pour payer après avoir retiré des sous au guichet automatique. Quel avantage de se promener avec un compte en banque dans sa poche!

Sauf que….

Arrivé au siège de la banque KCB, je glisse ma carte dans la fente de la machine. A mon grand étonnement, la fameuse double machine à billets affiche un problème de maintenance. Je passe deux minutes à la fixer de mon regard sans savoir quoi faire. Que vais-je dire au taximan ? Soudain, l’idée d’aller voir à l’agence du quartier asiatique s’impose à moi. Je suis obligé de garder le taxi pour une course supplémentaire. Entre-temps la facture gonfle mais je n’ai pas d’autres choix. Arrivé sur les lieux, avant même de sortir de la voiture, un jeune homme sort de la petite porte du guichet, déçu. Il échange quelques mots avec les gardiens du coin qui lui répondent que depuis 18 heures la machine est hors service. Je tourne mon regard vers le taximan dont le regard devient de plus en plus soupçonneux.  D’un air faussement assuré, je lui dis de prendre la direction de Kigobe où il y a un guichet automatique fiable car il reste parfois fonctionnel quand tous les autres sont morts. Vingt minutes plus tard, on y arrive. Même scénario. Agacé, le taximan, qui avait essayé de garder son calme, réclame illico presto son dû. Presque une heure de course. « Tu me dois 12.000 BIF car je t’ai attendu plusieurs minutes dans tes courses ! », tonne-t-il. 

L’affaire tourne au cauchemar. Moi qui viens de parcourir tous les guichets disponibles sans un sou en poche, que vais-je vraiment lui expliquer pour me tirer d’affaire? Comment lui annoncer que je n’ai pas d’argent? Je suis dans l’embarras le plus total. « Tu vois que je n’ai pas pu retirer l’argent, patiente juste le temps de demander à un ami s’il peut me dépanner via Ecocash ». Le chauffeur, contre mauvaise fortune accepte le deal un brin fâché quand même. Intérieurement, je pensais qu’il commençait à me prendre pour un escroc. 

Après avoir appelé quatre ou cinq amis pour  le « dépannage », un parmi eux me file 15.000 BIF avec promesse de le rembourser le lendemain. Humblement, je demande au taximan de me déposer à la maison et je le paie 14.000 BIF au total. Quelle soirée merdique! Ce soir-là, je n’ai même pas osé raconter ma mésaventure à mes amis. J’étais tellement révolté par ce qui venait de  m’arriver. Après avoir digérer cette triste histoire, je me suis consolé en me convainquant que peut-être le matin il me sera finalement possible de retirer mon argent.

Bis repetitas

Le Samedi suivant, je devais voyager pour participer à un événement familial à l’intérieur du pays. Pour ne pas manquer le bus de 10h, je passe encore une fois au GAB pour voir si au moins la banque avait réglé cette histoire de maintenance. Les écrans affichent normalement. Nous sommes une dizaine de personnes à attendre devant la petite porte du GAB au siège de KCB. Devant moi, une ancienne ministre (dont je m’abstiens de mentionner le nom ici) glisse sa carte dans la fente de machine. Hormis le fait que l’argent ne sort pas, sa carte est coincée à l’intérieur de la machine. Stupéfié, je sors la mienne et essaie dans une autre machine à côté. Même mésaventure : ma carte est « avalée ». Tout le monde est abasourdi. Un des agents de la banque nous dira que depuis le matin les cartes sont systématiquement avalées par les machines. Il est encore 9 heures. Sachant que les banques ouvrent normalement à 11h les samedis, je commence à penser que je vais finir par rater le voyage. Un vrai cauchemar !

Je suis obligé d’attendre l’ouverture de la banque, c’est-à-dire 11 heures pour être servi. C’est finalement vers 12h30 que j’ai pu retirer mon argent, avec trois heures de retard et une carte qui repose désormais en paix dans le ventre gourmand de la fameuse machine. Après une semaine une centaine de clients (moi y compris) ont pu récupérer leurs cartes. Ironie du sort, aucune justification pour ce « scandaleux » désagrément ne m’a été fournie par ma banque. 

Banquiers, mis à part le fait qu’on vous confie nos avoirs à garder soigneusement, il faut nous assurer d’un accès facile et permanent à nos fonds. Nous en avons le droit et la technologie le permet. Sinon, à quoi cela sert de trimbaler sa carte bancaire quand elle ne nous sert à rien ? Une autre question : qui va me rembourser mes 15 mille BIF que j’ai perdus dans cette histoire ? 

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Il faut quand même que les banques utilisent la technologie avancée pour assurer leur fiabilité afin de satisfaire leur clients.