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Le régime Micombero ou quand le Burundi s’engage sur une voie sans issue

Si  dans  un  premier temps, le gouvernement Micombero se caractérise par une certaine ouverture en 1967, il fait vite de s’écarter de ce chemin par après, signant le début d’un long calvaire qui allait marquer le Burundi. Explications. 

On en a touché un mot dans notre dernier article. Si Micombero, en abolissant la monarchie, affichait les meilleures intentions du monde, son exercice du pouvoir  prouvera le contraire. En effet, son régime se caractérisera par des contradictions profondes qui ne seront pas sans mettre en exergue l’écart entre le discours et les faits. D’ailleurs, si de 1966 à 1968, le régime semble afficher une certaine stabilité, l’unité qu’il prône n’en sera pas en réalité une. Même si en 1967, le gouvernement est remanié et intègre alors des Hutu, le problème était loin d’être résolu. 

Pour preuve, le ministre de l’Information, Martin Ndayahoze, ne manquera pas de s’inquiéter des manipulations ethniques. Des manipulations un peu comme pour servir d’arguments préventifs pour la répression.

Preuve aussi de ce climat délétère, ils ont été nombreux à dénoncer un Uprona de Micombero devenu la machine du pouvoir. Un  pouvoir avec un manque de transparence politique, aucune élection au niveau local. 

Nombreux sont aussi ceux qui déploreront le fait que l’opposition ne pouvait pas s’exprimer. Encore que la population était encadrée pour mieux assurer son embrigadement. Qui plus est, au niveau social, le pays stagne, et le pouvoir reste dans les  mains d’une élite. Parallèlement, au plan économique le pays s’étouffe. Avec son élite « peu formée et qui se nourrit grâce aux postes occupés dans l’administration et parce que ses membres sont de la bonne ethnie, voire de la bonne région », c’est un Burundi qui  ne dispose pas d’industries. Ceci couplé avec les très mauvaises récoltes du café en 1969 alors que ce dernier était déjà la principale culture d’exportation. 

1969, cette autre date symbolique 

Au regard de ce qui passe en 1969, il faut dire que les craintes de Martin Ndayahoze étaient fondées. Lui qui avait exprimé ses inquiétudes par rapport à la question ethnique, non sans avertir Micombero. Sans succès toutefois. 

De cette année, 1969, l’on dénonce la situation de terreur dans laquelle vit le pays. Le rééquilibrage ethnique enclenché en 1967 semble loin derrière et les postes dans l’administration sont de plus en plus ouvertement réservés à une seule ethnie, celle du président. La parité ethnique au sein du gouvernement est un trompe-l’œil. Comme illustration de cette situation, une seule des 9 provinces est gouvernée par un Hutu. La tendance se confirme à tous les niveaux de l’État et des institutions, des administrateurs communaux aux militaires.

Cette situation conduira à une « tentative de coup d’Etat » ou à une accusation de ce genre par le camp Micombero au cours de la même année. Une « tentative de coup d’État » à l’issue de laquelle plusieurs condamnations et exécutions auront lieu. Ces exécutions ouvriront la voie à d’autres tueries de masse qui frapperont la jeune république qu’était le Burundi à  l’époque. On y reviendra,

 

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