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Débat : Ririkumutima entra dans la danse…

Si les débuts du règne de Mwezi Gisabo ont été des plus difficiles, sa succession non  plus n’a pas été une douce sinécure. Un débat entre jeunes est revenu sur les principaux faits ayant marqué cette période, en l’occurrence, le rôle de l’influente reine Ririkumutima.

1908. Année fatidique pour Mwezi Gisabo. C’est en effet l’année de sa mort. Une mort qu’il trouvera près de Buhonga, de retour de Bujumbura après une visite au près des Allemands et qui ouvrira la voie à la succession. 

Sa succession, parlons-en justement. « Elle » aura fait feu de tout bois pour imposer un de ses fils à la tête du royaume, en vain. Elle, c’est l’influente Ririkumutima, l’une des femmes  de Mwezi Gisabo. En vain car ce dernier restera attaché aux règles de succession qui avaient désigné Mutaga Mbikije comme successeur. C’est du moins ce que raconte Félicité Niyomwungere, lauréate de l’université Espoir d’Afrique. 

Ainsi donc, à la mort de son père, le jeune roi Mbikije sera intronisé mais n’aura qu’une courte période de règne. La mort qu’il trouvera dans des conditions obscures et les agissements de Ririkumutima ne lui faciliteront pas la tâche.

Ririkumutima, la femme aux multiples intrigues?

Il convient d’abord de noter que Ririkumutima avait ses fils parmi les plus influents de l’époque ou même dans toute l’histoire de la monarchie burundaise : Karabona, Nduwumwe, Bangura,etc.

Ambitieuse, comme le qualifiera Alida Gratia, lauréate elle aussi de l’Université Espoir d’Afrique, elle aspirait à être reine mère. Malheureusement pour elle, les choses se passeront autrement, Mwezi n’ayant pas trahi les règles de succession. 

Ne s’avouant pas vaincue, elle parviendra en revanche à intégrer le cercle fermé des régents. C’est donc elle qui assurera la régence de Mbikije après l’avoir arraché à sa mère, accusée de conduites « inappropriées ». Allez savoir  qu’elles étaient ces conduites. Mais en réalité, pense Ernest Murwaneza, jeune historien, c’était pour faire croire à l’opinion qu’elle était sa mère biologique et qu’elle était à ce titre la reine-mère. 

Il ne manquait  plus que du sang 

C’est donc un Mutaga Mbikije qui sera sous tutelle de Ririkumutima jusqu’à sa majorité. C’est  aussi un Mbikije qui verra son règne écourté par la mort. Pour Apollinaire Ndayisenga, jeune historien et comme on l’a vu aussi, cette mort  serait le résultat des intrigues de Ririkumutima et de ses fils. 

En fait, renseigne Emile Mworoha, historien et professeur d’université actuellement en retraite, il est dit que le jeune roi Mbikije aurait surpris son demi-frère Bangura, fils de Ririkumutima, en train de courtiser sa femme. Incapable de se retenir, il aurait blessé mortellement son frère. Cet incident  déclenchera la colère des autres fils de Ririkumutima qui n’hésiteront pas à tuer le jeune roi, ainsi que sa femme Ngezahayo, du clan des Bavubikiro. Cette acte, note Mworoha, déclenchera les massacres des Bavukiro accusés à tort justement. On pense aussi que c’est Ririkumutima qui a empoisonné le roi.  

Parlant de cette influente femme de Mwezi Gisabo, Belinda  Iradukunda, lauréate elle aussi de l’Université Espoir d’Afrique, décrira une femme machiavélique pour qui la fin justifiait les moyens, prête à tout  pour arriver à ses fins. Avec succès en quelque sorte, renchérit Emile Mworoha. Pour ce professeur d’université à la retraite, les rapports de force ont été à son avantage. De quoi lui laisser une place considérable dans la vie du royaume ou même dans le Burundi actuel où elle est le symbole d’une femme émancipée, du moins aux yeux d’une certaine opinion. On y reviendra.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. J’ai suivi avec attention vos articles reportant le débat entre les jeunes sur les principaux faits l’histoire du Burundi. Mais, je suis franchement déçu.
    D’abord, vos invités sont des jeunes qui ont fréquenté ou fréquentent les universités. Tous ont presque la même version de l’histoire du Burundi. Où est alors le débat ? Je trouve qu’il serait intéressant si le débat aurait objectif de soulever les faits historiques mal relatés, déformés ou mal compris par le peuple burundais. Ce qui pourrait susciter un débat contradictoire. Et les chercheurs ou les historiens interviendrait pour donner l’éclairage.