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Universités : à quoi servent nos travaux de fin d’études ?

Venir au bout de ses études universitaires est un parcours du combattant. Un véritable sacrifice énergique et chronophage. Ce monde que nous vivons devrait être compris et façonné à base de la science. Un travail de recherche étant budgétivore, la logique est de se demander si l’effort est payant pour  le pays. 

Le cursus académique est généralement sanctionné par un diplôme de licence/ un rapport de stage de baccalauréat. Quoi que le diplôme reste un mythe, une fiction, ce dernier est acquis après la soutenance d’un travail de recherche exigeant et épuisant. En effet, l’étudiant en complicité avec son encadreur défend un sujet de son choix dont il a, non sans peine, documenté, analysé «suffisamment»

Puisque le sujet est censé être original, un public est invité pour assister à ses « découvertes ». Au gré du jury, une note sanctionne l’exploit de l’étudiant. Les longues attentes pour les mémorands, les lamentations des professeurs aux harcèlements intempestifs de ceux-là pour les feedbacks, ou encore ces embarras dans la direction de ces travaux, ces efforts multiformes devraient en revanche être productifs.     

La réalité  

« Siguvyaye » n’est pas cette rivière dont on parle à Bururi. Non. Il est le jargon dédié à l’immeuble abritant la bibliothèque centrale de l’Université du Burundi construite au milieu des années 1980 grâce à un financement du colonel libyen, Kadhafi, sous Bagaza. Sa signification n’est autre qu’un modus operandi : être traçable à l’Université. Il est inutile de rappeler aussi que toutes nos universités (publiques et privées) ont ces stocks des travaux de mémoire. 

Une réalité touchante ! Ces travaux de recherche produits par les étudiants ne sont que très rarement consultés par l’administration publique. Classés et laissés presque à l’abandon, ils sont à la merci de la poussière ou des toiles d’araignées.

Melchior (pseudo) travaille depuis plus d’une décennie dans la bibliothèque centrale de l’UB et affirme n’avoir jamais servi un travail de mémoire à un parlementaire, ou au personnel d’un cabinet ministériel encore moins à un administrateur de commune. « Les étudiants sont les seuls demandeurs, rarement les professeurs », ajoute-t-il. 

Pélagie (pseudo) preste depuis une demi-décennie dans la bibliothèque de l’université du Lac Tanganyika. « Il y a un certain temps, deux agents de banque venaient consulter les travaux de nos étudiants », témoigne-t-elle. Pour leur compte ou celui de leur institution ? Là, elle ne saurait rien répondre. Est-il vrai que certains étudiants s’en servent pour des reproductions partielles et partiales. Un éternel recommencement ! À l’Université Lumière du Burundi, la situation est identique. Thierry (pseudo), le bibliothécaire, enfonce le clou :« Même leurs auteurs ne reviennent jamais se relire et se remettre en question sur telle partie ou telle autre de leurs travaux ! ».

Un des professeurs approché, n’y est pas allé par quatre-chemins: « Bien qu’il y ait des travaux de fin d’études universitaires bien faits, d’autres sont pompeux au contenu creux, vide malgré nos efforts dans leur direction ». Il conseille tout de même à ceux qui gouvernent de les lire. 

Clin d’œil 

Sous l’encadrement des «vétérans» dans la recherche, ces travaux de mémoire (pas tous bien sûr) regorgent de pas mal d’enquêtes, des monographies, d’analyses, des statistiques, des approches de solutions à nos défis sociétaux, des recommandations (petites soient elles) qui pourraient éviter au pays de reproduire les mêmes erreurs, de tourner en rond et d’avancer. Aussi, une dynamique de valorisation devrait être enclenchée, car apprendre sans réfléchir est vain, l’inverse est dangereux (Confucius). Et, de cette façon, ces connaissances coffrées dans ces différentes bibliothèques pourront être une contrepartie aux efforts de nos braves contribuables qui se tuent pour financer nos études. Que nos autorités publiques apprennent à s’en servir. Le pays y gagnerait énormément. À contrario, si c’est une formalité académique, que les choses demeurent ainsi. 

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Ivy urwaruk rwiyimisitugezemwo nukwinezereza gusa mugabo haragera aho ntwibazaharamazekurengana mugabo ntakintukwisi gishuka abantu kwijana nkumukobwa bavugangonimwiza esubundi kwimana twesenumva ngoturibamwe harimwo abeza? Na babi? Biboneka gut?

  2. Aujourd’hui il est tout à fait possible d’avoir les travaux de fin d’études en format numérique. Il suffirait à l’Université de créer une plateforme électronique où ces écrits peuvent être déposés. Une bibliothèque virtuelle en quelque sorte, libre d’accès à quiconque s’intéresse à une thématique donnée et la façon dont les étudiants l’abordent. Je ne pense pas que la mise sur pied de cette structure soit compliquée ou financièrement coûteuse, il faut seulement que l’autorité veuille bien donner de la valeur à ces écrits. On peut même envisager que l’accès aux travaux les plus méritants soit payant. Bref, il y a des richesses qui nous filent sous le nez.

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