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La réforme de l’enseignement primaire est plus qu’urgente

En octobre, la Banque Mondiale a rendu publique une étude sur la pauvreté d’apprentissage. Sans surprise, le Burundi ne figure pas parmi les meilleurs. Pire, comparée aux autres pays d’Afrique subsaharienne, la pauvreté en apprentissage au Burundi est la plus élevée. 

Le résultat pour le Burundi est sans appel : «  93 % des enfants  âgés de 10 ans, c’est-à-dire à la fin de leurs études primaires, ne sont pas capables de lire et comprendre un texte basique. »

Pour enfoncer le clou, cette étude révèle que 93 % des écoliers, à la fin du primaire, ne remplissent pas les standards universels d’apprentissage qu’ils sont censés avoir acquis tels qu’ils ont été arrêtés par l’Unesco.

Cette publication, il est vrai, ne m’apprend rien de nouveau par rapport à ce que je sais déjà de notre système éducatif. Il n’empêche que, mis en perspective et surtout en comparaison avec les autres pays du monde, les chiffres concernant le Burundi font peur et honte à la fois.

La pauvreté en apprentissage au Burundi est la plus élevée. Elle est de 6,2 % par rapport à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne et de 3 % par rapport à celle des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Les conséquences sont désastreuses

Personne n’ignore que la lecture est la passerelle de l’élève pour apprendre tous les autres domaines. De ce fait, ces enfants incapables de maîtriser la lecture à dix ans ont du mal à atteindre le niveau des autres. Ils ont du mal à poursuivre leurs études secondaires ou supérieures. 

Les faits sont têtus. Le taux de réussite au concours national pour la classe de 9e fondamentale, édition 2019, est scandaleux. Pour l’année 2019, seuls 14 % de l’effectif ont pu avoir la moitié de la note de 200. Cela montre la dégradation de la qualité de  l’enseignement au Burundi.

Ce niveau d’apprentissage est inacceptable pour deux raisons. D’abord, des millions d’enfants se retrouveront d’ici peu dans une situation où il sera impossible d’apporter leur pierre à l’édifice à une économie nationale. Dans dix ans, ces enfants de 10 ans auront 20 ans et seront aux portes de la vie d’adulte. Mais avec quels outils et quel bagage ?

En effet, notre pays ne peut espérer prospérer sans avoir du capital humain bien outillé. L’éducation accroît les opportunités d’emploi et les revenus. Et comme les élèves d’aujourd’hui seront les dirigeants de demain, une éducation de qualité et adaptée est essentielle pour affermir les institutions, stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et favoriser l’innovation.

Une urgente réforme s’impose

Par ailleurs, le quatrième objectif de développement durable prévoit que, « d’ici à 2030, toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité ». Sommes-nous sur le bon chemin pour garantir une éducation primaire de qualité pour tous ? Sans doute, la réponse est non. Si c’était le cas, tous les enfants apprendraient à lire et la pauvreté des apprentissages tendrait vers zéro. Si rien n’est fait pour accélérer ce rythme, l’avenir de notre pays en souffrira.

Pour que chaque enfant puisse apprendre et fixer les compétences dont il a besoin pour devenir un travailleur productif, épanoui et investi, il lui faut de bons enseignants. Car je trouve que la crise de l’apprentissage est, au fond, une crise de l’enseignement. Oui, j’y crois, un bon enseignant peut tout changer.

La réforme urgente doit s’imposer pour soutenir les enseignants. C’est principalement d’eux que dépend ce que les élèves apprennent ou non. 

Pour cela, l’Etat doit faire en sorte que tous les enseignants aient envie de donner le meilleur d’eux-mêmes et qu’ils soient dotés des outils dont ils ont besoin pour enseigner efficacement.

Il faut conférer à ce métier un statut respectable et attractif, fournir aux enseignants les savoir-faire et les connaissances nécessaires avant leur prise de fonction et les accompagner tout au long de leur carrière.

Par nature, investir dans l’éducation requiert patience et constance avant d’en constater les effets. Ainsi, il faudra une génération pour pouvoir récolter pleinement les fruits de la formation. 

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Merci pour cet article et votre travail en general. C’est vraiment effarant et je n’aurai jamais cru que l’on soit si mal classé. Pourriez vous songer chers bloggueurs organiser des ateliers de lecture pour les moins de 10 ans? Je sais que vous etes engages avec les jeunes, mais si vous avez les ressources humaines et financieres, ce serait aussi bien d’investir chez les plus jeunes.

  2. Si l’enseignement primaire est défaillant, les niveaux supérieurs le seront tout autant. Le risque prévisible est qu’à la fin nous nous trouvions avec des analphabètes diplômés. Qui vont gérer le pays à la hauteur de leur compétence. Dans ce cas, il nous restera une seule chose : prier !

  3. L effectif de 150 élèves est effrayant
    Même si l’enseignant touchait 1000 000 FBU il ne pourra suivre de pres ses eleves. Solution, multiplier les les salles de cours et les enseignants