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« La dépression, ce n’est pas qu’une maladie des ‘‘Blancs’’ ! »

En racontant mon histoire, je sais à quoi je m’expose. Les « uraduteje isoni », « indwara z’ubusutwa » et autres mais j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis décidée à raconter mon expérience, peut-être que ça pourra aider quelqu’un.

Je m’appelle Bénigne*, j’ai 18 ans. Je suis née et je vis dans une famille que les gens aiment qualifier de « famille aisée ». Aux observateurs de l’extérieur, ma famille est vraiment belle et enviable. Mes frères et moi fréquentons de bonne écoles, nous sommes bien nourris, vivons dans une belle et grande maison et quelques fois nous avons droit à des sorties prestigieuses (genre à l’extérieur du pays). Mais personne n’imagine ce que nous vivons. Qu’est-ce que nous sommes malheureux à la maison ! 

J’ai perdu ma mère, très jeune et mon papa s’est remarié à une autre femme. Elle et Papa n’ont jamais fait bon ménage. Querelles et bagarres accompagnaient nos mets au quotidien. Je me suis peu à peu familiarisée avec cette instabilité familiale. Je devais vivre avec, jusqu’à ce que ça me dépasse, il y a de ça quelque temps.

Tout commence par un burn-out 

Jeune fille classée parmi les plus brillantes du lycée, mon rendement scolaire chutait de jour en jour. Quand je prenais mon cahier pour réviser, j’éprouvais un sentiment bizarre. J’étais à bout de force. Je tenais mon cahier pendant des heures mais ne parvenais pas à bosser. Des pensées ‘‘bizarres’’ inondaient ma mémoire, j’essayais de les chasser mais en vain. Assise dans ma chambre, devant une table me servant de bureau, parfois je voyais des larmes couler toutes seules sur mes joues. Mais qu’est ce qui se passait ?

Je fermais mon cahier, je me surprenais en train de crier, j’étais en colère contre moi-même, je voulais me surpasser, étudier, être la bonne élève que j’avais toujours été mais…

Deux jours, deux semaines, deux mois et hop les encadreurs de mon école ont remarqué mon changement de comportement, la chute libre de mon rendement et voulaient savoir pourquoi. Entre temps, les choses continuaient à dégénérer. Parfois, je ne voulais même pas aller à l’école, je me sentais malade et j’ai fait un tour dans les hôpitaux…

Ma famille ne m’a jamais comprise

Tous les examens étaient négatifs, mais ma santé n’évoluait pas du tout. Tantôt, j’allais à l’école, tantôt je restais allongée toute la journée dans ma chambre. Je passais des nuits blanches, je pleurais, je criais, je voyais mon futur en noir. Les éducateurs de l’école m’ont suggéré de voir un psychologue. Ce monsieur gentil,  m’a écoutée, et m’a diagnostiqué une dépression. Avec lui, je me sentais bien. Il me donnait des conseils que je peinais à suivre car, Papa n’était pas d’accord. Pour lui, je n’avais aucune raison de voir un psy. J’étais la petite fille capricieuse qui voulait attirer les attentions. Mon directeur d’école lui avait parlé avant même d’engager le psy, mais il avait refusé de le payer. Pour lui, « la dépression est une maladie des blancs ». Mon école se chargera de payer ce monsieur, pour mon rétablissement. 

À la maison, j’étais presque seule, sauf le groom qui m’amenait de la nourriture régulièrement. Des fois, il toquait à la porte de ma chambre et je ne me levais pas pour ouvrir. Après avoir appelé plus de dix fois de suite sans réponse, il retournait faire son boulot. D’autres fois, j’ouvrais ma chambre et le laissais déposer les assiettes sur la table et je n’y touchais pas. Après son départ, je refermais à clé. 

Un long réveil 

Papa passait la plupart de son temps au boulot. Le soir, quand il rentrait, il passait dans ma chambre et me demandait comment a été ma journée sans toutefois y mettre beaucoup d’attention. Ma belle maman, elle, avait finalement divorcé et ne passait plus à la maison. Ma tante, qui est aussi ma marraine, passait me voir de temps en temps mais elle repoussait l’idée de voir un psy. Elle, très croyante, pensait que sa nièce chérie était possédée par les démons. Pour elle, l’urgence était de voir un prêtre pour la délivrance. 

Mes frères, eux s’étaient réfugiés dans la drogue et l’alcool et ne rentraient que tard la nuit. Ils passaient rarement me voir. 

Dans mon enfer, j’y suis restée quelques semaines, puis j’ai repris ma vie, tout doucement. Il a fallu que je réapprenne la vie, la joie et la confiance. Il m’a fallu le temps pour me comprendre moi-même, panser les plaies et attendre qu’elles guérissent. Ça prend du temps, je ne dirai pas que je suis totalement guérie, mais j’ai repris mon rythme à l’école. Je ne vois plus le psy. J’ai décidé d’être heureuse et forte. 

*nom d’emprunt

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Les commentaires récents (20)

    1. C’est vraiment courageux.Tout le monde peut sombrer dans une dépression.Nul n’en est vraiment à l’abri.Une personne déprimée a besoin en premier lieu du soutien,de la compréhension

  1. Ton histoire est triste.je suis sur que des cas comme ceux-ci existe dans beaucoup de familles.Il est de notre devoir de prendre soin de nos enfants car ils sont notre avenir

    1. Ça va aller; et cette dépression montre bien que tu a assez d’affection pour ta famille ,pour les bonnes relations ; mais des bonnes sentiments qui ont été deçus par l’avènement impitoyable par rapport à tes perspectives.
      Néamois fait de rester dans ta chambre , constitue un environnement défavorable à la guérison. Ou bien tu peux rendre ta chambre un bon milieu ,soit en t’occupant du travail( réviser tes cours), soit en lisant des romans , bref en restant active. Mais essaie d’être avec tes meilleur(e)s ami(e)s, fais du sport.
      Ta névrose de dépression , va sûrement disparaître _au fil du temps bien sûr_car tu as pu identifier la cause de ta maladie ; mais tes frères ont beaucoup de risques de développer des maladies psychiques dues à l’alcoolisme et cet atmosphère défavorable à la santé mentale.
      Et vôtre famille n’est pas la seule à endurer ces épreuves.

    2. Ça va aller; et cette dépression montre bien que tu a assez d’affection pour ta famille ,pour les bonnes relations ; mais des bons sentiments qui ont été deçus par ces circonstances impitoyables.

      Le fait de rester dans ta chambre , constitue un environnement défavorable à la guérison. Ou bien tu peux rendre ta chambre un bon milieu ,soit en t’occupant du travail( réviser tes cours), soit en lisant des romans , bref en restant active. Mais essaie d’être avec tes meilleur(e)s ami(e)s, fais du sport.
      Ta névrose de dépression , va sûrement disparaître _au fil du temps bien sûr_car tu as pu identifier la cause de ta maladie ; mais tes frères ont beaucoup de risques de développer des maladies psychiques dues à l’alcoolisme et cet atmosphère défavorable à la santé mentale.
      Et vôtre famille n’est pas la seule à endurer ces épreuves.
      Avec du temps ,tout va passer et le retour à la normal s’établira

  2. Courageux de partager. Ce n’est qu’en partageant qu’on résolu des problèmes. Parfois la vie nous fait passer par des expériences pour nous rendre plus fort mais aussi pour être de service aux autres à leur aider de passer par ces expériences par la compréhension et la compassion. Courage !

  3. Merci d’avoir partagé ton histoire. Cela aidera ceux qui souffrent et ne comprennent pas ce qui leur arrive. Courage!!
    Merci aussi a Yaga d’offrir de telles opportunités.

  4. La dépression mentale est une réalité que les burundais préfèrent toujours nier pcq La culture a décidé qu’il faut toujours montrer à la société une belle image de soi même quand rien ne va dans sa vie pffff… tout le monde peut être sujet à dépression, il n y a pas que les blancs et il faut  » bannir « ce slogan ridicule svp !

  5. Chère Bénigne. Merci pour votre témoignage. Moi aussi, quelque fois, je me sens bizarre avec des pensées souvent très embêtant avec une perte importante de courage. Cependant je prends refuge en Jesus Christ. Et avec lui, je retrouve du confort…

  6. moi je vis avec depuis l’âge de 4ans aujourd’hui j’ai 25ans suis renfermé sur moi même j’ai peurs j’aimerais tellement avoir du courage mais le problème avec moi c’est que tout me fais peur même que je me sens très mal physiquement et mentalement j’ai peurs de me rendre dans un hôpital et qu’on me détecte une maladie grave dû à ce stresse et dépression que j’ai depuis plusieures années j’ai douleurs au coeur à l’estomac des étranges maux de têtes des vertiges fatigues des nausées des fois je ne sens pas mes bras et ma Vue est quelque fois troublante je vis avec c’est mon quotidien il ne se passe pas une nuit sans que mon lit ne s’inonde de mes larmes je suis perdu profondément perdu j’aimerais rencontrer un spécialiste mais j’ai pas cette force d’y aller j’ai peur très peur comment faire?😢

    1. Courage chèr (e) Millagro. L’essentiel c’est que tu sens déjà qu’il y’a besoin de voir un médecin. Prends courage et vas-y pour ton futur. C’est toi qui est le premier responsable de ta vie. Si tu as besoin d’une quelconque aide, tu peux passer par Yaga pour avoir le contact d’un spécialiste pour écoute. Courage

  7. Prends courage s’il te plaît et va en parler à quelqu’un, tu ne peux pas garder ça pour toi tout seul ça ne va pas t’aider. Tu as besoin d’en parler à quelqu’un, de te confier. Et n’ai pas peur qu’on te découvre quelque chose de grave, mais fais les démarches maintenant comme ça tu pourras combattre ces peurs. Je te souhaite beaucoup de courage

  8. Bénigne. Ta sincérité m’inspire. Moi j’ai vécu presque la même chose que toi, (les parents tout ça ensuite echecs scolaires … Pour vaincre ma depression, je devais punir mon corps pourqu’il arrête ce cauchemard.
    1. Il faut avoir des gens qui te soutiennent et te disent combien il t’aiment. Ca donne envie de continuer à vivre. Pourquoi pas une ou une petite amie qui donne des callins…
    2. Trouve toi une chanson qui soigne tes blessures, écoute là en boucle, même toute la journée.
    3. Enfin le fameux sport dont tout le monde fait le tapage. J’ai fais une semaine entrain d’effectuer 200 Pompages chaque soir. Une femme peut faire du jogging car dit-on pompage c’est pour les hommes.
    4. Bonus j’ai souvent pris de l’alcool pour oublier. Ça aide.
    Bref ta sincérité me touche, je laisse mon numero privé pour qui conque veut m’écrire sur Whatsapp. +243976553121

  9. Salut
    Je sais que une depréssion peut entrainere des idée de suicide , quand on a une chute de la pensée cela peut entrener des actions grave si on ne se soigne pas