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Burundi : éducation des Batwa, un saut dans le vide

Le 9 août, le monde célèbre la journée internationale des peuples autochtones. Selon les dernières statistiques, au Burundi, 82% des Batwa n’ont jamais fréquenté l’école. Malheureusement, la situation reste sur son quant-à-soi malgré la politique nationale de l’éducation et l’appui de l’Unicef.  

Dans le rapport de la Banque mondiale, les autochtones représentent 5 % de la population mondiale. Au Burundi, ils sont appelés Batwa. Estimés à 1% de la population, ils sont marginalisés, discriminés et habitent toujours à l’écart des autres dans la pauvreté extrême. Cette marginalisation fait qu’ils continuent à vivre dans une infériorité sociale portant atteinte à leur dignité d’être humain par exemple en matière de l’éducation.

Selon une étude de 2018, seuls 22,1% ont pu aller à l’école et étudier jusqu’à la fin de l’école secondaire.  0,60% ont pu faire l’université. A titre illustratif, sur plus de 300 ménages Batwa de la province Muyinga, on a seulement 4 enfants à l’école secondaire tandis que la Commune Muyinga, qui compte plus ou moins 45 ménages de Batwa, n’a qu’un seul enfant (une fille) qui fréquente l’école secondaire. Or, l’éducation joue un rôle crucial dans le développement économique. « La vraie propriété qu’un jeune burundais puisse posséder est son diplôme et les connaissances acquises dans son cursus scolaire. Un savoir le conduisant à se développer et en faire profiter sa communauté », l’a souligné Pierre Nkurunziza président de la République.

Effort du gouvernement

En 2005, le gouvernement a instauré la gratuité de l’éducation. Avec l’appui de l’Unicef, les enfants des plus pauvres et des Pygmées Batwa reçoivent des cahiers, des uniformes scolaires et d’autres fournitures scolaires pour aller en classe. Mais, force est de constater que les résultats se font attendre. L’éducation scolaire des jeunes Batwa reste négligée  avec de faibles taux de scolarisation.

Une des grandes raisons, la pauvreté, la famine et la discrimination. « À l’école, les autres enfants crachent sur nous en disant que nos habits sont sales et que nous sentons mauvais. Nous n’avons pas de vêtements ni de savons et nous avons préféré rester à la maison pour aider nos parents dans la poterie et la forge pour pouvoir trouver de quoi manger », nous déclare Fabien, un jeune Mutwa habitant Zege (5 km de la ville de Gitega) qui a abandonné l’école. 

Pistes de solution

Le constat actuel est qu’aucune politique n’est mise en œuvre pour apporter des solutions à cette situation. Un plan de développement des Batwas incluant la mise à leur disposition des terres cultivables et des avantages sociaux pour atteindre le niveau des autres composantes notamment en matière d’éducation serait la bienvenue. 

Face à ses différentes entraves, le gouvernement devrait combattre les stéréotypes, les préjugés et la discrimination sociale qui frappent cette communauté. Il devrait aussi leur octroyer d’autres appuis socio-économiques en vue de leur intégration dans la société burundaise. Enfin, les aider à changer leur mode de vie pour s’adapter au monde qui change de manière perpétuelle. 

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Les Batwa redoutent l’éducation dite moderne
    Peut-être par peur de voir leur tradition en berne
    Ils s’isolent et préfèrent un mode de vie primitif hardcore
    Car, d’un son vif, le tambour de la marginalisation résonne encore
    Nous nous estimons cultivés et leur imposons notre système
    Or, ce genre d’attitude ne fait qu’aggraver le problème
    Proposons-leur un système éducatif qui colle avec leur mentalité
    Ainsi, ils pourront concilier leur culture à la modernité
    Nous autres sommes éleveurs et cultivateurs
    Mais, eux adorent la cueillette et sont bons chasseurs
    Par ailleurs, d’aucuns n’ignorent qu’ils sont d’excellents potiers
    Peut-être que ce qui leur faut pour l’instant, c’est l’école des métiers

    1. Ils redoutent l’education moderne ,dites vous
      Qu’en savez vous ? Remplacez batwa par « noirs » et vous verrez ou je veux en venir

      Ce qui est sur que ils ont été et sont toujours discriminés ,pourquoi ne pas faire comme l’Inde avec la dscrimination positive ,le resultat est que bon nombre de Dalits sont de grands medecins du coup leur images est change à leur yeux mais aussi aux yeux de leur concitoyens.

      Ce qui est sur c’est que le changement sera long

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