Si les États-Unis ont Serena Williams, le pays de Ntare Rushatsi peut s’enorgueillir de compter Sada Nahimana parmi ses talents. À 24 ans, cette jeune tenniswoman est la fierté nationale à travers ses exploits sur les courts.
Fille d’un coach de tennis, Sada découvre la raquette dès son plus jeune âge. À 12 ans, elle saisit une opportunité décisive : intégrer le centre de développement régional de la Fédération internationale de tennis (ITF) à Casablanca, au Maroc. Ce tremplin marque le début d’un parcours exceptionnel.
À Casablanca, Sada peaufine son jeu et s’impose rapidement comme une étoile montante. Sur le circuit junior, son palmarès impressionne : elle remporte l’African Junior Championship à cinq reprises, brandissant fièrement les couleurs burundaises. Ses performances ne se limitent pas au continent africain. Elle participe à des compétitions prestigieuses au niveau mondial, notamment des tournois de Grade A et des Grands Chelems juniors, prouvant son potentiel à l’échelle internationale.
Une transition difficile vers le circuit professionnel
En 2019, à l’âge de 18 ans, Sada passe au circuit professionnel, une étape semée d’embûches. Privée du soutien financier de la Fédération internationale de tennis (FIT ou ITF en Anglais), réservé aux juniors, et confrontée aux ressources limitées de la Fédération burundaise de tennis, elle doit faire face à des défis financiers colossaux. Les sponsors, quasi inexistants, rendent cette nouvelle aventure encore plus exigeante. Pourtant, dotée d’un mental d’acier, Sada ne se laisse pas abattre. C’est ainsi qu’en octobre 2019, elle décroche son premier titre en simple à l’ITF Lagos Open face à la Brésilienne Laura Pigossi, marquant ainsi le début de son ascension. Des hauts et des bas à Bujumbura, en 2023, Sada revient jouer à Bujumbura lors du World Tennis Tour 25, sur les courts de l’Entente Sportive. Malgré l’engouement de son public, elle s’incline en finale du premier tour et en quart de finale du second. Marquée par cette expérience, elle hésite à participer au WT50 de Bujumbura en avril 2025, craignant de décevoir à nouveau ses fans et sa famille.
Mais cette décision s’avère payante : elle remporte deux titres consécutifs, signant un retour triomphal sous les yeux de son public.
Vers les sommets des Grands Chelems
Participer aux quatre tournois du Grand Chelem, l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open est le rêve de tout joueur professionnel. Sada n’échappe pas à cette ambition, mais elle sait que l’accès à ces compétitions exige un classement élevé et une persévérance sans faille. En mai 2025, elle brille à Rabat, devenant la première Burundaise à remporter un match dans le tableau principal d’un tournoi de la Women’s Tennis Association (WTA). Cette victoire la propulse à la 225è place mondiale, lui ouvrant les portes des qualifications de l’US Open 2025. Bien qu’elle s’incline au premier tour, cet exploit reste historique : aucun autre athlète burundais ni de l’Afrique de l’Est n’avait atteint ce niveau.
Classée 225e mondiale avec 320 points, Sada Nahimana vise désormais le top 100. Son parcours, jalonné de sacrifices et de détermination, est une source d’inspiration. Issue d’un environnement modeste, elle prouve que le travail acharné et la résilience peuvent mener au sommet. Du terrain de l’Entente Sportive à Bujumbura jusqu’au prestigieux USTA Billie Jean King National Tennis Center à New York, Sada incarne un message universel : le ciel est la seule limite.
