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L’Ouganda, eldorado ou piège pour les travailleurs burundais ?

De plus en plus de Burundais tentent leur chance en Ouganda dans l’espoir d’échapper au chômage. Pour certains, le rêve d’une vie meilleure se transforme pourtant en calvaire : salaires impayés, violences, conditions de vie précaires, arrestations… Si quelques-uns parviennent à réussir, la majorité découvre une réalité bien différente des promesses de départ.

Ils sont nombreux à franchir la frontière persuadée qu’ils trouveront rapidement un emploi. Mais derrière les récits de réussite circulant au pays se cachent des histoires beaucoup moins reluisantes.

Fiacre* en sait quelque chose. Installé à Kampala depuis 2024, il raconte avoir rejoint la région de Karamoja pour travailler dans l’élevage. « Je gagnais environ l’équivalent de 300 000 FBu par mois. Mais j’étais rarement payé. Lorsque je réclamais mon salaire, mon patron me battait. Le travail était exténuant », confie-t-il.

Comme lui, plusieurs travailleurs vivent dans des abris de fortune, sans couverture suffisante ni accès aux soins. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montrant des Burundais en détresse en Ouganda a récemment ravivé le débat sur leurs conditions de vie.

Il y a une marge

Tous les parcours ne se ressemblent toutefois pas. Arthur*, rentré récemment au Burundi, estime qu’il est possible de réussir en Ouganda à condition de disposer d’un capital pour lancer une activité. Selon lui, les Burundais travaillent surtout dans l’agriculture, l’élevage et le transport à moto. D’autres se tournent vers des activités illégales comme les jeux de hasard, avec les risques que cela comporte.

À ces difficultés, poursuit-il, s’ajoutent les barrières linguistiques et administratives. L’apprentissage des langues locales prend du temps et certaines démarches nécessitent des documents d’identité, compliquant l’intégration. En revanche, les personnes interrogées ne dénoncent pas de phénomène généralisé de xénophobie.

« Go Home » ou l’aide de l’ambassade

L’ambassade du Burundi affirme intervenir lorsqu’elle est saisie, notamment en délivrant un document de retour (« Go Home ») aux ressortissants dont les documents ne sont plus valides. Selon Rénovat Nimbona, premier conseiller à l’ambassade, la représentation travaille avec les autorités ougandaises pour assister les Burundais en difficulté.

Une question demeure néanmoins : face à l’importance croissante de cette migration de travail, le Burundi et l’Ouganda ne gagneraient-ils pas à mettre en place un mécanisme d’encadrement, afin de mieux protéger ces travailleurs contre les abus ?

*Les prénoms ont été modifiés.

 

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