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Kirikou Akili : des rues de Ngozi aux sommets de la musique burundaise

La musique burundaise est en train de se tailler une place de plus en plus importante au sein de la région de l’EAC. Ce succès est le fruit d’un travail acharné mené par une génération d’artistes déterminés à faire rayonner l’image du Burundi sur la scène internationale. Parmi eux, un nom se démarque particulièrement ces derniers temps: Kirikou Akili. Natif de l’ancienne province de Ngozi, l’artiste connaît une ascension spectaculaire. Comme le dit l’adage : « Un grand n’est jamais petit. » Malgré sa petite taille.

De son vrai nom Yussuf Akbar Niyonkuru, rien ne semblait prédire l’avenir radieux qui l’attendait. Issu d’une famille modeste vivant dans la précarité, il n’a jamais été reconnu par son père, qui a nié toute responsabilité dès l’annonce de la grossesse. Sa mère s’est alors battue seule pour subvenir à leurs besoins. Refusant de rester impuissant face aux difficultés familiales, le jeune Yussuf se retrouve parfois à voler, malgré lui, uniquement pour pouvoir manger.

Plus tard, sa mère refait sa vie avec un autre homme. Mais ce dernier, excédé par la turbulence de son beau-fils, finit par le chasser de la maison sans se soucier de son avenir. Kirikou n’a alors d’autre choix que d’errer dans les rues de Ngozi.

Les premiers pas dans la musique

Très jeune, Kirikou se retrouve en situation de rue. Pourtant, il garde un esprit positif et n’abandonne pas l’école. Pour survivre, il effectue de petits travaux, notamment comme agent de propreté dans un studio d’enregistrement à Ngozi. À force de voir défiler de nombreux artistes, une idée germe : demander au producteur l’autorisation d’enregistrer une chanson qu’il avait déjà composée. Le producteur accepte sans hésiter. C’est ainsi que naît son tout premier titre, « Ivyisi ». Bien que ses moyens financiers ne lui permettent pas encore de faire décoller sa carrière, son talent est déjà reconnu à Ngozi. Lors d’un concert de la légende Big Fizzo, le public insiste pour que « le petit Kirikou » monte sur scène. Il livre alors une prestation à couper le souffle. Impressionné, Big Fizzo lui promet de l’aider à bâtir sa carrière, une promesse qui se concrétisera plus tard.

Un ange gardien

Malgré cette première reconnaissance locale, la vie de Kirikou reste difficile. Mais, comme les voies du Seigneur sont impénétrables, une rencontre va bouleverser son destin. Lors d’un show où il est invité à se produire, un homme dans le public repère son potentiel et cherche à en savoir davantage sur lui. Sans le savoir, Kirikou vient de rencontrer celui qui deviendra son véritable tuteur : Oscar, surnommé Oscar Fashion. Oscar décide de le prendre sous son aile. Il l’aide à retourner à l’école, l’emmène vivre à Bujumbura et lui permet de rencontrer à nouveau Big Fizzo. Ce dernier, se souvenant de leur première rencontre et des promesses faites, accueille Kirikou au sein de son label Bantu Bwoy, fraîchement créé.

Après la pluie, le beau temps

L’aventure avec Bantu Bwoy ne dure pas longtemps, mais elle ouvre la voie à une nouvelle collaboration avec l’artiste Double Jay. Ensemble, ils fondent Birimani Boy, un duo qui enchaîne les succès: contrats de prestations à travers tout le pays, chansons cumulant des millions de vues sur YouTube, popularité grandissante…

Aujourd’hui, la renommée de Kirikou dépasse largement les frontières du Burundi. Il s’est produit à deux reprises à Kigali, a déjà effectué une tournée européenne et vient récemment de remporter une compétition organisée par l’entreprise Superbat. Sa chanson « Aha Nihe ?» a été sacrée chanson de l’année, et il a remporté une voiture comme prix. Kirikou vit désormais ses heures de gloire. Comme il le chante lui-même : « Ntaco nasavye Imana itankoreye », Dieu a exaucé ses prières. Son parcours est un rappel puissant: quelles que soient les circonstances, il faut s’efforcer de quitter cette terre en l’ayant rendue meilleure que nous ne l’avons trouvée.

 

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