Il a été construit à l’époque colonial, mais a été modernisé sous le régime du colonel Jean Baptiste Bagaza. Avec un seul terminal, l’aéroport Mélchior est en passe d’être rénové, modernité exige, pour accueillir encore plus de passagers et devenir un hub incontournable de l’aviation civile. Voici ce que vous devait savoir sur cette infrastructure stratégique du pays.
À une dizaine de kilomètres du centre-ville de Bujumbura, l’aéroport international Melchior Ndadaye s’étend discrètement au pied des collines qui bordent le lac Tanganyika. Construit à l’époque coloniale, il a longtemps été le témoin silencieux des départs et des arrivées qui relient le Burundi au reste du monde. Aujourd’hui, cette infrastructure stratégique entre dans une phase de transformation majeure, avec une rénovation en cous de réalisation.
Inauguré en 1952, l’aéroport fut à ’origine un modeste terrain d’aviation destiné à relier Bujumbura aux autres capitales de la région. Sous le régime du colonel Jean-Baptiste Bagaza, dans les années 1980, il connaît ses premières grandes modernisations. Le tarmac est élargi, les installations renforcées, et la plateforme commence alors à s’imposer comme la principale porte d’entrée du pays.
Une porte ouverte sur le ciel burundais
Mais c’est en 2019 qu’il prend le nom qui résonne aujourd’hui dans la mémoire collective : aéroport international Melchior Ndadaye, en hommage au premier président démocratiquement élu du Burundi, assassiné tragiquement le 21 octobre 1993, à peine 3 mois après son élection. Ce changement de nom, hautement symbolique, inscrit le lieu dans une continuité entre mémoire nationale et ambition d’avenir.
Entre turbulences et résilience
L’histoire de l’aéroport n’a pas toujours été paisible. En décembre 2000, un Airbus A330-200 de l’ancienne compagnie belge Sabena est la cible de tirs alors qu’il s’apprête à atterrir. Onze projectiles atteignent l’appareil, mais le pilote parvient à poser l’avion sans autre incident. Cet épisode, aussi spectaculaire que dramatique, témoigne du climat de tension que traversait alors le pays.
Malgré ces épreuves, la plateforme a continué d’assurer ses fonctions, devenant, au fil du temps, l’unique aéroport international du Burundi doté d’une piste en asphalte. À 787 mètres d’altitude, sa piste principale, longue de 3 600 mètres, accueille désormais des avions de moyen et long-courrier reliant Bujumbura aux grandes capitales régionales.
La rénovation d’une vitrine nationale
Depuis quelques années, l’aéroport s’apprête à changer de visage. En août 2024, le président Évariste Ndayishimiye a lancé officiellement le projet de réhabilitation et de modernisation de la plateforme. Objectif : transformer cette infrastructure en un véritable hub aérien conforme aux standards internationaux.
Les travaux prévoient la rénovation complète du terminal existant, l’installation d’équipements modernes de sécurité et de gestion du trafic aérien, ainsi que la construction de nouvelles voies de circulation pour les avions. La modernisation de l’aéroport n’est pas seulement un enjeu technique, mais un levier de développement économique et touristique, comme l’a rappelé le président Evariste Ndayishimiye.
Un carrefour régional en devenir
Aujourd’hui, huit compagnies aériennes opèrent à Bujumbura : parmi elles, Kenya Airways, RwandAir, Ethiopian Airlines, Uganda Airlines et Air Tanzania. Ces liaisons assurent une connexion quotidienne vers Nairobi, Kigali, Addis-Abeba, Entebbe ou Dar es-Salaam. Autant de portes ouvertes vers l’Afrique de l’Est et le reste du monde.
Selon les chiffres de l’aviation civile, le nombre de passagers a été multiplié par plus de deux en moins de dix ans, passant d’environ 120 000 voyageurs en 2008 à près de 300 000 avant la pandémie. Une tendance qui témoigne de l’essor progressif des échanges commerciaux, des voyages d’affaires et du tourisme.
Entre défis et ambitions
Cette métamorphose n’est pas sans défis. Les retards de financement, la complexité technique des travaux ou encore les contraintes climatiques propres à la région rendent le chantier délicat. Mais les autorités misent sur une collaboration renforcée avec des partenaires internationaux pour tenir le calendrier.
Au-delà des aspects techniques, la modernisation de l’aéroport incarne une ambition plus profonde : repositionner le Burundi comme acteur central de la connectivité régionale. À terme, Bujumbura pourrait devenir un point de transit stratégique entre l’Afrique de l’Est et le centre du continent.
Un ciel d’avenir
L’aéroport Melchior Ndadaye, longtemps perçu comme un simple passage, s’impose peu à peu comme un symbole national. Porte d’entrée, vitrine du pays, il incarne à la fois la mémoire du passé et la promesse d’un futur ouvert sur le monde. Et si, demain, l’envol du Burundi commençait justement ici, sur ce tarmac chargé d’histoire ?

« Aujourd’hui, huit compagnies aériennes opèrent à Bujumbura : parmi elles, Kenya Airways, RwandAir, Ethiopian Airlines, Uganda Airlines et Air Tanzania. »
Il semble que vous avez oublié Brussels airlines qui attérit dimanche et mercredi.
Cet aéroport de Gakumbu est le troisième de Bujumbura(et non le deuxième comme mentionné récemment). Le premier , construit dans les années trente se trouvait à l’emplacement du stade Rwagasore, le deuxième se trouvait entre la rivière Muha et Kanyosha. Il a été utilisé un moment par l’armée dans les années soixante et 70
La compagnie aérienne Air Burundi a disparu de cet aéroport. C’est triste. Que sont devenus les anciens avions de cette compagnie: les Twin Otter, Beachcraft, Falcon, Caravelle en plus de celui qui est parti en Espagne?