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Enceinte avant le mariage : l’Église catholique a adapté ses règles ?

Entre pression sociale et traditions religieuses, tomber enceinte avant le mariage pouvait autrefois compliquer la bénédiction nuptiale. Aujourd’hui, au Burundi, cette exigence a été levée. Un pas vers une Église plus flexible face aux réalités de la vie moderne ?

Si tomber enceinte est généralement perçu comme une bénédiction, tous les moyens d’y parvenir ne sont pas vus d’un bon œil, que ce soit dans la société ou au sein de l’Église. La doctrine catholique insiste sur le célibat et l’abstinence, jusqu’à la prononciation des vœux devant l’autel.

Autrefois, les couples souhaitant obtenir la bénédiction nuptiale devaient présenter un test de grossesse. Si celui-ci était positif, certaines paroisses allaient jusqu’à suspendre temporairement la célébration du mariage. Cela semble actuellement avoir changé, bien que la pratique maintienne un caractère assez strict dans certaines églises évangéliques. Que s’est-il donc passé ?

Loi canonique ou décision diocésaine ?

La doctrine catholique met un accent particulier sur l’abstinence jusqu’au mariage. Ainsi, les relations sexuelles hors mariage vont à l’encontre de cet enseignement. Nous venons de le dire, le mariage religieux était conditionné par un test de grossesse négatif. Cette mesure n’est plus en vigueur actuellement. Outre, le mariage religieux demeure une étape fondamentale pour la reconnaissance officielle d’un couple au sein de la communauté … et au sein de l’église.

La société burundaise, comme beaucoup de sociétés africaines, conçoit le mariage comme un accomplissement majeur. Dès l’enfance, on nous parle sans cesse de mariage. Les souhaits et les attentes sont omniprésents. Même les enfants imitent ces modèles dans leurs jeux. Les filles portent leurs poupées comme des bébés, les garçons prennent soin de leur petite “dame”. À l’âge adulte, la pression sociale devient très sérieuse.

Revenons à nos moutons. L’exigence du test de grossesse, à un certain moment d’un passé proche, variait selon les paroisses. Par exemple, la paroisse Saint-Augustin de Buyenzi était réputée pour accueillir des couples à qui on avait refusé le mariage dans d’autres paroisses plus strictes sur ce point. L’abbé Frederick Ngetich Limo, de la paroisse Saint-Augustin, nous éclaire la lanterne à ce sujet : « l’on ne demande plus aux couples de faire le test de grossesse. Aujourd’hui, c’est uniforme pour toutes les paroisses, pour des raisons pastorales. Toutefois, je ne suis pas la personne qui peut expliquer pourquoi cette paroisse était presque la seule à appliquer cette mesure auparavant. »

La grossesse n’est pas un empêchement dirimant

Par ailleurs, un prêtre contacté précise que le test de grossesse n’a jamais été une obligation universelle. La grossesse n’est pas mentionnée dans le Code de droit canonique parmi les empêchements dirimants (c’est-à-dire absolus) du mariage (canons 1083-1094).

« Cette exigence a été supprimée. Le test de grossesse était une mesure pastorale, morale et disciplinaire, visant à encourager les couples à attendre le mariage. Peut-être que certaines paroisses à l’intérieur du pays l’appliquent encore. Cette question de grossesse représentait un défi, car l’homme ne contestait pas toujours la grossesse, et aujourd’hui, la plupart des couples se connaissent avant de vivre ensemble », explique-t-il.

La suppression de cette mesure constitue un véritable soulagement pour les couples enceintes souhaitant célébrer leur mariage devant l’autel. N.A., une jeune maman de deux enfants vivant à Bujumbura, a célébré son union alors qu’elle était enceinte de quatre mois. Elle raconte : « Ce n’est plus un problème. Nous n’avons eu aucune difficulté à trouver une église. Nous avons fourni les documents nécessaires et avons reçu le calendrier de formation comme les autres couples, sans avoir à faire de test de grossesse. »

Aujourd’hui, tomber enceinte avant le mariage n’est plus synonyme d’obstacle ou de rejet, du moins chez les chrétiens catholiques. La fin de cette exigence pastorale offre aux couples un soulagement et illustre la capacité de l’Église à s’adapter aux réalités sociales. Pour de nombreux jeunes burundais, cela signifie que l’amour et l’engagement peuvent désormais s’exprimer avant tout devant Dieu… et sans contraintes préalables.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. L’obligation de test de grossesse est récente. A vrai dire, selon le droit canon, aucune obligation juridique en l’endroit des fiancés de faire le test de grossesse. C’est revenir à la raison. cesser l’hypocrisie.