Ce vendredi 29 août, la troupe Les Enfoirés de SaNoLaDante (TLES) a présenté la pièce #Habib257, écrite par Claudia Munyengabe et mise en scène par Roberto Michaël Molisho, dans le jardin de Buja Sans Tabou. Un récit théâtral qui dévoile, derrière les couleurs et les chants, le poids insoutenable des mariages forcés
Le jardin de BST était plein. On riait aux dialogues piquants, on souriait devant l’ironie des situations, on se laissait porter par l’humour qui traversait la pièce. Mais ce rire-là n’était pas pur. C’était un rire nerveux, un rire de survie, un rire qui cache la gorge serrée.
J’aurais aimé écrire sur le jeu d’acteur, la scénographie, la beauté des répliques. Mais l’urgence est ailleurs. Derrière les rires qu’elle arrache parfois, cette pièce laisse flotter un silence lourd : celui du sort de Habiba, celui de centaines de jeunes filles poussées dans des mariages qu’elles n’ont pas choisis.
Quand la pauvreté enchaîne les filles
Une histoire inventée ? Non. Une histoire mille fois vécue. Dans nos rues, nos quartiers, nos familles. Une histoire qui traverse les générations, les religions et les classes sociales.
Dans #Habib257, on suit Habiba, une jeune fille que l’on prépare à devenir la septième épouse de Mzee alors qu’elle est amoureuse de Habib, un jeune homme fauché. Et ne croyez pas que ce n’est que l’amour d’une jeune fille qu’on étouffe. C’est toute une génération de femmes qu’on enferme. Habiba ne choisit pas. Son avenir n’est plus sien. Elle devient la monnaie d’échange d’une famille appauvrie, le sacrifice qu’on offre au patriarcat pour espérer sauver une lignée.
Pas une histoire mais un système
Il serait trop simple d’y voir un problème de polygamie ou de traditions musulmanes. Ce serait trop facile de pointer du doigt Buyenzi ou Bwiza. Car le drame est bien plus large : il est systémique.
Mariages arrangés, mariages forcés, mariages intéressés… Les chrétiens le font. Les familles bourgeoises aussi, qui marient leurs filles pour préserver des patrimoines. Et combien de familles poussent leurs filles à épouser monsieur « untel » de la diaspora, non pas par amour, mais parce que « l’Europe » ou « l’Amérique » deviennent des passeports de survie ? Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas de religion. Il s’agit de pouvoir. De survie écrite sur les corps des filles.
Habiba n’est pas seule. Elle est des centaines. Elle est des milliers. Et c’est peut-être cela qui dérange le plus : ce n’est pas du théâtre, c’est notre société mise à nu.
Car au fond, de quoi parle-t-on ? De droits piétinés. Habiba n’est pas seulement privée de son amour. Elle est privée de son consentement, de sa liberté, de sa dignité. On décide à sa place de qui partagera son lit, de quand et comment elle sera mère, de la vie qu’elle doit mener.
Et maintenant ?
La pièce s’est terminée. Les spectateurs sont rentrés chez eux. Mais quelque part, une autre Habiba enfile sa robe de mariée sans sourire. Et la question qui reste suspendue dans l’air : combien d’autres Habiba encore ?

Moi, j’ai eu l’occasion de regarder la pièce de théâtre Habib 257, sauf qu’elle raconte une histoire réelle , elle raconte aussi des choses que nous vivons aussi dans notre vie quotidienne. Des théâtres comme celui-là nous aident à montrer des réalités que beaucoup de gens négligent.
Ce texte me donne des frissons! Ta plume est sublime, Ashimwe.