La défaite du Rassemblement national aux élections législatives en France de ce 7 juillet est significative : une partie des Français a dit « non » à l’extrême droite à une énième reprise, mais une autre partie non négligeable a démontré au monde entier la décadence des valeurs dont le pays des Droits de l’Homme s’est tant vanté depuis des lustres.
Le beau Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), ne sera donc pas Premier ministre. En tout cas pas pour le moment. Mais n’empêche, l’extrême-droite est bien représentée à l’Assemblée nationale. La victoire du RN aux élections européennes a consacré la progression de l’idéologie de ce parti au sein de l’opinion française. Que le RN soit contre l’immigration, passe encore. Qu’il soit un parti raciste malgré les dénégations de Marine Le Pen, présidente du groupe RN au parlement et de Jordan Bardella, est un secret de polichinelle.
Toujours est-il que, durant la campagne électorale pour les législatives qui vient de s’achever, les racistes sont sortis en masse de leur tanière. Ils ont pointé leurs griffes, clamé haut et fort le retour d’une idée de la France d’antan (c’est-à-dire pour eux, la France raciste, xénophobe et anti-immigration).
Un nouveau parlement dans un pays polarisé
Ces dernières années, certains politiciens français (toujours eux) ont tenté de tirer leur légitimité du puits nauséabond du racisme. Ce n’est pas Emmanuel Macron qui dira le contraire. Dans ses prises de parole, l’actuel locataire de l’Elysée, s’est toujours présenté comme le dernier rempart contre l’extrême droite. Vrai ou faux ? L’Histoire nous le dira.
En tout cas, ces élections législatives qui ont vu le Nouveau Front populaire (NFP) arrivait en tête, en obtenant le plus grand nombre de siège, démontrent une réalité : les valeurs fondamentales du pays de Marianne (Liberté, Égalité, Fraternité) sont en danger. Heureusement qu’une majorité de Français a refusé un parlement gangrené par une idéologie proche du fascisme. C’est à cela que sert la démocratie : empêcher à des politiciens mal intentionnés de représenter le peuple. Mais quel peuple ? Celui qui a vu en Jordan Bardella le sauveur de la République ? Ou celui qui a la conviction qu’une France black-blanc-beure est possible ?
De l’urgence de produire une génération consciente
Que ce soit clair : l’extrême-droite est nocive, pour la France et pour le monde entier. Sa présence en si grand nombre dans un parlement témoigne d’une société en perdition. Il est clair qu’un pays qui ouvre ses portes à l’extrême-droite est un pays en crise. Une République loin d’être en marche.
Il y a dès lors la nécessité de créer un front, un vrai rempart contre les idées qui nuisent à l’épanouissement de chaque individu dans un pays aux valeurs démocratiques. La défaite du RN devrait être le début d’un combat sans merci contre la montée du fascisme en Europe. Faire appel aux valeurs qui nous rendent humains : le vivre-ensemble, la solidarité, etc.
Tous les maux des pays européens ne doivent pas être le tort des immigrés qui, par ailleurs, ont aidé à construire la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest. Que serait devenue la France aujourd’hui sans l’immigration portugaise, italienne, maghrébine et subsaharienne.
Il faut enseigner aux jeunes générations à faire face aux idéologies qui divisent: écouter les discours des politiques avec un sens critique, refuser la haine de l’autre, placer le débat là où il faut, apprendre à démêler le vrai du faux, etc. Le combat contre l’extrême-droite ne fait que commencer.
