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Ni putes ni soumises

Le 30 mai de chaque année est une journée mondiale dédiée aux mères. Bien que cette fête n’ait pas été célébrée en grande pompe chez-nous, elle n’en reste pas moins une bonne occasion pour offrir un beau cadeau à sa maman afin de lui prouver qu’on tient à elle et qu’on l’aime beaucoup.  Ce blogueur, lui, a une pensée particulière pour celles que la vie n’a pas gâté, celles par exemple dont la maternité est le fruit d’actes abjects tels que le viol. 

Oui, j’exprime ma gratitude envers ma mère en ce jour,  pour ce qu’elle est et pour tout ce qu’elle a fait pour moi.  Mais, cette tendresse ne m’a pas fait oublier une réalité cruelle qui frappe certaines mères.  Je veux dire celles dont l’enfant est le fruit d’un viol. Celles qui ont vécu cette hideuse réalité peinent à se reconstruire, même la vie les dégoute. D’autres éprouvent des sentiments de culpabilité mêlés de honte à l’égard de leurs progénitures. C’est triste, c’est cruel et dégradant, mais j’espère que toutes celles qui ont vécu cette horreur se relèveront toujours pour se battre  et triompher de cette infamie.  

En cette journée d’amour et de communion avec nos chères mamans, mes pensées vont aussi à tous ces enfants qui n’ont pas vécu la relation mère-enfant, ceux qui  se sont engouffrés dans un spiral de deuil alors qu’ils n’ont pas encore les armes pour se battre avec ce monde impitoyable des adultes.

Donner la vie c’est donner l’amour

A toutes ces jeunes mamans qui ont parfois du mal à offrir un amour qu’elles n’ont pas reçu, je leur dis : laissez-vous aller, laissez-vous vous consumer par les flammes de la compassion. Accordez-vous une seconde chance, enivrez-vous de la passion de l’amour de vos enfants.  Celles qu’on taxe de mauvaises mères alors que la méchanceté humaine les a profondément blessées, tenez bon, vivez intensément les miettes de bonheur que la vie peut encore vous offrir.  

A toutes ces femmes qui ne peuvent pas donner la vie, celles que les Burundais traitent sévèrement et méchamment  d’ingumba (femme stérile), vous n’êtes pas moins femmes et vous méritez le respect.

Honorons aussi les mères adoptives

Saviez-vous que dans certaines églises chrétiennes, on félicite les mères pendant le culte ? En plein service, les mamans se mettent debout et tous les autres fidèles les applaudissent. Je me suis un jour mis à penser que ce geste qui part plutôt d’une bonne intention  fait silencieusement mal aux femmes qui ne peuvent avoir des enfants.  Ne devrions-nous pas aussi honorer des mères adoptives qui se donnent corps et âme pour élever des enfants qui n’ont pas de parents pour veiller sur eux ? Celles qui n’ont pas enfanté biologiquement mais qui sont quand même mères ont aussi le droit au bonheur maternel, et je pense à elles en cette journée. Elles le méritent et il faut que quelqu’un le leur dise avec des mots clairs.

 

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