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La gestion des épaves des voitures : il faut une fourrière à Bujumbura

La mairie de Bujumbura s’est engagée à promouvoir la propreté de la municipalité depuis 2016.  Mais la gestion des épaves reste un casse-tête. La ville ne possède pas de fourrière collectant les carcasses de voitures. Eparpillées dans les établissements publics et dans les rues de certains quartiers, ces voitures mortes pourraient être recyclées et utilisées autrement au lieu de menacer la santé humaine et l’environnement

Les épaves des voitures sont devenues un problème de santé publique et une menace sérieuse pour l’environnement. Au lieu d’être réparées ou dégagées, les vieilles voitures restent pendant des mois voire des années dans les cours des bâtiments publics. Idem dans plusieurs quartiers de la capitale économique. A Buyenzi, les carcasses des voitures des particuliers jonchent les rues de cette zone urbaine réputée pour être un vaste garage à ciel ouvert. Selon les mécaniciens rencontrés sur place, ces épaves attendent ceux qui collectent la ferraille pour être vendues.

Cependant, ces mêmes mécaniciens reconnaissent que les huiles des moteurs que ces véhicules déclassés laissent échapper vers les canalisations menacent l’environnement. Ils disent cependant ne pas avoir d’autres choix.

Un projet voué à l’échec 

Rénovât Sindayihebura, l’administrateur communal de Mukaza regrette que la promesse de l’administration municipale datant de 2018 d’évacuer ces épaves de la zone Buyenzi n’ait pas été honorée. « Les mécaniciens et les anciens administratifs nous ont signifié qu’il a manqué un espace suffisant pour encadrer les garagistes », a-t-il indiqué. Il déplore l’absence de mesures d’accompagnement. Sindayihebura fait savoir qu’en collaboration avec la mairie de Bujumbura, ils sont en train de chercher un espace pouvant abriter ces épaves.  

« Il faut recycler ces épaves source de pollution »

 D’après Pr Théophile Ndikumana, les carcasses de voitures entassées et éparpillées dans la nature nuisent à l’environnement et à la santé humaine. « Nous avons conduit des recherches sur les exutoires qui évacuent les eaux des pluies vers le lac Tanganyika qui sont sources de pollution et en partie responsable de la fuite des poissons. Les huiles minérales usagées et les détergents qui peuvent se retrouver dans les eaux des pluies sont nocifs pour le lac d’autant plus que ce sont des dérivés du pétrole et difficilement dégradables », craint ce spécialiste.

Le professeur propose que les déchets métalliques soient recyclés. « Il y a moyen de recycler le fer, l’aluminium, et autres pour fabriquer par exemple des objets d’ornement ». Et d’ajouter que pour dégager ces épaves, il faut des unités spécialisées. Il suggère au gouvernement de mettre sur pied une législation relative à l’élimination de ces déchets métalliques encombrants en indiquant le mode de recyclage, de destruction et de conservation des épaves de voitures.

 

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