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Rêve ou réalité ? Une auto-stoppeuse dans les griffes d’un obsédé sexuel

Certaines pratiques de la vie courante exposent les filles/femmes aux dangers des abus sexuels. Elles sont nombreuses à faire de l’auto-stop, la nuit, quand elles n’ont pas d’argent ou quand elles sont pressées d’arriver à destination. Une blogueuse de Yaga nous raconte son cauchemar… 

« Laisse-toi faire… », murmura-t-il en posant une fois de plus sa main sur mon genou. Une fois de plus, je protestai fermement et repoussai cette main baladeuse. « Arrêtez-vous et laissez-moi descendre, s’il vous plaît ». Mais qu’est-ce qui m’a pris de demander ce foutu lift ? Il était plus de 20h, je revenais de l’étude commune avec les autres étudiants de la fac. Je voulais rentrer tôt pour me reposer. J’ai attendu le bus en vain et je me suis résignée à faire de l’auto-stop pour arriver en ville. Certes, ce n’était pas la première fois que je montais dans la voiture de quelqu’un que je ne connaissais pas, soit parce que je n’ai pas de sous en poche, soit parce que je veux arriver à destination plus vite. Malheureusement ce jour-là,  je suis tombé sur un c****. Pourtant, combien de fois n’avais-je pas entendu des histoires sordides de filles kidnappées ou violées ainsi ? Il faut dire qu’avec l’habitude, on finit parfois par oublier les risques. 

Que faire ?

L’homme au volant continuait inlassablement ses attouchements et refusait toujours de s’arrêter. J’ai remarqué qu’il avait même bloqué automatiquement toutes les portières de la voiture. De par l’haleine qui se dégageait de sa bouche et ses yeux injectés de sang, j’ai compris qu’il était ivre. Je ne savais même pas comment il parvenait à conduire d’une main et continuer ses tentatives de l’autre main en même temps. J’ai prié le ciel pour qu’on n’ait pas d’accident. Mentalement, j’étudiais les options que j’avais à ma disposition. Crier ? Personne ne m’entendrait dans une voiture qui roule à 80 km/h avec les vitres fermées. Lui faire perdre le contrôle de la voiture ? Tout ce que je risquais, c’était de nous faire tuer tous les deux. L’amadouer pour qu’il accepte de s’arrêter et faire semblant d’accepter ses avances, histoire d’étudier ensuite comment me barrer ? Pas impossible, mais dangereux aussi. C’était prendre le risque de le pousser à s’arrêter dans un trou perdu là où personne ne pourrait venir à mon secours. Envoyer un texto de détresse à quelqu’un? Pour dire quoi ? Je ne connaissais même pas la plaque d’immatriculation de la voiture. Sauf que là au moins, les miens sauront ce qui m’est arrivé si jamais…Non, je ne voulais pas penser à cette option. Nous n’étions pas loin du centre-ville. J’ai sorti discrètement mon téléphone et commencé à rédiger un message à l’intention de ma sœur : « Ndi mu modoka y’umuntu yampaye lift ariko… » (Je suis dans la voiture de quelqu’un à qui j’ai demandé un lift mais…), je n’ai pas pu terminer ma phrase. Mon kidnappeur m’a arraché le téléphone des mains et l’a jeté sur le siège arrière. Là,  j’ai  compris que c’en était fini de moi. Il était donc bien décidé à parvenir à ses fins.

L’horrible cauchemar…

Les feux ! Les feux de signalisation. C’était mon seul espoir. Qu’il s’arrête aux feux et là avec un peu de chance, je pourrai tenter de briser la vitre de la voiture avec mon coude et crier à l’aide. Pourvu qu’il y ait une autre voiture à côté de nous…Les gens me verront et capteront sûrement qu’il se passe quelque chose. Nous voilà  arrivés au centre-ville. Il faut que ça s’arrête. Je n’en peux plus de ses mains baladeuses. Dieu merci, il s’est arrêté. Car oui, il aurait très bien pu griller un feu rouge! Cette idée m’a traversé furtivement l’esprit, mais je l’ai chassé aussitôt de ma tête. Il fallait agir. Maintenant.  Et là….Driiiiing…mon réveil a sonné. Je me suis réveillée en sursaut, le cœur battant la chamade. Ce n’était qu’un cauchemar ! Rien qu’un cauchemar. Je me suis assise sur mon lit, le souffle court. Mon Dieu ! Et si cela avait été réel (ce genre de choses arrive plus souvent qu’on ne l’imagine), est-ce que je m’en serais sortie ? Le coup de la vitre brisée aurait-il marché ? Quel autre choix me restait-il ? Faut-il attendre que ce genre de mésaventures vous arrive pour prendre conscience qu’il ne faut jamais monter dans la voiture d’un inconnu seule le soir? Je ne suis pas très superstitieuse de nature. Mais après ce cauchemar, je me suis promis de ne plus prendre de tels risques. Et vous ?

 

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