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« Bwa bundi, namukunda mw’ibanga ? »

Aujourd’hui, au lendemain de l’annonce du décès de celui qui aura dirigé le Burundi durant une quinzaine d’années, j’ai comme une gueule de bois. La journée d’hier me revient comme dans un mauvais rêve…


Hier, quand j’ai vu les tweets de la RPA faisant état du décès du guide du patriotisme, je me disais que c’était des fake news. Mais plus le temps passait, plus d’autres éléments venaient s’ajouter sur la « rumeur » initiale. Quand un message d’un proche qui était à Karusi et dont la mission de travail venait de se raccourcir subitement suite à un coup de fil lui ordonnant de regagner Bujumbura dans les plus brefs délais m’est parvenu, mon cerveau a tiqué. Ainsi, j’ai commencé à demander à des amis qui sont généralement bien informés. Certains confirmaient sans usage du conditionnel, d’autres, faute de confirmer, ils n’infirmaient pas du tout.

La sortie de Willy Nyamitwe sur Twitter, à défaut d’être claire, elle permettait de voir que quelque chose s’était passé. 

Tout aussi incompréhensible, le tweet de Karerwa Ndenzako Claude, porte-parole du président Nkurunziza, ne laissait pas beaucoup à penser à une coïncidence.

« L’Aigle royal s’est envolé »

Plus le temps passait, plus je sentais tantôt comme une sorte de peur, tantôt le cœur lourd. À 16h19, le compte Twitter du gouvernement publie le communique annonçant le décès du président de la République du Burundi, suite à un arrêt cardiaque. Mes mains commencent à suer, quelques instants à ne pas croire à ce que je viens de lire.

Je me rappelle alors toutes ces fois où je l’ai vu bien portant, toutes ces fois où je l’ai pris en photo, une fois où il m’a serré la main… et un cocktail d’émotions me submerge comme si j’avais perdu un proche parent ou quelqu’un que je connaissais personnellement… 

À un certain moment, je me demande pourquoi je ressens tout ça. Et en demandant à certains de mes amis, ils ressentent un peu la même chose. Ce vide subit dans les cœurs même de ceux qui ne l’ont pas personnellement connu, ou ceux qui lui reprochaient même certaines choses, à quoi est-il dû ? On ne sait pas. Mais un ancien collègue de classe m’a rappelé qu’on allait terminer l’école primaire quand Pierre Nkurunziza a accédé au pouvoir et que maintenant « twahejeje amashuri, twanarongoye ». Il etait là depuis tellement longtemps qu’il nous était familier.

Une chose est sure, durant ces 15 dernières années, il aura marqué l’histoire du Burundi et la vie des Burundais. 
Repose en Paix Monsieur le Président. 

 

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Les commentaires récents (5)

  1. Je suis toujours suis le choc, cetait un parent un proche, quelquun qui jaime tel un parent…. une chose est sure,il restera dans mon coeur. Parmis ceux que je n’oublierai jamais

  2. Mêmes sentiments. Peur, tristesse et une certaine amertume que l’on ait toujours à vivre avec cette mort qui rode. Je vis dans un pays européen depuis 2015, avec à peu près 450-500 personnes dans mon entourage (assez peu comparativement à chez nous), mais je ne crois pas avoir vécu 30 morts en 5 ans. Tandis que depuis Janvier 2020, je connais 50 morts chez nous. Amer, très amer. Merci à l’auteur

    1. Le Président Nkurunziza n’ est pas un homme simple. C’ est un Prophète .Il est né pour cette mission et il l’ a accomplie. Il était de ces hommes qui inspirent a voir et a penser. Il avait une force en lui qui pouvait transformer votre esprit en son esprit et des que vous le rencontrez une fois , vous l’ aimez sur le coup, son esprit vous pénètre et vous commencez a penser comme lui, a voir les choses comme il les voit. Je le dis parce son esprit me hante même a présent. Il est parti oui mais il vit toujours en moi. Il m’ a inspiré , m’ a formé et m’ a ouvert les yeux. C’ est un Véritable Héros. Je crois que je suis devenu fou a cause de sa mort subite car je pense toujours a sa résurrection dans les jours a venir. Je ne suis pas convaincu qu’ il soit mort, je m’ attend a un miracle divin.  » Tu as perdu la tête  » direz- vous. Peut-être .Mais je crois que je rêve plutôt et que quand je vais me réveiller je me sentirai ridicule d’ avoir rêvé a cet événement qui pourrait même me compromettre. De toutes les façons , SE P. Nkurunziza continuera a vivre dans mon coeur , dans les coeurs des Barundi ,et il inspirera des romans et des poèmes au monde entier.