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David Niyukuri : ce jeune burundais derrière la riposte d’Ebola en RDC

Il fait partie d’une équipe d’épidémiologistes qui ont été sollicités pour orienter la riposte face à l’épidémie d’Ebola en RDC. De mathématicien à épidémiologiste, le parcours du jeune David Niyukuri est jalonné de détermination, de recherche et de bonne rencontre qui l’ont mené sur les sentiers de la science.

Les étudiants qu’il a enseignés en polytechnique à l’Université du Burundi, s’accordent tous sur un point : David est un « type intelligent et déterminé ». Selon l’acteur-réalisateur Jean Richard Tuguru, David lui a enseigné le cours d’équations différentielles et garde le souvenir d’un professeur intelligent et courageux, qui motivait ces étudiants. 

Quant à Charles Niyondiko, il se souvient que dans la promotion 2008 en polytechnique, David a été le seul étudiant qui a réussi dans le département de Maths.

La science avant toute chose

Étant membre de l’Infection Control Africa Network (ICAN), David fut sollicité pour intervenir dans la riposte de la maladie à virus Ebola en RDC. Entre avril et mai 2019, il travailla sans relâche dans une équipe dont le rôle était d’orienter les activités de réponse sur la base des données du terrain. Il a effectué diverses analyses, et a travaillé aux côtés de spécialistes comme la London School of Hygiene and Tropical Medicine, le Center for Disease Control and Prevention aux États-Unis et le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

Aîné d’une fratrie de deux enfants, sa curiosité en sciences le poussa en 2004, à faire la section scientifique au lycée Sainte Famille de Kinama, au lieu de joindre la section Économique qu’on lui avait donné au lycée du Lac Tanganyika. Déterminé et jugeant imparfaite la qualité de son enseignement, il avait transformé sa petite chambre en bibliothèque et il allait demander des livres à la bibliothèque de l’école pour pouvoir s’instruire et hausser mon niveau, confie-t-il.

La genèse

Le scientifique affirme qu’à l’origine de son succès, se trouve les relations avec les gens, sa curiosité ainsi que son sens d’auto-organisation. En 2008, il s’inscrit en polytechnique, à l’Université du Burundi. Son rêve était de faire la physique, pour avoir accès à la physique médicale au troisième cycle. Malheureusement, il fut orienté en Maths et est recruté comme assistant dans la faculté des sciences après son mémoire. 

N’ayant pas lâché son rêve de physique médicale, il chercha comment faire un master en bio-maths, afin de capitaliser ses connaissances pour le domaine médical. Le manque d’experts dans ce domaine l’a poussé à chercher de l’aide. « J’ai pu avoir deux anciens polytechniciens de la diaspora, Xavier et Libérat, qui m’ont introduit dans un réseau d’experts internationaux », explique David, avant de renchérir qu’il a une dette morale de servir et d’aider les autres.

Cela lui a permis de rejoindre l’Institut Africain des Sciences Mathématiques En Afrique du Sud. Il travailla sur des problèmes d’épidémiologie du VIH/SIDA, et en 2015, il reçut une bourse dénommé NRF-TWAS African Renaissance Doctoral Fellowship pour son PhD dans la faculté de médecine de l’Université de Stellenbosch en épidémiologie. Il consacra ses recherches sur les réseaux de transmission du VIH, grâce à l’analyse phylogénétique du virus et des comportements des individus.

Le futur se trouve dans nos mains

Citant Roosevelt « do whatever you can,wherever you are, with whatever you have », et se souvenant d’une parole de Peter Agre, lauréat Nobel de Chimie, « le futur de l’Afrique se trouve dans vos mains », David conseille aux jeunes burundais d’oser lever le pied en entreprenant, c’est là où ils finiront par marcher. 

Pour lui, chaque jeune doit savoir ce qu’il veut devenir, et s’orienter vers cette perspective. « N’accepte pas la pression du groupe si tu as déjà identifié ce que tu veux, entoure-toi des bons amis qui t’aideront à penser au-delà de tes horizons ». Aux dirigeants, il n’a qu’un rêve : voir intégrer les scientifiques dans le pipeline de la prise de décisions.

Cet article fait partie d’un dossier pensé et rédigé par les blogueurs de Yaga pour mettre en lumière les 25 jeunes burundais qui se sont démarqués pendant l’année 2019, dans différents domaines de la vie sociale.

 

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