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Travail et ivresse : un cocktail explosif

Pourquoi déconseille-t-on aux travailleurs de boire de l’alcool durant les heures de service ? Évidemment parce que cela nuit à la productivité et peut parfois causer des dégâts matériels considérables. Pourtant, certains individus ne le voient pas de cet œil. Je l’ai appris à mes dépens lorsque j’ai engagé, sans le savoir, un homme alcoolique pour effectuer des travaux d’entretien chez moi. Témoignage. 

Je m’appelle K.G, j’habite à Ngagara. Un beau matin, mon père m’envoie chercher un ouvrier pour réaliser quelques travaux d’entretien dans la maison familiale. La tâche est simple : colmater des fissures. Il ne me faut donc qu’un seul homme, un maçon de préférence.

Dans ce beau quartier qu’est Ngagara, près du marché, il existe un endroit bien connu où l’on trouve facilement un homme à tout faire à un prix abordable. Je m’y rends sans tarder. Arrivé sur place, j’identifie rapidement un homme d’allure plus âgée que les autres, qui semble à la fois robuste et expérimenté. 

Un choix mal inspiré

Privilégiant l’expérience à la jeunesse, je le choisis, confiant. J’étais loin d’imaginer que c’était le pire choix que je venais de faire. À peine a-t-il posé son matériel que les ennuis commencent. Il prétend avoir oublié un outil qu’il doit « absolument » aller chercher, mais c’est en réalité un prétexte pour aller boire un verre. Comment le sais-je ? Trente minutes et quelques soupirs plus tard, il revient avec un large sourire… et une haleine insupportable. Malgré son air quelque peu titubant, je ne dis rien, espérant qu’il se ressaisisse. Il se remet au travail… enfin, presque. Plus les heures passent, plus ses jambes chancellent et ses mains tremblent. Non pas de fatigue, mais à cause de ses innombrables « pauses-rafraîchissement » au bar du coin.

Face à ces allers-retours incessants, mon père finit par émettre des doutes sur la fiabilité de cet ouvrier. Ne voulant pas reconnaître mon erreur, je fais la sourde oreille, prétextant que seul le résultat compte. L’homme achève finalement son travail tard dans la soirée. Vient alors le moment fatidique de la vérification. Et là, c’est la catastrophe : il a fragilisé encore davantage la structure qu’il devait réparer, la condamnant à de futures réparations. Furieux, je suggère à mon père de lui retirer une partie de sa rémunération. Il refuse catégoriquement, me rappelant qu’il m’avait prévenu. Comme punition, il décrète que les réparations à venir seront à ma charge. Honteux de ne pas avoir reconnu mon erreur plus tôt, je ne proteste pas.

Des conséquences qui peuvent être graves

Cette mésaventure m’a fait réfléchir. Et si cela avait été un chantier d’envergure dans une entreprise ? Si un employé, sous l’emprise de l’alcool, avait causé des dégâts majeurs, il aurait sans doute fait face à un licenciement, voire à des poursuites judiciaires. Ici on passe sous silence les employés de bureau qui passent la nuit, accoudés au bar à boire comme des éponges. Le matin, ils passent à la maison en coup de vent, juste pour prendre une douche et aller travailler, avec les conséquences que vous pouvez imaginer en ce qui concerne la qualité de leur travail et les risques auxquels ils exposent les boîtes qui les emploient.

Il y a une double leçon à tirer : même si l’on est amateur de boissons alcoolisées, il faut faire preuve d’éthique et de professionnalisme en évitant de boire pendant les heures de travail. Et, puisque l’on ne peut pas toujours compter sur la bonne volonté de chacun, les employeurs devraient redoubler de vigilance et repérer ceux qui ont cette fâcheuse habitude de lever le coude au mauvais moment. Mieux vaut prévenir que guérir.

 

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