article comment count is: 0

Shabir Cubahiro a.k.a Kaboss4Real: quand la constance forge la réussite

Dans un monde médiatique dominé par l’instantanéité et les succès éphémères, Shabir Cubahiro, alias Kaboss For Real, se distingue par sa discipline, sa régularité et sa vision à long terme. Du garage paternel de Jabe aux studios des grandes chaînes YouTube burundaises, il a transformé un rejet familial en moteur de réussite, s’imposant comme journaliste, créateur de concepts et influenceur respecté, déterminé à valoriser les talents et histoires du pays profond.

 Né et grandi à Jabe, Shabir est le benjamin d’une famille de cinq enfants. Dans ce quartier populaire de Bujumbura, son nom résonne bien avant sa notoriété digitale. On le connaît comme le fils d’un grand mécanicien, une figure respectée, presque mythique. Chez les Cubahiro, la mécanique n’est pas un simple métier : c’est un héritage, une transmission sacrée, une voie toute tracée.

L’héritage mécanique et la passion contrariée

Dès la cinquième année primaire, pendant les vacances scolaires, Shabir passe ses journées dans les garages aux côtés de son père. Le bruit des moteurs, les mains tachées d’huile, l’odeur du fer chaud façonnent son quotidien. Tout semble écrit d’avance.

Mais tandis que ses mains apprennent la mécanique, son esprit rêve ailleurs. Devant les émissions tanzaniennes, il développe une sensibilité particulière pour la narration, l’interview et la mise en scène. Le journalisme l’attire. Il s’y lance d’abord comme un moyen de gagner de l’argent, presque par hasard. Très vite cependant, il comprend une chose essentielle : ce travail lui va comme un gant. « C’était facile pour moi », confie Kaboss. Cette facilité devient une conviction. Et cette conviction, un choix.

Le rejet familial, l’épreuve fondatrice

Refuser la mécanique, c’était refuser l’héritage familial. Son père s’y oppose fermement. Le conflit est brutal. Shabir est chassé de la maison. Il ira vivre dans une autre famille, traversant l’un des épisodes les plus douloureux de sa vie. Mais au lieu de céder, il s’accroche. « Je croyais en mon potentiel. Je voulais leur prouver que ce travail peut changer ma vie, à condition d’être discipliné, régulier et bien éduqué. » Ce rejet devient alors un carburant. Là où beaucoup auraient abandonné, Kaboss forge son mental. Il comprend que le talent seul ne suffit pas, que la constance est une arme.

L’apprentissage et la construction de l’identité

En 2020, Shabir rejoint Siren Vibes, l’une des chaînes YouTube les plus suivies du pays. Pendant un an et demi, il affine sa voix, son micro, son approche. Il apprend le rythme, la patience et l’exigence. Puis vient le Magazine Jimbere, une étape décisive. C’est là qu’il s’impose comme créateur de concepts. Il fonde HangOut, consistant à faire des interviews avec des stars et des personnalités, puis Take Me Back, une émission nostalgique qui réunit des artistes old school autour de leurs classiques et de leurs histoires, et enfin, Have a Seat, dédiée aux true stories, ces récits de vie bruts, courageux et profondément humains. Kaboss ne se contente plus d’interviewer. Il raconte, il structure, il valorise.

House of Influencers : la maturité

Son passage à House of Influencers, aux côtés de figures comme Monna Walda, Drama T ou Mélanin Boy, marque un tournant. Plus qu’un programme, c’est une immersion humaine et créative. « Nos artistes ont énormément d’idées, mais manquent d’opportunités pour les partager », observe-t-il. Il y apprend surtout une règle fondamentale : l’éthique médiatique. Pour Kaboss, attirer l’audience ne doit jamais se faire au détriment de l’image des artistes. Un bon caption peut être réel, drôle et puissant sans salir.

Un regard tourné vers l’avenir et le pays profond

Aujourd’hui, Shabir Cubahiro voit le journalisme digital comme un terrain d’innovation permanente. Il critique le confort excessif qui consiste à rester cantonné à Bujumbura, rappelant que l’intérieur du pays regorge de lieux, de talents et d’histoires extraordinaires. « Nous sommes des ambassadeurs. Nous avons le pouvoir d’attirer le monde vers notre pays. », résume Kaboss. Il n’est pas seulement un influenceur. Il est la preuve vivante sans la discipline, le talent ne sert à rien. L’autre élement clé de sa réussite est régularité portée par une vision claire. C’est tous ces ingrédients qui peuvent transformer un rejet en succès, un rêve en réussite durable.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion