Depuis quelques années, une saison sinistre hante les téléphones burundais. Une saison sans acteurs volontaires, sans consentement, sans dignité. Des vidéos d’intimité volée circulent comme des rumeurs en haute définition, transformant des jeunes femmes en cibles publiques, malgré elles.
À Bujumbura, il existe des tendances qui devraient nous mettre à genoux. Pas de honte superficielle, non : un malaise qui griffe la gorge. Parce que chez nous, le corps des filles est devenu une marchandise illégale, consommée à coups de partages compulsifs, d’audios chuchotés, de captures d’écran nocturnes.
Et si vous vivez au Burundi, vous l’avez déjà remarqué : à chaque fois qu’une vidéo sort, une autre suit. Puis une autre. Puis encore une autre. On dirait une série à épisodes. Une saison sans fin.
Ces vidéos ne viennent pas de hackers. Elles viennent de moments privés souvent filmés par les filles elles-mêmes, dans un geste de confiance, de désir, de liberté. Ce n’est pas une « tendance ». Ce n’est pas un « buzz ». C’est une violence. Une violence numérique, psychologique, sociale. C’est ce qu’on appelle clairement : la diffusion non consentie de contenus intimes.
Une société qui consomme la douleur
Le plus effrayant dans cette histoire, ce ne sont pas seulement ceux qui partagent. Ce sont aussi ceux qui regardent, qui en redemandent, qui envoient à leurs amis avec un « Iya nyuma, regarde celle-ci ! ».
Et c’est ici qu’il faut être honnête : oui, les jeunes filles doivent se protéger, apprendre à ne jamais envoyer une vidéo intime, comprendre les risques, se garder et se préserver.
La vraie question n’est pas : « Pourquoi elle s’est filmée ? » La vraie question est : « Pourquoi quelqu’un a-t-il choisi de la trahir ? » Cette tendance n’existe pas parce que les filles se filment. Elle existe parce que quelqu’un diffuse et parce que quelqu’un partage.
Et si on changeait les cartes ?
Imaginez une seconde qu’on filme votre corps à votre insu. Imaginez que ce corps fasse le tour de la ville. Imaginez que des inconnus zooment sur vous comme si vous n’étiez plus humain.e.
Seriez-vous prêt à subir le jugement que vous jetez sur ces filles ? L’intimité efface les masques. Elle rappelle que personne n’est à l’abri. Elle rend tout le monde vulnérable même ceux qui rient aujourd’hui.
La diffusion non consentie de contenus intimes, ce n’est pas juste un fichier qui circule. C’est une violence psychologique, une violence sociale, une violence qui détruit en silence.
Les filles qui apparaissent dans ces vidéos perdent plus qu’un moment de vie privée. Elles perdent leur tranquillité et leur sécurité. Oui, les filles doivent se protéger. Mais cette protection ne doit jamais devenir une excuse pour déresponsabiliser ceux qui trahissent.
Les 16 jours d’activisme, c’est aussi ça
On parle de violences faites aux femmes. On parle de coups, de blessures visibles. Mais les violences en ligne sont tout aussi réelles, tout aussi dangereuses, tout aussi destructrices. Et c’est pour cela qu’en attendant que la société change, en attendant que les bourreaux soient punis, en attendant que le silence cesse d’être une arme…nous devons nous protéger

Ntakosa ryuwatanze cnk uwahanahanye ubusa bwuwundi muntu kuko video yurukoza soni iyo isohotse bifatwa nka pron muzind guhana hana pron si bibi tubifitiye uburenganzira abakwiye guhanwa nabafata video kunguvu bakazitanga kubandi naho
Abazifashe bakaziha abo bakundana ngo nukubagirira icizero nuguhangan ningaruka ntibikwiye ko babaronder kukwo guhemukira umuntu muvyurukundo ndakeka ko let ataco ibivugako nugihe ataw wakomereje
Wewe iyo ufashe video ubushaka bayobone ntibarenganye abantu
Nizer k mwiyumvir namw kumbur muratahur ico navuze is commntr
vraie question n’est pas : « Pourquoi elle s’est filmée ? » La vraie question est : « Pourquoi quelqu’un a-t-il choisi de la trahir ? »
C’est ceci qui constitue ne nœud du problème. Au lieu de s’attaquer à la racine de cette violence, on veut lutter contre les conséquences.
Qui a ensorcelé les filles de cette génération? Qui leur a dit que dans leurs relations avec les mecs il y a une valeur ajoutée à se filmer et à leur partager des vidéos qui montrent leur nudité? Manquer à la pudeur c’est porter attentat contre soi-même, c’est se faire humilier, c’est vendre sa dignité.
Le problème, c’est celui qui partage. Oui. Mais le premier à partager c’est celle-là même qui finit par le regretter et crie non à la violence numérique.
Je ne soutiens pas du tout les personnes qui mettent en danger la vie de ces jeunes filles sachant que les conséquences de leur acte sont fatales pour la famille humaine. Mais les premiers acteurs dans ce combat, ce sont les femmes qui doivent mettre fin à la naïveté