article comment count is: 0

Une fille qui viole une autre fille ! Lina l’a découvert à ses dépens

Parce que beaucoup de filles ne se sentent pas concernées par les violences sexuelles entre femmes, parce que la société invisibilise cette réalité, certaines agressions restent silencieuses, non reconnues, et jamais dénoncées. Ce témoignage vrai et dur à lire montre que les violences basées sur le genre peuvent survenir partout, même entre filles, même dans un lieu comme un lycée.  Cette blogueuse nous rappelle que chaque fille mérite de se sentir en sécurité, de connaître ses droits et de savoir que dire non est toujours légitime, peu importe la situation.

J’ai rencontré Lina en 2025, lors d’un atelier artistique. Nous avons vite sympathisé. Un jour, pendant la pause-déjeuner, on faisait la queue à la cantine, entre rires et discussions avec d’autres copines. Soudain, Samia, l’une d’entre elles, tape Lina sur les fesses en rigolant. Geste banal pour certains, « blague » pour d’autres. Mais Lina ne rit pas. Son visage se ferme. Elle se retourne brusquement, furieuse :

– T’as pas à me toucher comme ça ! Je ne suis pas ton jouet.

La pièce se fige. Samia rit, un peu gênée, pensant que Lina plaisante. Mais non. Sa réaction cache bien plus qu’un simple malaise.

« Les filles aussi peuvent faire du mal »

Plus tard, seules, je lui demande pourquoi elle a réagi aussi fort. Elle me regarde dans les yeux, et d’un air sérieux : « Les gens croient que les filles sont inoffensives. Mais parfois, elles sont plus dangereuses que les mecs. Il ne faut jamais se laisser faire. » Je reste silencieuse. Elle continue, tout doucement, comme si elle portait un fardeau depuis des années.

« J’ai longtemps gardé ma virginité. Je voulais attendre. Être prête. Mais celle qui me l’a prise, c’est une fille. Une fille comme moi. Je sais que tu ne me crois pas. »

Le couloir est silencieux. Lina parle d’une voix calme, presque détachée, mais on sent la douleur sous ses mots. Ce n’était pas une expérience confuse. Ce n’était pas un jeu. C’était une agression. Et c’est là que tout s’éclaire : sa colère, sa méfiance, ses silences.

Le jour où tout a basculé

C’était en octobre 2020. Elle venait juste d’intégrer l’internat. Ce jour-là, il faisait froid, elle était malade. Pendant que tout le monde partait en sortie scolaire, elle a décidé de rester au dortoir pour se reposer. Elle pensait être seule. Mais une autre fille, Laura, était restée aussi. Elle est venue lui parler. On a discuté. Elle lui a proposé de regarder un film sur son téléphone. Elle a accepté. Elles s’installent sur le lit de Lina. Tout semble normal. Jusqu’à ce qu’une scène de sexe apparaisse à l’écran. C’est là que tout a commencé. Elle se rappelle : « Elle a commencé à me toucher, m’a demandé si je l’avais déjà fait. J’ai dit non. Elle m’a répondu : Je vais te le faire. J’ai dit non ». Mais elle l’a fait quand même. Pourtant, le refus était clair.  Lina se rappelle chaque geste. Elle n’a pas crié. Elle n’a pas bougé. Elle était paralysée. « Je me disais que c’était une fille, qu’elle voulait peut-être juste plaisanter. Mais ses gestes touchaient mes parties intimes. J’avais dit non. Mais elle m’a quand même déflorée ».

Elle ne comprenait pas. Elle doutait. Elle culpabilisait.

« Comme je n’avais jamais expérimenté ce genre de choses, je me suis laissé faire… Le doute, la confusion, la sensibilité… Et voilà. Elle m’a pris ce que j’avais décidé de garder : ma virginité. Je n’en revenais pas, mais elle m’avait bel et bien déviergée ».

Pendant longtemps, Lina ne savait pas comment nommer ce qu’elle avait vécu. Elle se souvenait des gestes, du malaise, de son corps figé. Elle savait qu’elle n’était pas d’accord. Elle avait dit non. Mais l’autre fille avait insisté, ignorant ses mots, elle a franchi toutes les limites.

Un mot découvert bien trop tard : viol

Ce n’est que plusieurs mois plus tard que Lina tombe sur un article en ligne. Le témoignage d’une autre fille, victime elle aussi d’une situation identique. Même manipulation. « Même manière de me faire croire que j’exagérais. Et là, j’ai compris. J’ai su que j’avais été violée ». La réaction a été de se taire pour se protéger. Lina n’en parle pas à ses parents. Pas à l’école. Pas à la police.

« J’ai eu peur qu’on me dise : mais c’est une fille, ce n’est pas pareil », susurre-t-elle, le regard perdu.  

Elle préfère le silence. Elle n’en parle qu’à très peu de personnes. Pas parce qu’elle est faible, mais parce qu’elle se protège. « J’ai déjà été agressée une fois. Je n’ai pas envie de l’être une deuxième fois par les jugements. », prononce-t-elle, ravisée. 

Pourquoi parle-t-elle aujourd’hui ? 

Lina n’a jamais voulu être une « victime ». Mais elle veut que son histoire serve à quelque chose. Que d’autres filles comprennent que le consentement n’a rien à voir avec le genre. Une agression reste une agression, peu importe qui la commet. Dire non est toujours légitime. Et personne ne peut te forcer, jamais !

 Ce témoignage est un appel à la vigilance et à la prévention. L’histoire de Lina nous montre qu’il est urgent de parler de toutes les formes de violences basées sur le genre, y compris celles qui restent dans l’ombre.

La résistance, par tous les moyens !

Fille, écoute-moi,

Si tu sens que quelqu’un te pousse à faire un truc que tu ne veux pas…
Dis non. Et si « non » ne suffit pas, ne te tais pas.
Accompagne ton non
De ton regard, de ta voix, de ton cri s’il le faut
De ta défense
De ton courage
De ta menace même
Parce que parfois, la douceur ne protège pas.

Et surtout : ne doute pas.

Ne laisse personne te dire que « ce n’est pas grave ».
Ne laisse personne minimiser ce que tu ressens.
Ne te laisse surtout pas faire sous prétexte que c’est « juste une fille ».
Un violeur n’a pas de genre.
Une agression, ce n’est pas une question de force,
C’est une question de non-respect.
Et le respect, tu le mérites.
Peu importe qui tu es, ou ce que tu portes

Ce n’est plus un sujet tabou
Si tu as vécu quelque chose comme ça,
Ce n’est pas de ta faute.
Même si tu n’as pas crié.
Même si tu n’as pas fui.
Même si c’était flou dans ta tête.

Tu as le droit de poser des mots.
Tu as le droit de dire non, encore.
Et tu as le droit d’être crue
Confie-toi à une personne fiable
Dépose ton fardeau,
Va voir un psy, il le faut

Tu veux protéger les autres ?

Alors dis-le
Partage
Parle
Parce que ce silence, il est lourd à porter
Et ta voix peut réveiller d’autres filles
Celles qui doutent encore
Celles qui n’ont pas su crier
Celles qui croyaient que c’était de leur faute
Alors qu’elles ont simplement survécu

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion