article comment count is: 0

NeXstar 2026 : un rêve, une scène et un roi au sommet

Le terrain du Département des sports de Bujumbura s’est transformé en melting-pot de talents qui se sont battus dans un battle sans merci. Devant une foule survoltée, G Floks a remporté la première haut la main de cette compétition née de la fusion de #YaNgabire et Nanje Ndaririmba, devant Double D, Ka Kelly et Zen Marry. Reportage.

Les mix de DJ Philbyte faisaient déjà vibrer le terrain du Département des sports de Bujumbura lorsque les premiers spectateurs sont arrivés. Dès 14 heures, jeunes, artistes, influenceurs et médias avaient commencé à affluer vers les turbines décorées aux couleurs de NeXstar. Vers 18 heures, les douze finalistes sont montés sur scène pour défendre leur place devant public réceptif et un jury composé de Drama T, Ester Nish, Mona Walda, DJ Fernando et Ka Da Great.

Organisée par Yaga et Isanamu Media, NeXstar n’est pas seulement une compétition de chant, c’est un tremplin pour les vedettes de la musique burundaise de demain. Plus de 600 candidatures avaient été enregistrées au départ. Après les sélections, les quarts et les demi-finales, douze artistes ont atteint la grande finale : Double D, G Floks, Zen Mary, Rex soul, Ka Kelly, Sammy Melody, Olivier Nyishu, Just Gordon, GIP, Tess Dara, Minister Kevin et Chan Maintheme.

Une scène, un objectif mais des styles de tous horizons

Le rendez-vous s’est voulu direct, la musique a pris le dessus, sous l’animation du MC Kaboss For Real. Une scène illuminée des milles feux, l’identité visuelle de NeXstar était comme une invitation pour tout donner pour les candidats. Les prestations, c’était un vrai melting-pot, avec un mélange de rap, de musique traditionnelle, de reggae, de RnB, de gospel, etc.

Dans la cour bondée, les téléphones étaient levés. Les cris, les applaudissements, les danses et les encouragements accompagnaient chaque passage. La prestation des finalistes a été l’un des moments les plus marquants de la soirée, tant par la diversité des univers musicaux et les talents que par l’énergie dégagée sur scène.

Chaque artiste devait faire plus que chanter juste, le jury a évalué les candidats selon plusieurs critères notamment la technique vocale, l’originalité, la diction et l’articulation, l’interprétation et les émotions, ainsi que la présence scénique.

Sammy Melody, l’un des douze finalistes, dit avoir commencé à se préparer dès qu’il a vu l’appel à candidatures. « J’ai vraiment eu le temps de me préparer et j’ai toujours eu confiance en moi », explique-t-il. Pour lui, cette expérience a aussi été une école d’humilité. « J’ai appris à ne pas prendre les choses à la légère et à ne pas me penser au-dessus des autres, parce qu’il y avait d’autres talents qui m’ont challengé. »

Un concours, mais aussi un apprentissage

DJ Fernando, membre du jury, a rappelé que la présence en finale constituait déjà une reconnaissance. « Tout le monde avait vraiment du talent. On avait plus de 600 candidatures au début, donc pouvoir rester parmi les 12 finalistes était déjà un signe d’un potentiel certain », a-t-il déclaré.

Mona Walda a résumé la mission du jury : « We were looking for the NeXtstar. » Elle a également rappelé que, malgré le niveau des candidats, les douze finalistes ne pouvaient pas tous remporter un prix. Présent dans le public, Paisible Cimana, du groupe Abadasigana, ancien champion de #YaNgabire, a salué les efforts des artistes. « Aujourd’hui, en finale, ils ont fait des choses extraordinaires. Comme je l’ai constaté, tout le monde a vraiment donné le meilleur de lui-même », a-t-il affirmé. Son message s’adresse autant aux gagnants qu’aux autres finalistes : « Que ce soit celui qui a gagné ou celui qui n’a pas gagné, ils ont tous besoin d’aller plus loin. Que chacun continue de développer son talent et puisse le rendre productif. »

G Floks, roi de NeXstar

Vers 21 h 30, après plusieurs heures de spectacle et de suspens, les résultats sont tombés. G Floks a remporté la première place de NeXstar 2026 et une récompense de 15 millions de BIF. Double D est arrivé en deuxième position et est rentré avec 10 millions de BIF, suivi de Ka Kelly, troisième avec 5 millions. Zen Mary a été repêchée pour sont potentiel immense et occupe la quatrième place  avec  3 millions de BIF de récompense.

Les gagnants bénéficieront également d’un accompagnement professionnel ainsi que d’opportunités de production et de promotion artistique. Après l’annonce de sa victoire, G Floks a remercié les organisateurs et le public : « Merci à Yaga, merci à Isanamu Media, merci à ma mère et merci à tous mes supporters. »

Sa mère, Marie Rose Nduwimana, a salué une initiative qui donne une visibilité aux jeunes artistes. « C’est une bonne initiative qui met en évidence  de jeunes talents », a-t-elle déclaré, avant de souligner le travail accompli par son fils : « Je l’ai soutenu depuis le début, mais la grande part de la tâche revenait à lui. S’il n’avait pas fourni d’efforts, il n’aurait pas gagné malgré mon soutien. »

Dans le public, un spectateur venu soutenir le vainqueur s’est réjoui : « On a vraiment eu droit à un vrai show. Je suis heureux de voir la victoire de celui que j’étais venu soutenir. Ce que je demande, c’est que cette compétition puisse se pérenniser.»

Tout est parti d’un rêve

Pour Armel Uwikunze, représentant légal de Yaga, NeXstar porte avant tout un nom : « indoto », un rêve. L’idée, explique-t-il, est née lors de House of Influencers de l’année passée. C’est parti  d’une volonté de créer un espace pour l’épanouissement de jeunes artistes qui veulent faire murir leur talent.

« Notre objectif est que chaque artiste qui est arrivé en finale puisse vivre de son art», a-t-il déclaré. Il espère que les gagnants pourront, dans les années à venir, franchir les obstacles socioculturels et les préjugés qui freinent encore certains parcours artistiques.

La soirée s’est achevée avec DJ Philbyte aux platines qui distillait des hits de l’année dans une ambiance bonne enfant. NeXstar a sacré G Floks, mais il a surtout braqué un coup de projecteur sur les virtuoses de la musique burundaise de demain. Pour eux, comme pour les organisateurs, le défi commence maintenant : entretenir la flamme qui éclairera les talents destinés à briller au Burundi et ailleurs.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion