Il est venu de Kamenge, armé de son flow, de sa foi et d’une énergie débordante. Face à plus de 600 candidats, Double D s’est hissé jusqu’à la deuxième place de NeXstar 2026. Retour sur le parcours d’un jeune rappeur qui entend bien faire résonner le Gospel Rap sur les grandes scènes.
Il s’appelle Dushime Didier. Il est de Kamenge. Et il vient de faire vibrer tout un pays. Deuxième de NeXstar face à plus de 600 candidats, Double D impose un Gospel Rap puissant, porté par un live musical et une présence scénique digne d’un roi. Le rap burundais tient peut-être son nouveau porte-étendard.
La scène de la grande finale de neXstar a explosé
En tenue traditionnelle, micro en main et porté par des musiciens en live, Double D a livré une performance qui restera dans les mémoires. Flow tranchant. Présence magnétique. Message percutant. Le public s’est levé. Le jury a validé. Résultat : une deuxième place au classement de NeXstar. Le nouveau visage du rap burundais a désormais un nom. Et il est là.
De Kamenge aux projecteurs de NeXstar
De son vrai nom Dushime Didier, Double D est né à Kamenge, à Bujumbura. C’est dans les quartiers qu’il apprend à écrire et à affûter son style. Il commence à poser ses premiers textes en 2019. Parmi ses inspirations, Fabelove, figure de la scène locale, et Eminem, le monstre américain du verbe. Mais il faut attendre 2022 pour entendre sa première chanson officielle, « Ndashikamye », enregistrée en collaboration avec un autre rappeur. Une entrée discrète, mais déterminée. Le véritable tournant arrive en 2025 avec « Amen ». Un morceau qui claque. Un morceau qui ouvre des portes. « C’est ce titre qui m’a donné la force de m’inscrire à Nanje Ndaririmba, 4e édition », confie-t-il. Puis arrive NeXstar. L’opportunité qu’il ne fallait pas laisser passer.
NeXstar : plus de 600 candidats, une seule volonté
Face à plus de 600 talents venus de tout le Burundi, il fallait plus que du talent. Il fallait de la détermination. Et de la foi. « Quand j’ai vu cette opportunité, je me suis dit : pourquoi ne pas tenter ma chance ? Je connais mon potentiel et, grâce à Dieu, je suis arrivé en finale. Pour 673 candidats, ce n’était pas facile dans tout le pays », raconte Double D, encore marqué par l’intensité de l’aventure.
Le défi était immense : les nuits blanches, l’écriture, les doutes et la pression.
Mais en finale, plus question de douter. Pour la première fois, Double D choisit le live musical. Un pari audacieux pour démontrer que le Gospel Rap peut tenir la grande scène et rivaliser avec n’importe quel autre style musical. « C’était la première fois pour moi que je faisais une performance en live music. C’est une opportunité en or de montrer que le Gospel Rap peut être au sommet et qu’il peut matcher avec la live music », confie-t-il, la voix encore chargée d’émotion.
L’aura d’un vainqueur
Tenue traditionnelle. Regard droit. Diction précise. Dès que Double D monte sur scène, quelque chose se passe. L’aura. L’énergie. La maîtrise. Le rappeur donne corps à l’image du vainqueur qu’il revendique. Le public acclame. La salle vibre. Et le verdict tombe : Double D termine deuxième de NeXstar 2026. « Je suis tellement heureux. C’est le fruit de tous les efforts, des nuits sans dormir à écrire pour ce moment. Et je remercie beaucoup Yaga et Isanamu Media pour cette initiative », dit-il, visiblement ému.
Et maintenant ?
Double D ne compte pas s’arrêter là. Pour lui, NeXstar doit devenir une véritable institution. « J’espère que NeXstar ne va pas s’arrêter ici, qu’il va continuer dans les années à venir parce que c’est une belle occasion pour tous les jeunes artistes de montrer leur potentiel », martèle Dushime Didier. Le message est clair : une nouvelle génération arrive. Elle rappe en kirundi. Elle rappe pour Dieu. Elle rappe en live. Et surtout, elle n’a pas peur de prendre sa place.
Le rap burundais cherche depuis longtemps de nouveaux visages. Il vient peut-être d’en trouver un à Kamenge. La question, désormais, n’est plus de savoir si Double D va percer. La question est de savoir jusqu’où il ira porter le drapeau du rap burundais.
