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« RED-Tabara est un groupe formé, hébergé et financé par le Rwanda »

Dans un entretien diffusé début août 2026 par BBC News Gahuza, le président de la République, Évariste Ndayishimiye, s’est exprimé sur RED-Tabara, un groupe armé burundais basé dans l’est de la République démocratique du Congo. Il a déclaré que la « Résistance pour un État de droit au Burundi » était « formée, soutenue et financée par le Rwanda ». Cette affirmation reprend la position défendue depuis plusieurs années par le gouvernement burundais.

Les premières traces d’un mouvement portant le nom de RED-Tabara remontent à 2011. Le groupe sous sa forme actuelle s’est toutefois structuré après la crise politique et la tentative de coup d’État de 2015. Il mène principalement ses activités depuis le Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Le gouvernement burundais qualifie RED-Tabara de « groupe terroriste ».

Le 18 septembre 2021, RED-Tabara a revendiqué des tirs de mortier contre l’aéroport international de Bujumbura. L’attaque n’a fait aucune victime.

RED-Tabara a revendiqué l’opération, affirmant avoir attaqué le poste frontalier de Vugizo et tué neuf militaires et un policier. Le mouvement a nié avoir pris des civils pour cible.

Le 25 février 2024, une autre attaque a été menée à Buringa, dans la commune de Gihanga. Le bilan officiel fait état de neuf morts, dont six femmes et un militaire, ainsi que de cinq blessés. RED-Tabara de son côté a déclaré avoir attaqué deux positions militaires et tué six soldats.

Le Rwanda mis en cause par le gouvernement burundais

Après l’attaque de Vugizo, le Président Évariste Ndayishimiye a déclaré, le 29 décembre 2023, que les membres de RED-Tabara étaient « nourris, logés, hébergés et entretenus en termes de logistique et de moyens financiers » par le Rwanda. Il a également accusé Kigali de former le groupe.

Le 11 janvier 2024, le Burundi a fermé ses frontières terrestres avec le Rwanda. En annonçant cette mesure, le ministre de l’Intérieur, Martin Niteretse, a déclaré que Kigali hébergeait des personnes qui déstabilisaient le Burundi.

En avril 2024, le ministère burundais des Affaires étrangères a réaffirmé que Kigali hébergeait des responsables de la tentative de coup d’État de 2015 et soutenait RED-Tabara. Il a associé le mouvement aux attaques de Kabarore, Ruhagarika, Gatumba et Buringa.

Le Rwanda rejette ces affirmations. Dans une communication publiée le 11 janvier 2024, Kigali a regretté la fermeture « unilatérale » de la frontière et nié soutenir un groupe armé burundais.

Le 30 juillet 2021, le Rwanda avait remis au Burundi 19 hommes qui s’étaient présentés comme des combattants de RED-Tabara. Ils avaient été arrêtés après avoir franchi la frontière rwandaise en septembre 2020. Leur remise avait été facilitée par le Mécanisme conjoint de vérification élargi.

Un soutien rwandais documenté par les experts de l’ONU

Dans son rapport S/2024/432 publié en juin 2024, le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC indique que le Rwanda a « renouvelé son soutien » à RED-Tabara. Les experts font état de recrutements et de formations de combattants, tout en rappelant que des soutiens avaient déjà été documentés en 2015 et 2016.

Dans son rapport S/2026/466 du 11 juin 2026, le Groupe d’experts évoque des liens anciens entre RED-Tabara et les forces rwandaises. L’annexe 26 fait état de recrutements menés dans des camps de réfugiés au Rwanda, notamment à Mahama, et de formations organisées dans les installations militaires de Gako, Gashora et Gabiro.

Les experts indiquent également que des combattants de RED-Tabara ont participé, au début de 2026, à des opérations dans le Sud-Kivu aux côtés de l’AFC/M23, de Twirwaneho et des forces rwandaises. RED-Tabara nie tout lien avec l’AFC/M23.

Dans ses conclusions du 20 février 2023 sur une stratégie renouvelée pour les Grands Lacs, l’Union européenne cite RED-Tabara parmi les groupes armés opérant en RDC dont elle condamne les attaques. Elle demande à ces groupes de cesser les hostilités, de se retirer des zones sous leur contrôle et de déposer les armes.

Le 31 juillet 2026, la police burundaise a présenté à la presse un homme identifié comme Clovis Ndayizeye, qu’elle décrit comme un ancien combattant de RED-Tabara. Celui-ci a déclaré avoir vécu dans le camp de Mahama, avoir été recruté en juin 2026, puis formé et envoyé dans l’est de la RDC.

Il a affirmé que les recrues étaient entraînées par des militaires rwandais et d’anciens militaires burundais ayant quitté le pays après la tentative de coup d’État de 2015.

Une vidéo relance l’attention autour du mouvement

RED-Tabara est revenu au centre des discussions au début du mois d’août 2026, après la diffusion d’une vidéo de la burundo-canadienne Pamela Kazekare affirmant avoir abandonné son emploi au Canada pour rejoindre le mouvement.

Dans une publication sur X, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, l’a présentée comme une « Canadienne combattante » de RED-Tabara. Il a déclaré que « certains pays encouragent le désordre et les divisions au Burundi et dans la région » et annoncé que son ministère suivait les diplomates qu’il soupçonnait d’être impliqués dans des « actes hostiles ».

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