Se lancer dans la faculté de médecine au Burundi ne va plus seulement exiger une très bonne note au concours d’admission à cette faculté. Il faudra aussi une répartition par quotas provinciaux des candidats pour être admis. Une mesure comparable à une équation à plusieurs inconnues. Analyse.
La recommandation émane du Conseil des ministres du 21 février 2024. À l’origine de cette recommandation, un manque d’équité entre les étudiants candidats médecins ressortissants des différentes provinces du Burundi. « Il s’observe des disparités entre la mairie de Bujumbura et les autres provinces, et les élèves du milieu rural ont moins de chances que les élèves du milieu urbain d’être dans les facultés de médecine », note le compte-rendu du Conseil des ministres.
Pour mieux comprendre cette disparité, revenons en peu en arrière. Depuis 2014, pour s’adapter aux directives de l’EAC, un concours d’entrée dans la faculté de médecine fut introduit, avec un quota d’effectifs limités à 300 étudiants par an. Les 100 premiers élèves qui ont une note supérieure à ce concours ont accès à l’Université du Burundi pour étudier gratuitement, tandis que les 200 autres sont contraints de se faire inscrire dans le privé, soit à l’Université Espoir d’Afrique ou à l’Université de Ngozi.
Le hic, « par manque de moyens financiers, et au faible engouement des jeunes à cette faculté, ceux orientés dans le privé y renoncent. En 2023, alors que chacune des trois facultés de médecine du pays devrait avoir 100 jeunes étudiants en 1ère année de médecine, l’effectif à l’université du Burundi, de Ngozi et Espoir d’Afrique étaient respectivement de 78, 68 et 27 », confie un cadre du ministère de l’éducation sous anonymat.
Que de questions
La mesure prise au Conseil des ministres était connue pour les institutions académiques policières et militaires, car ces derniers sont des métiers à caractère politique. Quid de la médecine qui est un métier purement technique ? La mesure risque de politiser la médecine. Ou bien, le gouvernement voulait-il épouser l’assertion de ce jeune penseur burundais qui se demandait en 2019 « quand les Burundais comprendront-ils qu’il n’y a pas seulement la médecine pour les élèves les plus brillants en classe ? » Espérons que cette mesure, c’est pour permettre au gouvernement d’orienter ou de chercher des bourses d’études pour les étudiants brillants vers d’autres domaines qui vont faire décoller le pays.
Avec cette mesure, il y a un risque d’enterrer la méritocratie au profit de la médiocrité. Un élève avec plus de points dans une province quelconque intégrera la faculté au détriment de quelqu’un qui a eu une note supérieure à celle de cet élève, sous la seule faute d’être d’une province qui a eu beaucoup d’élèves admis. Est-ce cela la méritocratie tant chantée dans la vision Burundi pays émergeant 2040 Burundi pays développé 2060 ? Je ne crois pas non.
La mesure est là pour corriger l’inégale répartition des médecins sur le territoire national. En 2005 par exemple, sur 180 médecins du système public, 162 (soit 90 %) étaient en poste dans la mairie de Bujumbura qui ne regroupe que 10 % de la population. Un conseiller du gouverneur à Cankuzo nous a confiés que « plus la province a un médecin natif, plus il est facile de le convaincre de venir travailler dans sa province natale, et de le maintenir plus qu’un citadin de la capitale ». Une fausse bonne idée, car le médecin, qu’il soit natif ou pas, ne restera pas à travailler là où il ne peut travailler aisément et vivre décemment. L’histoire de l’exode des médecins en témoigne.
De mon avis, pour une orientation objective dans cette faculté, et permettre d’avoir des futurs médecins compétents qui sont en mesure de permettre au Burundi d’atteindre sa vision Burundi émergeant 2040, Burundi développé 2060, il serait mieux de plaider pour la méritocratie et la culture de l’excellence en revoyant la mesure.

D’une part vous avez raison mais d’autre part vous vous trompez. Car l’intelligence ne se traduit pas seulement par la note obtenue en concours. Là il est à connaître que ceux de l’intérieur sont intelligents à leurs niveaux. Il faut considérer les lieux où ils ont évolué. Si ceux là de la ville que vous louangez sans cesse étaient nés à cendajuru, quelle serait leur scoré. Faustin reka kwigira umuhinga. Tubwizanye ukuri.
faustin reka kutugira ibijuju tugiye kuraba au burundi eleve intelligence sibo biga aho vyari bikenew kobiga wallah ico kintu reta ataruko tuzoguma turi sous developpe ukunyene
Ce qui est indispensable est de tenir compte non seulement sur la meritocratie au niveau des province mais aussi au niveau des sections.Le laureat pedagogique ne peut pas avoir une bonne note que celui de bio-chimie et science de la terre.