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Serbie: un rêve qui coûte cher aux Burundais

Qu’est-ce qui pousse, un étudiant, une tenancière d’un secrétariat public au centre-ville ou encore une commerçante de Jabe à tout plaquer et partir pour Belgrade ? Yaga propose de revenir sur ce phénomène qui a fait des Burundais la 3ème grande communauté de réfugiés en Serbie derrière les Afghans et les Syriens.

Depuis 2018 et l’offensive diplomatique serbe, le Burundi a révoqué la reconnaissance de l’indépendance du Kossovo. En échange, les ressortissants Burundais sont exemptés de visa d’entrée en Serbie. D’où l’engouement de nombreux Burundais pour cette destination. Sauf que tous ne maîtrisent pas les méandres sinueux de l’immigration. C’est dans cette brèche que se sont engouffrés les margoulins de tout acabit, aussi bien du côté burundais que du côté serbe. Ils profitent de l’ignorance des migrants pour leur faire payer des services normalement gratuits. Ils promettent de les guider sur ce qu’il convient désormais d’appeler la route serbe. Réservation d’hôtel, visa, billet d’avion, etc., ils leur font payer tout cela à des prix exorbitants. Il y en a même qui envoient jusqu’à 600 USD parce que l’escroc les a convaincus qu’il doit leur préparer le terrain. Mais quelle préparation ? Quel terrain ?

Pire, il y a des Burundais à qui on envoie de faux-papiers et qui se font refouler à l’aéroport de Belgrade ou d’Istanbul en transit vers l’Eldorado serbe. Or, dans cette histoire, ce sont des familles qui se ruinent en vendant maisons, voitures et autres biens pour envoyer un des leurs dans ce qu’ils considèrent comme la terre promise.

2500 euros pour atteindre la terre promise

Pour certains autres immigrants burundais, la Serbie n’est qu’une étape vers l’espace Schengen. S’il y en a qui préfèrent rester dans les camps de réfugiés en Serbie, d’autres tentent d’atteindre l’Autriche pour un prix de 2 500 euros ou encore l’Italie où il faut quand même débourser 1500 euros. Cet argent, ils le versent aux passeurs qui les guident sur des sentiers dont ils sont les seuls à connaître les risques et les détails.

La semaine dernière, le ministre ayant la coopération dans ses attributions a indiqué que si les Burundais partent voir là où l’herbe est plus verte, c’est bien, parce qu’ils envoient de l’argent au pays pour leurs familles, et il a raison. Mais il y a nécessité de réglementer et d’encadrer tout ça pour que les Burundais ne continuent pas à se faire dépouiller. 

En attendant, Yaga tente, avec ce dossier (à lire en intégralité ici), d’éclairer la lanterne à ceux qui partent ou envisagent de partir. Le message est simple : ne vous faites pas arnaquer. Ne ruinez pas vos familles pour des choses que vous pouvez faire vous-mêmes. Si le visa est gratuit pourquoi payer ? Si vous pouvez réserver un hôtel sur internet à partir de Bujumbura pourquoi envoyer des centaines ou des milliers de dollars à quelqu’un d’autre ? Si vous êtes décidé à partir, faites-le en toute sécurité.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Et ces rumeurs qu’on entend comme quoi les Burundais sont repoussés tout en ayant franchi les frontieres Serbes… Qu’en dites-vous,Yaga??