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La pêche : un secteur en régression

L’or bleu est une source de richesse importante pour de nombreux pays en développement comme le nôtre. Le secteur de la pêche génère des recettes et des devises grâce à l’exportation. Rapporte-t-il assez à notre économie ? Analyse.

Le Burundi dispose d’un important potentiel halieutique. Le lac Tanganyika au sud-ouest, avec une superficie de 2 280 km2, le lac Cohoha et Rweru au nord-est avec 140 km2. Au total la superficie des eaux est de 2 500 km2. Il faut ajouter de nombreux étangs piscicoles éparpillés partout dans le pays sans oublier de petits lacs poissonneux comme Dogodogo de la province de Cibitoke. Cette superficie est suffisante pour que le pays tire profit de ses ressources halieutiques. Mais  qu’en est-il réellement ?  

La taxe sur la vente de poisson va decrescendo

Depuis 2017, le ministre des Finances compte sur la taxe sur le poisson et les redevances de permis de pêche pour financer le Budget de l’Etat. Pour l’exercice budgétaire 2017, ce secteur devait apporter 14,1 milliards de BIF. Pour celui de 2018/2019, les prévisions étaient de 18, 3 milliards  BIF de recettes fiscales. Des chiffres optimistes. Mais malheureusement, les recettes dans ce secteur ont connues une chute vertigineuse. La taxe sur le poisson vendu n’a même pas été prévue par la loi des Finances exercices 2019/2020 et 2020/2021. Ce n’est pas tout. Le nombre de pêcheurs reconnus a fortement chuté car le montant des redevances de permis de pêche prévu dans les lois budgétaires a dégringolé, passant de 18,1 millions BIF en 2017 à 71 462 BIF pour l’exercice 2020/2021, soit une diminution de plus de 99,6%. 

La production a reculé 

En recul depuis quelques années, la production halieutique est dans le creux de la vague. Selon les chiffres fournis par l’Isteebu, les captures chutent d’année en année. Comparée à celle de 2016, la pêche a connu une baisse de 23 % en 2019, passant de 26 mille à moins de 20 mille tonnes de poissons

Au Burundi, la pêche concerne principalement trois espèces : Lates stappersii dénommée Mikeke, Stolothrissa tanganyikae dénommée Ndagala et Lates mariae denommée Sangala. Ces trois principales espèces représentent 85 % des prises annuelles. 

Depuis 1990, on pratiquait trois types de pêche à savoir la pêche artisanale, la pêche coutumière et la pêche industrielle. Pratiquée à plus de 80 %, la pêche artisanale est la plus productive et partant, la plus rentable. Elle rapporte plus de 80% de la production annuelle. La pêche coutumière est moins rentable et donc moins productive. Quant à la pêche industrielle, elle était tenue par des armateurs grecs jusqu’en 2005. Actuellement, elle a été abandonnée au profit des deux premiers.

Les exportations en chute libre

Ces contre-performances se sont répercutées sur l’exportation du poisson. Cette dernière a suivi un rythme décroissant. Entre le volume de poissons exportés en 2015 et celle de 2019, le fossé est abyssal. L’exportation est passée de 348,8 millions de BIF à 3,5 millions de BIF.  

Pourtant, sous d’autres cieux, la pêche constitue une source importante de devise. Dans certains pays, les exportations du poisson représentent entre 20 et 30% de la valeur totale des exportations. 

Plusieurs défis restent à relever

Stratégique pour le développement économique et la lutte contre la pauvreté au Burundi, le secteur de la pêche devrait constituer un pilier pour la croissance économique et l’équilibre de la balance des paiements. Elle pourrait contribuer aussi à la création d’emplois tout en boostant la rentrée des devises par le biais des exportations. Mais les pêcheurs locaux pratiquent encore une pêche artisanale. Ils sont jusqu’à maintenant incapables de former de grandes unités de pêche. 

Parmi d’autres difficultés auxquelles fait face le secteur, il faut noter la cherté des équipements de pêche et du carburant, l’absence d’infrastructures, les techniques de pêche archaïques, sans  oublier le manque de véhicules adéquats pour le transport du poisson.

Il est urgent de soutenir ce secteur porteur de croissance. Les autorités devraient édicter des lois qui garantissent l’exonération des équipements de pêche. Cela permettrait l’augmentation des volumes de poissons pêchés. Pour tirer profit du potentiel halieutique,  l’Etat devrait sans doute encourager la pêche industrielle.

 

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