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Anacardier : un nouveau-né dans la culture industrielle du Burundi

Le Burundi vient de lancer l’anacardier comme nouvelle culture d’exportation. Une culture industrielle recherchée pour ses noix de cajou. Le Burundi mise-t-il sur le bon cheval ? Coup de projecteur.

De la plaine de l’Imbo à Kirundo et Ngozi, en passant par Muyinga, Muramvya, Rutana et Gitega, la course pour la plantation d’anacardier a commencé. La colline Rutegama de la commune Gitega fait partie des pionniers dans la culture de cette plante. Albert Mukorerimana vient de planter 50 plants. « Le prix d’un plant est de 2500 BIF. J’ai décidé de cultiver l’anacardier car il a plus de valeur que le café. C’est peut-être un moyen de préparer mon avenir et celle de ma famille », confie Albert. Pour Médard Ndayikengurukiye, directeur de la promotion des filières agricoles et des produits forestiers non-ligneux au sein du ministère ayant l’agriculture dans ses attributions, l’anacardier permettra d’épauler les traditionnelles plantes d’exportation comme le café, le thé et le coton. C’est bon pour l’amélioration des revenus des ménages. C’est aussi une autre source de devises pour l’Etat. La culture de cette nouvelle plante va aussi générer des emplois pour les jeunes chômeurs.

De l’or en barre

Parlons d’abord de sa valeur. Alors que toutes les exportations du Burundi ont généré 162,9 millions USD en 2015, l’anacardier, à lui seul, a généré 225,5 millions USD de recettes d’exportation au cours de la campagne 2014/2015 pour Tanzanie. Rien qu’en 2019, la production de 265 000 tonnes de noix de cajou de l’anacardier représentait entre 10 et 15 % des recettes en devises de la Tanzanie, et les agriculteurs bénéficiaient de 65 % de la taxe d’exportation. Un exemple pour expliquer que l’anacardier pourrait devenir une bonne source de devises pour le Burundi mais aussi une source de revenus pour ceux qui le cultiveront. Selon un rapport de l’Agriculture Non Status Actors Forum (ANSAF), le secteur de l’anacarde a permis de créer 45 000 emplois en Tanzanie. De quoi atténuer le problème de chômage endémique au Burundi.

Une plante multi usage 

Selon Gilbert Nibitanga, un expert qui a suivi des études relatives à cette plante à l’étranger, l’anacardier est une plante consommable de par ses feuilles qui peuvent servir de légumes. Nibitanga fait aussi savoir que les fruits de l’anacardier sont utilisés dans la fabrication des champagnes tandis que les écorces des graines servent à la fabrication des huiles de frein des véhicules. Il attire les abeilles, ce qui peut booster l’apiculture. Il contient également des substances à partir desquelles on peut fabriquer de la peinture, l’encre, le vernis et les insecticides. Sa couronne à feuillage dense fournit un bon ombrage au cours de la saison sèche et la grande étendue de ses racines secondaires permet de réduire l’érosion des sols. Et c’est sans oublier que ses rameaux et ses feuilles sont une nourriture pour les herbivores.

D’après l’ISABU, l’anacardier est une plante tropicale qui a la particularité de s’adapter facilement aux sols peu fertiles, aux températures élevées d’Imbo ainsi qu’aux basses températures  du Mugamba. Il est aussi adapté au stress hydrique, ce qui en fait un arbre idéal pour les zones semi-arides de Kirundo. Toutefois, pour que l’anacardier apporte plus de revenus, le Burundi devra instaurer/renforcer la politique de valorisation des matières premières agricoles locales, en transformant ces produits avant exportation.

 

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Les commentaires récents (10)

  1. Waouh. Vraiment, l’anacardier, moi qui a vécu en Tanzanie et qui a vu combien c’est une plante qui fait couler de l’argent dans les ménages, vous avez raison c’est de l’or en barre. Yaga, uko buca kw’ariko ndabakunda cane? vraiment murafise ukuntu mutanga amakuru neza kandi usanga benshi batazi.

  2. Les agriculteurs burundais, nous disons « bonjour madame la richesse, au revoir madame la pauvreté ». Un coup de chapeau pour les visionnaires qui ont pensé à nous apporter cette plante.