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Médicaments miracles ou trépas en vente libre ?

Les vendeurs de médicaments miracle se multiplient à Bujumbura. Proposant aux passants des poudres et liquides dont eux seuls connaissent le nom, les consommateurs se questionnent-ils sur les dangers et conséquences ? Les avis divergent.

On les croise souvent dans les rues des quartiers périphériques. Mégaphone dans une main, potions médicinales dans l’autre. Ils s’installent dans les endroits les plus fréquentés. Souvent, les carrefours ou les marchés. 

Ce jour-là, il est 10h. Nous sommes dimanche, dans le coin nord du marché de Kamenge. Sous un ciel ensoleillé, les vendeurs des médicaments à la sauvette écument le marché. Ils citent ce qu’ils peuvent guérir : le mal de dos, les hépatites, les hémorroïdes, les hernies, la frigidité, voire même l’impuissance sexuelle. Avec beaucoup de sérieux, ils haranguent la foule en montrant les photos de patients atteints de maladies graves, qu’ils affirment avoir guéries. Ils assurent réussir là où la médecine classique a échoué. Les gens, un à un s’approchent par curiosité, puis finissent par être intéressés et tombent dans le piège.

Divergence

Un père de famille trouvé sur les lieux, s’indigne et considère ces gens-là comme des vendeurs de la mort. Habitant le quartier Nyabagere, il souffre des reins. Il confie avoir essayé leur produit après que plusieurs traitements classiques se fussent avérés inefficaces. « Au début, j’ai ressenti un véritable soulagement, puis quelques jours après, les douleurs sont revenus, beaucoup plus vives ». Il a alors été obligé de retourner voir son médecin, qui trouva ses reins en piteux états. « Ça ne m’étonne pas, car on a aucune idée de ce que ces gens mettent dans leurs potions et la posologie est extrêmement vague », lui expliquera le médecin.

Tous ne sont pas du même avis. Pour Pascal, habitant le quartier Heha, ces médicaments ont sauvé son couple. « Pendant un certain temps, je ne pouvais plus satisfaire mon épouse au lit parce que je revenais toujours très fatigué du travail. Un jour, ma femme a acheté un aphrodisiaque en poudre ici, et l’a mis dans le repas sans me prévenir. Cela a fait du bien et depuis ce jour, mon couple est épanoui », affirme Pascal.

Attention, danger  !

Le danger est qu’on ne connaît aucune information sur la composition de ces médicaments, la posologie et leurs effets secondaires sur l’organisme humain. Un même médicament est prescrit à tous les maux le monde. Ce qui comporte des risques, car, explique un  médecin, en médecine moderne ou traditionnelle, une même maladie ne peut être soignée de la même manière pour tous les organismes. Cela à cause parfois des allergies, de l’âge, du poids ou de la grossesse.

En plus, cette attirance pour la médecine miracle tient beaucoup à notre culture. Les gens n’aiment pas les traitements classiques, car il faut attendre qu’ils fassent effet. Ils préféreront donc croire à une potion magique, même s’il peut y avoir des conséquences néfastes. Ce n’est même pas une question d’argent puisque la plupart du temps, ces médicaments miracles sont plus chers.

À mon avis, chacun devrait prendre sa santé un peu plus au sérieux. Il est vrai que les plantes soignent, mais cela devrait être pris avec précautions, car pas mal de charlatans vendent des médicaments dans nos rues. Et il faut savoir que ce n’est pas notre santé qui les intéresse avant tout, mais plutôt l’argent.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Pourquoi vouloir acheter de faux médicaments alors que la médecine classique propose des médicaments élaborés et bien analysés dans des laboratoires connus et sécurisés.Le gouvernement Burundais devrait sensibiliser la population sur les effets secondaires néfastes de ces médicaments et faire arrêter ces faux marchands en vue de garantir la sécurité de tout le monde.