Je signe ainsi mon retour avec un sujet qui n’est plus d’actualité mais qui n’a pas du tout épargné nos téléphones et l’électricité de la Regideso durant tout le mois d’août. La célébration de la fin des examens d’Etat par certains élèves avait longtemps retenu notre attention.

Nous voici maintenant à plus de trois semaines depuis de la fin des examens d’Etat et d’une des polémiques qui resteront longtemps, l’une des plus drôles, utiles et inutiles à la fois. Et c’est selon. La polémique aura eu le mérite d’avoir usé les claviers de nos téléphones. C’est sûr que la toile burundaise en portera des séquelles jusque… à la prochaine session des examens d’Etat 2020, si du moins les élections ne nous emmènent pas sur d’autres discussions chaudes.

Des 108 centres de passation de ces examens et des 93.649 candidats, tout ce qui a retenu l’attention de la webosphère burundaise, ce n’était ni les résultats de leurs jeunes frères au concours national du cycle post-fondamental, ni les communiqués de leurs grands frères de l’université du Burundi. Bien que certains aient vu une corrélation. Mais c’était bel et bien la célébration de fin d’examens.

Quelques jeunes se sentant libérés d’un « fardeau » qui les collait à la peau depuis une bonne dizaine d’années ont fêté sa fin. Ils ont ensuite vu des foudres, des torrents, de tsunamis d’indignations déferler sur eux. Le tout couronné par des sanctions. Un dossier qui a fini par atterrir sur la table des « plus grands des Burundais », chez les en haut de haut dans un conseil hautement relevé. De quoi donner aux détracteurs du gouvernement des arguments. Un à zéro !

Je l’ai aussi fait et c’était plaisant

Ces jeunes, je les comprends très bien. J’ai aussi déchiré artistiquement mon uniforme en écrivant les noms de tous mes condisciples et professeurs dessus. Cet uniforme je le garde toujours jalousement depuis maintenant 12 ans. Tout en étant parmi les élèves les plus brillants, de toutes les écoles où je suis passé, cet acte-là était avant tout, un geste équivalant au « devoir accompli » et au « bye bye bleu blanc ». Je suis parvenu à quelque chose, me disais-je.

Si certains sont parvenus à faire un lien entre les récentes mesures du gouvernement et les actes compréhensibles de ces jeunes, ils n’ont pas aussi tort. Quoique cela n’explique pas tout. Ce sentiment de libération de la « dictature » de l’école est aussi à célébrer. Comprenez-les !

L’école a été toujours perçue comme un camp de concentration et aujourd’hui cette idée est encore plus renforcée. N’en déplaise aux puritains qui ont vu en école la seule voie de réussite. Cette voie de réussite est plus que jamais combattue à l’heure actuelle. La réalité est tout autre sur terrain. On ne réussit pas parce qu’on a étudié ou qu’on a eu le mérite. On réussit parce qu’on milite. On réussit parce qu’on applaudit tout acte, même reprochable, de nos chefs. On place des gens qui se foutent complètement du quotidien de la majorité des citoyens à des postes de responsabilités. L’école ne garantit plus rien, du moins pas grand-chose.

Bref, quand on écrit ou déchire, c’est aussi pour dire : « j’ai franchi une étape importante dans ma vie »