Aujourd’hui, les Burundais avaient rendez-vous avec l’histoire. Des hommes, enfants de ce pays, ont décidé d’emmener le peuple à écrire une nouvelle page de son histoire à travers un vote référendaire. Ont-ils voté dans la sérénité ? En attendant les résultats du vote, la majorité silencieuse, non pas celle qui se réclame ainsi sur les réseaux sociaux, pense que l’idéal aurait été celui d’avoir une compétition saine, équitable et paisible. 

Cela fera trois ans que les Burundais sont restés silencieux. Trois ans qu’ils ne parlent plus comme ils le souhaiteraient. Trois ans qu’ils ne savent plus ce que signifie justice ou démocratie. Trois ans déjà qu’ils se demandent s’ils sont toujours des dignes filles et fils de ce beau petit pays. Trois ans qu’ils ont appris à ne plus rêver mais à vivre, comme le disent si bien les Congolais, « au taux du jour ». Toutes ces causes de frustration auraient-elles contribué à l’engouement constaté en ce jour ?

Aujourd’hui, j’estime que l’unité d’un peuple est mise en danger. Sans se focaliser sur les considérations politiques des uns et des autres, ce n’est pas le contenu de la loi qui fait objet du vote et qui régira nos rapports avec l’Etat que je remets en cause mais plutôt le contexte entourant ce vote et les objectifs avoués ou inavoués visés. Il fallait sortir et s’exprimer de la plus belle des manières avec mon bulletin.

Pourquoi j’ai voté « Non »

Un miracle peut se produire, peut-être. Laissez-moi rêver. Même si l’histoire politique nous apprend qu’on n’organise pas les élections pour les perdre et surtout pas en Afrique. Les Congolais ne me diront pas le contraire. Certainement que beaucoup ont pris rendez-vous dans les urnes la peur au ventre. Moi, je l’ai fait sans peur et j’ai voté « Non ». C’était la première fois que je vote et je l’avoue ce n’était pas excitant dans un contexte pareil. Mais j’avais le sentiment du devoir accompli.

Quel qu’en soit l’issue, que les résultats soient connus d’avance ou pas, j’ai exprimé mon désaccord. Je l’ai fait pour que demain je ne me sente pas coupable d’avoir croisé les bras alors que j’avais sur moi la dernière cartouche. Je ne voudrais pas aussi que demain mes enfants m’en veuillent de n’avoir pas pu agir. Je vais peut-être échouer mais ma conscience sait que je n’ai pas approuvé ce texte venu dans un climat malsain qui divise plus qu’il ne rassemble.