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Natacha Ngendabanka, un mème made in Burundi

Elle aura beau avoir commencé la musique il y a longtemps, la chanteuse Natacha n’a vraiment percé qu’en 2018. À ses dépens.

Depuis quelques jours, des vidéos parodiant l’autoproclamée reine de la musique burundaise se partagent allègrement sur internet. À leur origine, la tournée nationale de la chanteuse et sa communication en dehors des canons habituels. Fidèle à elle-même, Natacha nous a gratifié de vidéos les unes plus improbables que les autres, parfois complètement WTF. Internet n’a pas tardé à s’en emparer, nous fournissant par l’occasion le premier mèmeune image, une vidéo ou une phrase que l’on reproduit et détourne à l’infini sur internet- typiquement burundais.

« Nataach’ nooma » est-il assez fort pour concurrencer nos frères rwandais avec leur « odeur ya océan » ? Je veux bien le croire.

Mais qui est cette chanteuse qui à défaut de nous faire danser nous fait rire ?

La namba la bamba, la reine de la musique burundaise, la reine de la scène, autant de surnoms pour qualifier celle qu’on écoute la plupart du temps par curiosité malsaine. Mais la chanteuse est-elle vraiment une caricature comme tout chez elle le laisse supposer ?

Née à Kinama en 1987 (comme moi mais quelques années plus tard), Natacha semble s’être construite par la force de ses poings, ses coups de déhanchés exubérants, sa persévérance (il en faut en tout cas), par son talent (bon, j’exagère, mais je ne voudrais pas qu’on me traite de hater) et beaucoup de chance.

La future « reine » fait très jeune ses armes dans une chorale à Bwiza, puis s’essaye au playback au sein de « Ra Fridays », un des bands de quartiers qui pullulaient au début des années 2000 à Bujumbura. Entre ses débuts et sa première percée, il n’y a rien qui puisse retenir l’attention, à part des karoakés qu’elle aurait animés et que peu d’entre nous se souviennent.

Puis au début des années 2010, Natacha et ses compositions commencent à être très diffusées à la radio. Sans douter de son savoir-faire (lol), on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi une personne au talent aussi approximatif bénéficie d’une aussi grande exposition médiatique, alors que des Burundaises plus douées croupissent toujours dans l’anonymat. Quelques recherches sur la concernée et on a enfin la réponse. Contrairement à ces artistes moins chanceuses, Natacha a fait en 2011 la rencontre d’un mécène assez puissant, qui plus est deviendra son mari. Il (ou son portefeuille) lui ouvre des portes closes jusqu’alors.  Sur cette période, nul besoin de s’éterniser, elle s’est épanchée à cœur joie   ici sous  la plume un peu trop flatteuse  d’un « journaliste » du site Igihe.

En 2014, Natacha gagne le prix de la meilleure chanson tradi-moderne au festival SICA au Bénin, avec Uburundi bwacu. Une composition qui ma foi sort du lot et laisse perplexe les amateurs de la musique burundaise. Mais en se rappelant qu’elle évolue au sein du Club Band (un groupe formé à l’Hôtel Club du lac, propriété de son protecteur) entourée de musiciens accomplis, le mystère s’éclaircit de lui-même. Ce prix sera aussi l’occasion de voir le clip de Uburundi bwacu passer et repasser ad nauseam à la télévision nationale et la télé Rema (une tendance qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui).

En 2015 sort la chanson Amahoro, réunissant Natacha et le gratin de la scène musicale de Bujumbura. Une sorte de consécration pour celle que les artistes auraient eu tendance à traiter avec condescendance. Un festival éponyme verra même le jour sous la houlette du propriétaire de l’hôtel Club du lac et gentil bienfaiteur, avec en tête d’affiche… Natacha.

Un mème malgré elle

L’art de Natacha se situe dans cette zone grise qui laisse perplexe tout mélomane qui se respecte. Sans être quelconque, il est assez déroutant, mais on ne peut pas y rester indifférent  : soit on l’aime (son art, pas Natacha), soit on le déteste (bon, moi je préfère en sourire). Pourtant, dans ce que certains n’hésitent pas à qualifier de désert artistique, les oasis ne manquent pas. Plus haut j’ai cité Uburundi bwacu et Amahoro, mais il ne faut pas oublier la récente collaboration de la chanteuse avec la star ougandaise Sheebah sur Wangu, un tube sur lequel tout Bujumbura s’est déhanché. Pour dire qu’elle sait s’entourer de gens qui comptent (vous répondrez que c’est grâce au portefeuille du parrain et je n’ai pas envie de vous contredire).

Mais ce qui nous préoccupe ici ce n’est pas la fibre artistique de Natacha, mais le personnage Natacha. Les fins analystes nous diront qu’elle se le serait construit parce que c’est dans l’air du temps : faire parler de soi, à tout prix, même à ses dépens. Une star dont on ne parle pas est une star qui n’existe pas. Mais ceux qui ont eu la chance de la côtoyer démentent cette approche : la Natacha qu’on voit sur les vidéos, c’est la vraie Natacha, dans toute son authenticité. Personnellement, je suis convaincu par cette dernière version.

Plus haut j’ai demandé si la chanteuse est réellement la caricature qu’elle semble incarner. Eh bien, ma foi, je pense que oui. Et je l’aime comme elle est. S’il te plaît Natacha, ne change pas et continue à nous inventer des styles, des attitudes et des coiffures extravagants. Sans toi, mon monde serait bien morne. Sinon, comment je m’y prendrais pour faire sourire ma femme quand j’aurais fait une bourde ?

Author

Ras

Critique irrévérencieux, ceux qui s’énervent pour un rien sont priés de passer leur chemin.

8 Replies to “Natacha Ngendabanka, un mème made in Burundi”

    1. Je trouve tout simplement que tu viens de perdre du temps à pondre une critique qui n’en est pas une, mais plutôt un déversement d’une haine ethnique. Vas te trouver des sponsors et sois aussi une star (comme tu dis), sinon, passes ton chemin! Il est malheureux de découvrir des haineux de ton genre. En tous cas, tu ne réussiras pas à détruire Nattacha, ni aucun de ses semblables.

      1. Cher Muzinga, voilà à quoi je ne me serais jamais attendu: haine ethnique. Il ne faut pas voir des fantômes partout; ce blog n’est pas réputé faire dans la dentelle et assume sa totale subjectivité. Jetez un coup d’œil à son intitulé ici. En passant, merci pour le commentaire, je suis peut-être un haineux (pour le talent de Natacha je l’assume complètement), mais en écrivant mon article, j’ignorais totalement son ethnie et cette idée ne m’a guère traversé l’esprit, tout comme je n’y pense jamais dans ma vie de tous les jours (même maintenant tout ce que je sais ce qu’elle est Burundaise, comme moi). Votre réflexion est d’un autre temps et je vous souhaite de guérir.
        Bonne journée

  1. C’est mieux d’être respectueux envers Les autres!! Jalousie, Critique et Haine ne mènent à rien. Découvre ton talent et continue avec ta vie.. ton article=sans valeur ajoutée

    1. Cher Mudagi, je vous l’accorde, la jalousie et la haine ne mènent à rien. Des sentiments qui m’animent parfois, je suis humain, mais pas envers Natacha. Dieu m’en est témoin.
      Par contre la critique est toujours nécessaire. Elle nous pousse à nous surpasser, à donner le meilleur de nous-mêmes, et c’est ce que je souhaite à notre chère artiste. Quant à mon talent, je crois l’avoir découvert, et c’est pourquoi je ne suis pas chanteur. Certain.e.s devraient peut-être prendre exemple sur moi. Amitiés.

  2. Bon, l’article m’a vraiment fait rire 😉 Y a du vrai même si le ton est un peu sec. Content de ne pas être dans la ligne de mire de l’auteur hehehe.
    PS: Chers commentateurs veuillez lire la ligne decrivant l’auteur (si vous vous enervez pour yn rien, passez votre chemin). Et aussi, y a un genre qui s’appelle satire en français. Je dis ça, je dis rien 😉

  3. Ooh ce qui m influence chez Natacha c est la persévérance .mm si elle a son porte feuille .

    Moi je ne vois pas le porte feuille plutôt son travail. Continuer malgré tout. Merci

  4. franchement les gouts et les couleurs ne se discutent pas . ne pas aimer les chansons de Natasha ne veut pas dire qu on est jaloux ou hater etc. Moi je la respecte beaucoup cette dame en tant qu individu et specialement apres avoir lu sa biographie parlant d elle orpheline tres jeune ca m a touche personnellement mais j avoue que ses chansons ne sont pas ma tasse de the ! Je ne sais pas de quelle ethnie est cette dame mais je suis sure que peu importe laquelle au Burundi on a des chanteurs plus talentueux qu elle dans toutes les ethnies confondues car il s agit des ethnies dont vous avez mentionnees ci haut

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