Skip to content

Quand le destin s’en mêle… (3ème partie)

Mais à quoi joue-t-il ?

Cette question, Anna se l’était posée depuis le début de la soirée d’anniversaire. Assise à une table avec deux jeunes femmes dont elle avait oublié le nom aussitôt présentées, elle baissa la tête pour la centième fois de la soirée sur l’écran de son téléphone.

A quelques mètres d’elle, sa sœur était assise avec la sœur de Nick tandis que ce dernier se tenait un peu à l’écart, avec un autre groupe de gens. Depuis le début de la soirée, il ne la quittait pas des yeux et chaque fois qu’Anna levait la tête, elle sentait le regard brûlant de Nick posé sur elle. Merde…Il se dirigeait à présent vers elle.

– ça va ? Tu ne t’ennuies pas trop ?demanda-t-il en désignant d’un geste discret les deux jeunes femmes à côté d’elle.

-Euuu…non ça va, mentit-elle tandis que son rythme cardiaque s’accélérait.

– Viens, je vais te montrer la bibliothèque. Tu ne me reprocheras pas de ne pas tenir mes promesses, dit-il en souriant.

Nous y voilà.

Elle avait espéré et craint à la fois ce tête à tête. Elle se leva les jambes tremblantes et jeta un coup d’œil tout autour. Personne ne semblait se soucier d’eux mais malgré tout, elle sentit une vague d’appréhension la gagner. Ils passèrent à côté de sa sœur qui ne les vit pas, occupée à jouer les futures belles sœurs et entrèrent dans une pièce remplie d’étagères sur lesquelles était rangée une quantité impressionnante de livres.

-Et voilà… Pas mal n’est-ce pas ? demanda-t-il en pénétrant dans la pièce.

Elle marcha devant ces centaines de bouquins, les touchant du bout des doigts, en sortit quelques-uns qu’elle feuilleta doucement, intéressée.

-Waouh…incroyable! Stephen King, Franck Thilliez, Mary H. Clark… Tu crois qu’elle pourra m’en prêter quelques-uns ta sœur? demanda-t-elle en se tournant vers lui, les yeux brillants.

-J’en suis certain, affirma-t-il.

Il s’approcha doucement d’elle et Anna retint son souffle. Une petite voix lui souffla de prendre ses jambes à son cou et de s’enfuir loin de lui, mais son cerveau refusa de coopérer.

-Anna, je… hésita-t-il, maintenant face à elle.

Comme dans un rêve, elle le vit glisser ses doigts sous son menton et approcher doucement son visage du sien. Elle ne sut pas comment elle se retrouva dans ses bras, ni comment ils se retrouvèrent en train de s’embrasser comme si leur vie en dépendait. Ce n’est que lorsqu’ils entendirent une porte claquer au loin qu’ils sursautèrent et interrompirent leur baiser.

-On n’aurait pas dû faire ça, ce…ce n’est pas bien, bégaya Anna, reprenant ses esprits.

Elle tentant de s’éloigner de lui mais Nick la retint et posa son front sur le sien en soupirant.

– Il se passe un truc entre nous Anna…

– Tu sors avec ma sœur, Nick. Il ne faut pas… c’est impossible.

Elle se libera de son étreinte le cœur battant et se précipita vers la porte qu’elle ouvrit prudemment. Elle scruta les alentours avant de sortir dans le couloir. Dieu merci, il n’y avait personne. Elle arriva pile dans le salon au moment où le gâteau arrivait. Elle dut se faire violence pour chanter avec les autres joyeux anniversaire et quelques instants plus tard, elle fit signe à sa sœur qu’il était temps de partir.

***

S’il te plaît, il faut qu’on parle.

-Il n’y a rien à dire Nick.

-Sois raisonnable s’il te plaît…

Anna se prit la tête entre les mains et se massa doucement les tempes en proie à une  migraine. Ces textos duraient depuis une semaine maintenant. Dès le lendemain de la soirée d’anniversaire, elle avait reçu un coup de fil venant de Nick la suppliant de lui donner un rendez-vous. Nick, prétextant vouloir la mettre en contact avec sa sœur pour qu’elle lui prête ses livres, avait eu son numéro par Annie même.

-Allez, s’il te plaît…

Elle soupira et reprit le téléphone à contrecœur.

-Chez toi, à 18h. Il ne faut pas qu’on nous voie ensemble.

 -Ok. 

Depuis le fameux soir, elle s’était repassé la scène des centaines de fois dans sa tête. L’attirance qu’elle ressentait pour lui allait crescendo et elle ne savait plus comment faire. Annie de son côté ne se doutait encore de rien. Quelle sorte de sœur suis-je donc…Elle fit exprès de s’attarder au bureau en ayant bien sûr eu la confirmation que sa sœur rentrait directement à la maison, elle. Elle prit ensuite un taxi et se rendit directement chez Nick. Ce dernier habitait à Kibenga dans une grande maison et un super beau jardin. Aîné d’une famille de trois enfants, il avait pris très tôt son indépendance et gagnait maintenant bien sa vie. Le taxi la déposa devant le portail et elle appuya sur la sonnette qui ne tarda pas à s’ouvrir sur un Nick en jeans et débardeur. Elle retint son souffle quand il se pencha sur elle pour l’embrasser sur la joue et l’odeur de son after-shave lui chatouilla les narines. Merde…

-Je t’en prie, entre. Fais comme chez toi, l’invita-t-il en s’effaçant pour la laisser passer.

-Merci, murmura-t-elle.

-Tu as faim ? demanda-t-il tout en disparaissant à la cuisine sans attendre la réponse d’Anna.

Elle prit timidement place sur le divan. Ça lui faisait tout bizarre de voir l’endroit où il habitait. Elle imagina sa sœur assise sur ce divan avec lui, se promenant dans cette maison, la maison de son petit ami…SON petit ami. Cela eut pour effet de lui rappeler le pourquoi de sa présence dans cette maison justement. Il revint au bout de quelques instants avec une assiette d’amuse-gueules à la main et une bouteille de vin.

-Tu dois avoir faim, sers-toi dit-il en lui tendant l’assiette.

Il prit place à côté d’elle ; trop près à son goût.

-Nick…il faut qu’on parle, dit-elle en se tortillant sur le divan, mal à l’aise.

-Oui, je sais. Ecoute…commença-t-il.

-Non, toi écoute d’abord. Ce que nous avons fait, n’aurait jamais dû arriver. Ce…ce truc entre nous, on doit…nous devons…

-Anna… murmura-t-il en lui prenant les mains entre les siennes. C’est arrivé et on n’y peut rien. Il y’a un truc entre nous, ça on ne peut pas le nier. C’est indéniable.

-Mais tu sors avec Annie ! Je ne peux pas…faire ça à ma sœur. Il faut que ça s’arrête, dit-elle en cherchant à libérer ses poignets.

La proximité de Nick n’arrangeait rien à l’affaire. Il était là, si beau, si séduisant et si…interdit. C’en était trop pour elle.

-Anna…je comprends ce que tu ressens. Je me sens mal aussi vis-à-vis d’Annie mais… les sentiments ne se commandent pas, dit-il en se passant la main dans ses cheveux, désemparé.

Elle soupira et se prit le visage entre les mains.

-Je sais, mais on doit. On n’a pas le choix…murmura-t-elle, triste.

Il reprit ses mains entre les siennes et l’obligea à lui faire face. Ils se regardèrent pendant un court instant avant qu’il ne lève la main pour lui caresser tendrement la joue.

-Anna…murmura-t-il en approchant son visage du sien.

-Nick, non…

-Cessons de lutter. On y peut rien…dit-il tout contre ses lèvres.

Elle ferma les yeux et se laissa glisser sur le canapé, avec lui.

                                                                                                                                               A suivre

Licenciée en Science Politique et Relations Internationales, Elodie Muco est une mordue de lecture et elle se passionne également pour l’écriture.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.