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« The last Dance » de Miss Erica

En faisant nos adieux à Miss Erica au cimetière de Mpanda, ce samedi 25 novembre 2023, partie rejoindre le paradis des chanteurs et chanteuses, nous avons réalisé qu’un artiste ne meurt jamais : si son cœur cesse de battre, son âme continue cependant, à exister travers ses œuvres.

Il pleut sur Mpanda comme il pleut dans les cœurs de ceux qui sont venus aux obsèques d’Erica Irakoze, dite Miss Erica. Dès 11 heures, la pluie ne cesse de se déverser sur l’immense cimetière situé à quelques dizaines de la mairie de Bujumbura. 

Quelques tentes sont déjà installées. La famille, les amis proches, les personnalités du monde de la musique arrivent doucement. Dans un calme galactique, parapluies pour certains à la main, le moment est solennel. On reconnaît quelques stars du Buja Fleva. Les maçons qui construisent une sépulture à quelques dizaines de mètres de celle de Miss Erica, lèvent leurs voix au moment où une telle célébrité arrive.

La pluie, synonyme de bénédictions au Burundi, augmente la cadence. Le sol sablonneux de Mpanda résiste. Quelques mares se forment, mais cela n’empêche pas ceux qui arrivent pour écouter la dernière chanson de Miss Erica. Son dernier concert. Sa dernière danse (the last dance).

Miss Erica, la pionnière

Née en 1992, Erica commence la musique très tôt. Au début des années 2010, après avoir fini l’école secondaire, Miss Erica s’embarque dans l’aventure musicale. Peu de femmes à l’époque au Burundi choisissent la carrière derrière le micro (c’est encore le cas aujourd’hui). Elle excelle. Miss Erica (en solo ou en featuring) sort des chansons qui restent dans les mémoires ( Impamvu, Give me Love, Mon amour, In my heart,…). Sa capacité à s’adapter selon le chanteur (Sat-B, Masterland,..) avec qui elle collabore lui permet de devenir le must pour un featuring. Miss Erica avec sa voix mélodieuse, qui peut monter aussi haut que le Burj Khalifa, reste unique en son genre. Unique, parce qu’elle était aussi reconnaissable de loin.

Miss Erica devient en quelques années, une chanteuse très influente qui, sans doute, inspire d’autres femmes burundaises à se lancer. Ce 25 novembre 2023, à Mpanda, et ailleurs au pays, les larmes qui accompagnent sa disparition (survenue le 17 novembre 2023) sont le signe de sa grandeur et son importance, malgré son jeune âge. Son cercueil est couvert du drapeau national, car Miss Erica est un trésor national. Le monde de la musique perd une grande artiste. Mon Amour, le plus grand succès de Miss Erica est déjà un classique. 

L’héritage de Miss Erica 

Miss Erica comme tous ceux qui se sont donné corps et âme, sacrifiant tout pour la musique, au moment de nous quitter, qu’ils puissent être fiers. Les artistes ne meurent pas. Ce sont d’éternels dieux. Des créateurs.

La veille de ses obsèques, une soirée en son hommage lui a été consacrée. Ses chansons ont été fredonnées. Comme pour lui dire que même si elle part, elle lègue au pays, à ses ami.e.s, à ses fans, une part d’elle. Ce n’est pas Mpanda qui va lui enlever cela.

La dernière danse (The last Dance) de Miss Erica était de nous faire comprendre à quel point un artiste est important à la société. Miss Erica n’a pas attendu 30 ans pour poser son empreinte dans l’histoire du Burundi. Elle a commencé tôt, car les plus grands savent déjà ce qu’ils veulent être dans la vie.

Elle part jeune certes, mais qu’importe. Elle a illuminé notre vie. En visitant sa tombe à Mpanda, vous lirez « Ta grande joie était le bonheur de nous tous. Toujours ensemble, jamais seul ». Miss Erica, ne nous laisse pas seuls. Son amour pour la musique nous donnera envie d’avancer, de croire encore dans nos rêves, de créer, de s’aventurer là où notre cœur nous amène. 

Miss Erica Irakoze, urakoze ! Repose en paix chère artiste.

 

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