article comment count is: 0

La Somalie, est-elle la bienvenue dans l’EAC ?

La Communauté Est Africaine (EAC) continue de s’agrandir. L’Etat de Somalie est le nouveau venu. Ce pays fait face au terrorisme depuis plusieurs années et il s’aligne à d’autres pays membres dont la sécurité n’est pas garantie, notamment la RDC, surtout dans sa partie orientale. Il reste à savoir si l’EAC a les capacités d’assurer la stabilité régionale.

La Somalie est devenue le 8ème État membre de l’East African Community (EAC) depuis le 24 novembre 2023. Elle rejoint la Tanzanie, le Kenya, l’Ouganda, le Burundi, le Rwanda, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo (RDC). « Nous avons décidé d’admettre la République fédérale de Somalie et le traité d’adhésion sera conclu avec le président du Sommet que nous avons désigné », a déclaré Evariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi et président sortant de l’EAC lors du 23ème sommet ordinaire des chefs d’Etat de l’EAC, tenu vendredi le 24 novembre 2023 en Tanzanie (Arusha).

« L’adhésion de la Somalie à l’EAC se traduira par une collaboration plus approfondie sur les questions de sécurité, notamment la lutte contre le terrorisme, le partage de renseignements, la lutte contre la criminalité organisée. Ce qui favorisera une paix et une stabilité croissantes dans la région », estime Dr Abdusalam Omer, envoyé spécial de la Somalie à l’EAC. Dr Peter Mathuki, secrétaire général de l’EAC, va un peu plus loin. Il souhaite que l’Afrique de l’Est soit une région sans frontières où la population se déplace librement d’un pays à l’autre tout en supprimant toutes les barrières commerciales en vue de promouvoir les affaires.

La Somalie représente un marché important dans la mesure où elle a une population d’environ 18 millions d’habitants sur une superficie de 4,8 millions km2. L’intégration de la Somalie à l’EAC représente également une opportunité économique en or. Cette nation dispose d’un littoral d’environ 3 000 km sur l’océan Indien qui relie l’Afrique à la péninsule arabique. Autrement dit, elle est une charnière entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Est. Grâce à cela, les pays membres de l’EAC pourront exploiter le commerce interrégional. A ne pas ignorer que la Somalie dispose du pétrole, du gaz, etc. Tous ces potentiels peuvent être bénéfiques pour les autres Etats membres.

Malgré les avantages, l’adhésion de la Somalie à l’EAC suscite des inquiétudes

La Somalie est l’un des pays les plus instables de l’Afrique. Le groupe terroriste Al-Shabaab perpètre régulièrement des attentats et, en conséquence, des milliers de personnes y laissent la vie sans oublier des pertes matérielles. Certains pays membres de l’EAC comme le Burundi, le Kenya et l’Ouganda prêtent main-forte à la Somalie en déployant des forces armées dans le cadre de l’Union Africaine pour lutter contre les rebelles islamistes. Malgré tout, la Somalie s’ajoute à d’autres Etats membres de l’EAC qui sont également instables en matière de sécurité : le Soudan du Sud et la RDC. Cette dernière accuse paradoxalement un autre pays de l’EAC (le Rwanda) d’être responsable de l’insécurité à l’Est de la RDC. Pour remédier à cela, les forces militaires issues de l’EAC ont été déployées dans cette zone, mais la situation sécuritaire est toujours précaire surtout dans les provinces du Sud Kivu et du Nord Kivu. 

La question que beaucoup de personnes se posent : l’EAC, a-t-elle les capacités d’assurer la stabilité régionale ? Ce qui est sûr, les problèmes internes de la Somalie ne vont pas prendre fin grâce à son intégration à l’EAC. Par ailleurs, la RDC en est l’exemple typique. Il revient à l’EAC de faire de son mieux pour que les conflits internes des Etats membres ne soient pas généralisés dans la communauté, surtout le terrorisme.

La démocratie, l’état de droit, la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme et la justice sociale sont les critères basiques d’admission d’un nouveau pays membre de l’EAC. Il est difficile de croire que la Somalie répond à ces critères compte tenu de l’instabilité politique et sécuritaire. Le critère qu’elle remplit évidemment, c’est le fait de partager une frontière avec au moins un État membre (Kenya).

Après l’intégration de la Somalie à l’EAC, l’Éthiopie pourra rejoindre cette communauté dans l’avenir, car elle aussi a déjà manifesté un intérêt d’admission.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion