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Indice de liberté économique : l’intrigant recul du Burundi

Le classement des pays via l’indice de liberté économique pour l’année 2024 vient d’être publié. Que représente cet indice pour le Burundi ? Quid de sa place par rapport aux autres années ? Décryptage.

L’émergence comme le Burundi le visionne en 2040, Jésus l’aurait placée dans les béatitudes des pays où les hommes sont nés avec une vision et une volonté ferme de se battre pour ce qu’ils veulent vraiment. En effet, les pays émergents sont caractérisés par de bonnes performances macroéconomiques, une stabilité politique et institutionnelle, un climat des affaires favorable aux investissements et un fort développement de leur secteur secondaire/industriel. Et pour mesurer ces paramètres, l’indice de liberté économique est le mieux placé aujourd’hui, après que le rapport Doing business a été abandonné en 2021.

Ce dernier pour cette année 2024 vient d’être publié. Le Burundi est positionné à la 171ème place sur les 190 pays évalués, avec un score de 38,4 sur 100. Cette classification, qui affiche sa proximité avec le bas de l’échelle, représente une descente graduelle pour le Burundi. Le Burundi, qui occupait la 157ème place en 2018 avec un score de 50,9 %, a perdu quatorze places et se situe désormais au 171ème rang mondial avec un score de 38,4 %. Par rapport à l’année dernière où il était à la 170ème place avec 41,9 %, il a perdu 3,5 points, car il a aujourd’hui un score de 38,4 à la 171ème place.

Par rapport aux pays de l’EAC, le Burundi est le mauvais élève de la région. La Tanzanie vient en tête à la 86ème place, suivie du Kenya à la 120ème place, du Rwanda à la 135ème place, l’Ouganda à la 140ème place et la RDC à la 160ème place. Le Burundi avec sa 171ème place est avant dernier, suivi par le Sud Soudan qui est à la 173ème place.

Un recul intrigant

Ces chiffres sont intrigants. En 2021 (nous étions à la 161ème place avec un score de 49,9 %) par rapport à 2020 (166ème place avec un score de 49,0 %), le Burundi avait réussi à gagner cinq places dans le classement, et un gain de 0,9 point sur le score. Qui plus est, cette avancée de 2021 était observée sur deux années successives, car le Burundi avait obtenu 48,9 % en 2019. 

En ce 2021, il était le seul pays de l’EAC qui avait gagné des places par rapport aux autres pays de l’EAC qui avaient chuté. L’Ouganda avait chuté de 0,9 point, le Rwanda de 2,6 points, la RDC de 0,5 point, la Tanzanie de 0,4 point, le Kenya de 0,4 point et le Sud Soudan de 5,9 points.

Que comprendre ?

Pour mieux saisir ces données, il faut savoir ce qu’est l’indice de liberté économique, et ce qu’il représente pour le Burundi. Ce dernier mesure les diverses contraintes qui pèsent sur l’activité économique d’un pays via douze sous-indices, comme par exemple, le droit de propriété, la solidité des contrats privés, l’indépendance de la justice, la stabilité monétaire, la taille et l’intégrité du gouvernement, les diverses formes de corruption, la pression fiscale, le poids de la dette publique, la productivité du travail ou encore l’ouverture des frontières au commerce international.

Par rapport à 2023, le Burundi aurait sans doute été mieux placé si le score dans certains autres domaines n’avait pas baissé. Il s’agit entre autres de celui des dépenses du gouvernement qui sont énormes (il a perdu 8 points), ce qui concerne la liberté de faire des affaires (2,3 points en moins), la liberté commerciale (3,2 points en moins), la liberté monétaire à cause de l’inflation (7,5 points en moins), la liberté financière (10 points en moins), l’efficacité judiciaire (5,4 points en moins) et la santé fiscale (27,9 points en moins). 

Par ailleurs, le score est resté stable dans d’autres critères, notamment dans la liberté d’investissement (50,0 %), le fardeau fiscal (76,0 %). Pour autant, même si ce score a régressé, le Burundi garde quand même une honorable place à ce qui est de l’intégrité du gouvernement (gain de 4,4 points), le droit de propriété (gain de 8,4 points) et la liberté du travail (gain de 0,1 point).

Qu’est-ce qui manque au Burundi pour atteindre la liberté économique, et par ricochet, l’émergence en 2040 ? Un autre article y reviendra. Car, aussi longtemps que le gouvernement ne tiendra pas compte de la liberté économique, la vision 2040-2060 restera une illusion au Burundi.

 

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