article comment count is: 0

Gihanga-Bujumbura : le parcours du combattant au quotidien

Réveil toujours réglé à cinq heures du matin. Une nouvelle journée s’annonce. Je me demande si aujourd’hui, je ne vais pas galérer pour trouver un vélo qui va m’emmener « kuri 13 » où je prendrai le bus vers le centre-ville.

Gihanga. SRDI, plus précisément. Ce charmant quartier se trouve à une vingtaine de kilomètres de la ville de Bujumbura. Je suis prête à 6h30, pour me donner une marge de manœuvre. Les cours commencent à 8h, je n’ai pour ainsi dire pas une minute à perdre. Avant de quitter la maison, je consulte mon carnet d’adresses et recherche les noms de « taxis-vélos » que je connais, en priant pour que j’en trouve un qui veuille bien venir me chercher au pas de la porte. La grosse déveine, aucun n’est disponible. Je suis partie pour une marche matinale.

Après près d’un kilomètre de parcouru et quelques gouttes de sueur en supplément, un « matabaro » apparaît et je l’arrête. C’est parti pour un autre kilomètre de route cahoteuse et près de quatre autres sur une route macadamisée, heureusement. Pour cette course d’une vingtaine de minutes, ponctuée de ces secousses qui vous font regretter de vous être levé le matin, je débourse 1500 Fbu.

A mon arrivée kuri 13, deux ou trois bus attendent de remplir chacun leur quota de passagers, et les convoyeurs scandent toutes les trois secondes : « Ville hano ! ». Je me dirige vers le bus qui est presque plein. Après quarante minutes et des poussières et une demi-douzaine d’arrêts, terminus. On est arrivé au centre-ville ! Mon porte-monnaie crache cette fois-ci 1100 Fbu.

Le trajet retour me coûtera la même chose, sauf si je veux m’offrir le confort du siège d’une moto pour 2000 Fbu, parfois 3000 Fbu, au gré de l’heure et de la disponibilité du carburant.

En moyenne, je dépense près de 6000 Fbu par jour, cinq jours sur sept. Par mois, je dépense autour de 180.000 Fbu, sachant que ce chiffre peut augmenter selon les jours de fête ou les horaires de cours capricieux qui m’obligent parfois à me rendre en ville le samedi.

C’est un joli petit pactole, le revenu mensuel de certains ménages. Ce n’est pas pour décourager qui que ce soit, mais avant de venir vous installer à Gihanga, si vous n’avez pas déjà une voiture, pensez sérieusement à votre budget de transport. Un homme avertit en vaut…

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion