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Gasekebuye : la toiture qui a tout pour plaire…, sauf le prix

À partir de la fin des années 2000, la forme de toiture des maisons communément appelée Gasekebuye a séduit de nombreux Burundais par son élégance et sa robustesse. Mais, face à la hausse des coûts de construction, elle perd peu à peu de sa popularité au profit de modèles plus esthétiques et économiques.

Depuis 2006, le secteur de la construction au Burundi a vu émerger un nouveau style de charpente qui a marqué un tournant architectural. Face aux charpentes de l’époque en toiture à deux pans (Mugongo wa Tembo) ou à quatre pans, cette nouvelle architecture a rapidement été perçue comme une innovation majeure. Son nom : Gasekebuye.

Du nom d’un quartier en plein essor de la capitale économique, Gasekebuye est rapidement devenu le surnom emblématique de ce nouveau plan de toiture, un style qui s’est propagé comme une traînée de poudre à travers le pays. Mais une question demeure : d’où est venu le plan Gasekebuye ?

Une nouveauté venue d’ailleurs

L’année 2006, on l’a rappelé, a marqué un tournant dans le secteur de la construction au Burundi, avec l’adoption massive d’un style de toiture inédit.

Caractérisée par ses multiples versants et sa hauteur imposante, cette toiture s’est rapidement imposée sur le marché du BTP, dominant la majorité des nouvelles constructions jusqu’à aujourd’hui.

Bien qu’il soit difficile d’identifier le premier concepteur burundais de ce modèle, le nom Gasekebuye vient du fait que cette charpente a fait son apparition au Burundi dans le quartier du même nom, situé dans l’ancienne commune de Muha.

Ce type de toiture, plus couramment observé en Europe et en Amérique du Nord, se distingue par sa pente prononcée. Cette particularité lui permet de prévenir l’accumulation de neige tout en offrant une excellente étanchéité face aux infiltrations d’eau de pluie et aux vents violents.

Au Burundi, cette toiture a rapidement gagné en popularité, séduisant par son esthétisme et sa grande étanchéité. Cependant, nombreux sont ceux qui se sont contentés de copier le modèle sans réellement questionner son adéquation ou son impact. Car, derrière son succès, se cache un coût économique non négligeable, souvent ignoré.

Gasekebuye : une toiture aussi élégante que coûteuse

Selon Alexis Nahayo, ingénieur en construction, le coût de construction d’une maison dépend de nombreux facteurs, notamment les matériaux utilisés pour la toiture. « Plus la charpente est haute, plus la surface à couvrir s’élargit, ce qui augmente la quantité de matériaux nécessaires : madriers, tôles, clous, etc. En conséquence, le coût total de la construction grimpe proportionnellement », explique-t-il.

Prenons l’exemple de deux personnes souhaitant construire chacune une maison rectangulaire de 16 mètres de long sur 12 mètres de large.

L’une opte pour une charpente simple à deux versants, avec une hauteur de 1,20 mètre. Pour couvrir sa maison, ce propriétaire devra prévoir environ 125 tôles et 15 kg de clous.

L’autre propriétaire, lui, opte pour la charpente dite Gasekebuye, d’une hauteur de 3,50 mètres. Ce modèle va nécessiter environ le double de matériaux : 250 tôles et 30 kg de clous. En considérant un prix variant entre 90 000 et 100 000 BIF par tôle BG28 non teintée et 15 000 BIF par kg de clous, le coût supplémentaire pour la charpente Gasekebuye dépasse les 12 millions de BIF, sans compter le bois ou le métal utilisés pour la charpente.

Un recul progressif

Il n’y a pas si longtemps, une ancienne forme de toiture a fait son grand retour sur la scène de la construction au Burundi : la toiture cachée. Discrète mais stratégique, elle s’est progressivement imposée comme une alternative sérieuse à l’imposante et coûteuse toiture Gasekebuye, qui avait dominé le marché du BTP ces dernières années.

« Autrefois, plusieurs clients n’avaient qu’un seul modèle de toiture en tête : Gasekebuye. Toute proposition différente était aussitôt écartée, considérée comme dépassée ou trop classique », explique Ir Thierry. Mais, aujourd’hui, face à la flambée des prix, nombreux sont ceux qui privilégient des solutions à la fois économiques, élégantes et modernes.

En conséquence, la célèbre toiture Gasekebuye perd peu à peu de sa popularité, laissant place à la simplicité et au charme de la toiture cachée, qui séduit de plus en plus les constructeurs burundais. Une évolution qui traduit un changement de priorités : construire intelligemment, sans sacrifier l’esthétique.

 

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