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Augmentation du budget de l’éducation : les raisons de le faire

Quel est le lien entre une maman qui fait la manche au centre-ville et le budget de l’éducation ? Il n’est pas apparent, mais il existe. Chaque enfant devrait être à l’école, plaide l’UNICEF. Une raison suffisante pour pousser Mme France Bégin, représentante de cette organisation au Burundi, à plaider pour l’augmentation du budget alloué au secteur de l’éducation, c’était lors de l’ouverture de l’année scolaire 2023/2024. Faisons le point pour comprendre l’urgence du sujet. 

Elle s’appelle Monique*. Nous l’avons rencontrée sur l’avenue Moso, tout près de l’ambassade de la fédération de Russie. Elle a un morceau de tissu qui couvre sa tête et une partie du visage. Elle est assise à même le sol au bord de la route pavée. A côté d’elle deux enfants en bas âge : D.D, 3 ans et un mois est un petit garçon et M. une petite fille de 2 ans. Au petit matin, elle a quitté Rweza, un coin des montagnes surplombant Bujumbura, pas loin de l’ITS communément appelé  ‘’ Kw’i Collège’’. Elle est arrivée là où on l’a rencontrée aux environs de 7h du matin. Il était 13h15 quand nous avons discuté avec elle. Un soleil ardent brillait de tous ses feux, au grand dam des enfants de  Monique qui transpiraient. 

« Je n’ai personne pour garder mes enfants. Des fois, ils ont des montées de température, et je leur donne un comprimé que j’achète 300Fbu à Rweza. Je les amène avec moi à la rue parce que je ne sais comment faire autrement. Ils devraient jouer avec d’autres enfants, celui qui a 3 ans devrait commencer à fréquenter l’école déjà », dit, gênée, la maman, avant d’ajouter, sans qu’on lui ait demandé : « Tout ça, c’est parce que je n’ai pas un petit capital, sinon je ferais un petit commerce comme les autres. Je vendais des légumes. Mais j’ai fait faillite, c’est comme ça que je me suis résolu à faire la manche ».

Les jours fastes, Monique peut rentrer avec 3 000 Fbu avec lesquels elle achète de la nourriture pour ses enfants. Parfois, c’est seulement 1 500 Fbu et là, elle doit se priver pour pouvoir acheter doit quoi grignoter aux enfants. 

Une identité personnelle en défaut

Faire la manche n’est pas une option, mais une nécessité pour ne pas mourir de faim. Ceux qui le font ne sont pas à blâmer, mais à aider. Quand il y a des enfants dans la balance, ça devient encore plus compliqué. 

Une chose importante manque à l’enfant qui grandit dans la rue avec son parent : le repère parental. Il lui manquera également l’éducation et l’identité personnelle. Dans son développement intellectuel et affectif, les principes d’humanité lui feront défaut. « Cet enfant, qui est à la rue, est confronté à la méchanceté de certaines personnes qu’il côtoie. Dans son for intérieur, puisqu’il n’a presque pas de famille, il adopte la rue à la place de sa famille, et c’est de cette nouvelle famille dont il hérite le comportement. », explique le psychologue Alain Joseph Hatungimana. 

Un vide affectif qui conduit à la délinquance 

Son cerveau, son cœur, son comportement et ses pensées sont de la rue et non de l’école ou de la famille. Le vol, la drogue, la violence, etc., voilà ce que sera l’univers de cet enfant que la rue étreint à travers sa mère. Plus tard, ces enfants se mettent en tête qu’ils ne sont pas dignes de vivre en famille. Ce sont ces enfants-mendiants qui n’acceptent pas de vivre dans un foyer, même quand tu le leur proposes. Ils grandissent avec ce sentiment que la famille les a lâchés, que leurs mères les ont lâchés. Ils grandissent avec un vide affectif au niveau psychique qui peut les conduire à la délinquance. Que ce soit au niveau de la croissance ou au niveau comportemental, tout est perturbé parce que l’enfant accumule tout ce que sa maman vit avec la mendicité. L’interdit chez lui n’existera pas, car il n’a pas eu les bases d’une éducation normale.

 

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