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L’hypocrisie des Burundais : un mal collectif

Si la diversité de vues est une richesse, l’hypocrisie est source de beaucoup de conflits. Cela est flagrant aujourd’hui quand les affirmations unificatrices politiques ou religieuses ne sont pas relayées par des pratiques conséquentes. Il y a beaucoup trop d’hypocrisies dans notre société, constate notre blogueur.  

La sagesse Rundi dit : Uwukebura uwumva ntamara ibinompo (un simple clin d’œil suffit pour corriger une personne de bon sens Ndlr). Je me permettrai ici, dans ce sens, de faire un clin d’œil à la société burundaise. 

Il y a beaucoup de gens qui prêchent la parole de Dieu au Burundi. Et si leur ramage se rapportait à leur plumage, il n’y aurait que la paix et le bien sur la terre burundaise. C’est vrai que lors de sorties filmées et radio télédiffusées, nous voyons des gens, des politiciens en particulier, visiter des orphelins, des veuves et des vieux dans leurs afflictions.  Mais, ironie du sort, beaucoup de ces orphelins et veuves sont la cause de l’intolérance et de la haine manifestées justement par tous ces sépulcres blanchis dont parle la Bible. 

Beaucoup d’adages modernes montrent des intolérances dans la société actuelle burundaise, et cela dans tous les domaines et secteurs : Agashitsi ka kera (nti)ka(ki)vumbika umuriro ; Amase ya kera nta(gi)homa urutaro. Ici, c’est ouvertement de l’intolérance des jeunes envers les vieux qu’il faut écarter de la vie sociale active. Nta ntambwe n’imwe abakeba bazodutambukana. Traduction libre : ceux qui ne sont pas de notre parti doivent être écartés. 

Dans le domaine religieux, ceux qui ne vont pas à la même église que nous sont considérés comme des bakeba, des faux-frères si pas des ennemis. Et tout le monde doit pratiquer une religion, il ne doit pas y avoir de gens qui ne croient pas en Dieu ! Pourtant la Constitution affirme la laïcité de l’Etat et garantit la liberté de non pratique religieuse.   

Quand on a dans son cœur un zèle amer et un esprit de dispute, il n’y a jamais à se glorifier car c’est contre la vérité qu’on agit, et on ne peut que produire du mal. Pour certains, c’est de la bassesse car incapables de s’élever au-dessus des divisions terrestres (gain, puissance, jalousie, vengeances, tribalisme, etc.). Pour d’autres, leur esprit animal est toujours resté prédominant : la tendance à faire du mal gratuit, instinctivement, comme l’enfant tuant un insecte inoffensif. Enfin, par passion et convoitise de richesses matérielles ou de biens humains (les belles femmes d’autrui), poussant jusqu’aux meurtres. Et c’est courant.

En fin de compte, la ferveur hypocrite et intolérante au Burundi se traduirait par cette affirmation erronée, mais souvent évoquée : Qui n’est pas avec moi est contre moi. Donc à abattre. Mais ce ne devrait pas être cela dans un monde de fervents et bons croyants allant tous les dimanches à la messe, récitant le Notre Père à tous et recevant la Sainte Eucharistie, et implorant la bénédiction divine.

L’hypocrisie serait-elle bénie et récompensée par le Bon Dieu ?

 

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