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Burundi : retour sur la saga des millions de dollars de la BCB saisis à Nairobi

L’affaire est digne d’un scénario d’un film hollywoodien. Un Kenyan en provenance du Burundi a été intercepté en possession de 2 millions USD. Depuis, une succession de faits intriguant a suscité la curiosité de l’opinion publique. Pourquoi la BCB a versé autant d’argent à un individu ? Plus de questions et pas encore assez de réponses. Essayons d’y voir clair.

Tout est parti de l’interception d’un Kenyan, Andrew Kipmboi, en possession d’une valise pleine de dollars américains (USD). Des incohérences dans la déclaration de l’homme en provenance du Burundi ont vite attiré l’attention des agents de Kenya Revenue Authority (KRA). Ces derniers ont immédiatement entamé une enquête pour en savoir plus sur cette forte somme d’argent. Pour ceux qui ne s’en rendraient pas compte, 2 millions USD équivalent à 5 milliards de Fbu, si on part du fait que 1e dollar américain équivaut à 2 500 Fbu.

Dans la foulée, la BCB a jeté le pavé dans la marre en annonçant que l’argent provenait de ses caisses. Ici déjà une question se pose : la banque a-t-elle le droit de remettre une telle somme en liquide à un individu, qu’il soit envoyé par une entreprise ou pas ? Dans le cas de l’espèce oui, car l’individu qui a récupéré l’argent était un agent de la Brink’s Global Services, une société kenyane (branche de Brink’s Global Services UK) spécialisée dans le transport des fonds.  

Et le système SWIFT dans tout ça ? 

Normalement, dans les transactions interbancaires, il existe un système sécurisé de transfert des fonds mondialement utilisé qui s’appelle SWIFT. Ce système permet aux banques de correctement diriger les transferts d’argent. Il fonctionne avec un code SWIFT qui permet d’acheminer les fonds à la bonne banque, à la bonne agence et au bon compte. La BCB utilise sûrement cet outil internationalement connu. Le destinataire des fonds serait Brink’s Global Services Kenya qui se trouve être l’employeur d’Andrew Kipmboi. Ici, il faut établir une nuance. Transférer les fonds n’est pas synonyme de transport des fonds. C’est devenu simple de transférer l’argent avec les nouvelles technologies de l’information. Mais à côté du transfert, il ya le transport des fonds en espèces, parce qu’avec les transactions qu’elles effectuent, les banques doivent bien être « ravitaillées » en liquidités, du moment qu’elles ne fabriquent pas elles-mêmes l’argent qu’elles transfèrent. A cause des risques que le transport des espèces implique, il est assuré par des sociétés spécialisées. D’où il faut comprendre que Brink’s Global Services ait dépêché à Bujumbura son agent pour convoyer l’argent.   

Selon Faustin Ndikumana, président du PARCEM et ancien agent de banque, le tort est peut-être que l’agent de la société kenyane n’ait pas senti la nécessité de signaler que l’argent qu’il voulait acheminer à Global Services UK provenait du Burundi. Pourquoi a-t-il agi ainsi ? C’est de là peut-être que sont venues les suspicions qui ont poussé les gens à se demander s’il n’y avait pas anguille sous roche. M. Ndikumana, à l’autre bout du fil, n’exclut pas la possibilité que l’agent ait pu agir de son propre chef, car Brink’s Global Services Kenya n’avait aucun intérêt à cacher l’origine de cet argent.

En attendant, la justice kenyane met la main sur le magot

Après quelques jours d’enquête, la justice kenyane s’est saisie du cas et a ordonné la saisie de l’argent en attendant d’élucider cette affaire. Parallèlement, Brink’s Global Services Kenya et son employé sont assignés en justice. Kipmboi a déclaré que c’était la cinquième fois qu’il venait au Burundi récupérer de l’argent pour le compte de son employeur. Faustin Ndikumana signale à cet effet que l’astuce est de cacher une opération frauduleuse dans une suite d’opérations parfaitement légales, même s’il n’affirme pas que ce soit le cas dans cette affaire. Les quatre fois précédentes, l’agent en question a-t-il déclaré la vraie provenance de l’argent ‘’récupéré’’? Les enquêtes nous le diront. Dans tous les cas, la justice kenyane soupçonne déjà un vaste système de blanchiment d’argent derrière cette affaire qui sera entendue  le 31 mai courant.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. pourquoi pas au burundi ;on enquête pas sur cette affaire ,la Justice burundaise ainsi que les médias devraient nous dire beaucoup de chose qui derrière tout ça